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Rwandaise mariée a un Camerounais, elle se plaint de maltraitance

Odette Nwamikazi affirme être victime de violences au sein de sa belle-famille qui ne voudrait plus d’elle. Mais d’après son beau-père, un proche collaborateur du procureur près la Cour suprême du Cameroun, ce sont là «des accusations d’une névrosée qui souhaite au demeurant créer un incident».
Ses larmes émeuvent. De même que l’histoire qui suscite ces larmes. Odette Nwamikazi affirme être victime de maltraitance dans sa belle-famille qui ne veut plus d’elle après l’avoir amenée à quitter son pays pour accompagner son conjoint dans le sien. « Je suis Rwandaise, mariée à un Camerounais le 27 octobre 2007 au Rwanda à la mairie de Nyarugende (Kigali ville) ». Sa «souffrance» commence quasiment à son arrivée au Cameroun le 7 septembre 2013. «La violence a commencé en octobre jusqu’aujourd’hui, je souffre. On me bat; on m’a chassée. On dit qu’on ne veut plus de moi parce que je suis Rwandaise. Que je rentre chez nous», sanglote Odette tout en extirpant de son sac, une photo d’elle, le visage tuméfié. La conséquence d’une bastonnade de son époux. Et aussi, un carnet de santé où on peut lire qu’elle a été reçue au Centre de santé de la Croix rouge Henri Dunant le 30 janvier 2014 «pour œdème et rougeur de l’œil droit causé par la bastonnade de son mari il y a quelques heures».Depuis cette fameuse raclée, pendant laquelle «il m’a cogné la tête contre le mur plusieurs fois, j’ai mal à la tête», se plaint Odette selon qui «Toute la famille est contre moi». Ce qui explique que personne ne prenne soin d’elle. «J’ai proposé qu’on fasse une assise familiale. On a refusé. Mon beau-père n’a jamais le temps. Toujours il me dit attend quand je demande à lui parler. J’ai dû fuir la maison parce qu’on peut me tuer». Elle soutient également avoir demandé de l’argent à son beau-père pour traiter ses céphalées: «il m’a dit tu es venue quémander de l’argent. Je lui ai dit non. Amène-moi à l’hôpital même si c’est à un docteur que tu donnes de l’argent. Pourvu qu’on me soigne. Il a dit qu’il n’a pas de l’argent». La jeune femme qui affirme ne pouvoir vivre dans la même maison que l’ex avec qui son mari a eu un enfant, estime avoir été dupée. « Mon mari a fait 10 ans au Rwanda, il ne m’a jamais dit que cette fille vivait chez eux dans ma belle-famille».

Névrosée…

Selon ses dires dès son arrivée à Douala «on n’a pas payé mon visa. C’est ma belle-mère qui est venue nous prendre au Rwanda. Et on avait dit qu’on paierait mon visa après. Ce qui fait qu’on a bloqué mon passeport et ceux de mes deux enfants à l’aéroport de Douala ». Dès le lendemain, «on a changé la nationalité des enfants. On voulait même changer le nom de ma première fille qui a le nom de mon père». Dans sa belle-famille, l’on pense qu’Odette est une «névrosée» D’après le dictionnaire en ligne Wikipédia, le terme névrose, en psychiatrie et en psychopathologie psychanalytique, désigne des troubles psychiques sans lésion organique démontrable. Le sujet reste conscient de sa souffrance psychique et vit dans la réalité. Dans ce cas, précise sante-medecine.net, la personne est tout à fait consciente de son trouble, ce qui le différencie de la psychose, qui ne pense pas être malade et où les altérations du comportement sont majeures.

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«Qu’elle dise la vérité. Je ne peux pas lui remettre ses effets qu’elle réclame. Ça voudrait dire que je l’ai chassée. Or personne ne l’a chassée», fulmine son beau-père qui tient en tant que chef de famille à parler au nom de celle-ci. «J’ai le sentiment que Mamie – c’est comme cela que nous l’appelons ici- veut créer un incident. Ma bru a ce qu’elle veut. Je m’occupe d’elle comme de mes filles […] si elle ne s’entend pas avec les gens. C’est à cause de son comportement. Quelle famille pourrait supporter une femme qui découche», interroge-t-il. Avant de préciser qu’il n’a pas cautionné l’attitude violente de son fils vis-vis de son épouse même si cela relève de « scènes de ménage », raison pour laquelle, «j’ai demandé à l’inspecteur qui l’entendait au commissariat d’interpeller mon fils et de l’enfermer pour qu’il comprenne. Mais c’est elle qui a refusé. Affirmant que si elle laisse faire, il va la tuer». Mais soutient avoir dans un premier temps donné 15 000 Fcfa pour les premiers soins puis 25 000 Fcfa pour la suite du traitement. « J’ai plusieurs fois donné de l’argent pour son mal de tête qu’elle traîne avant l’incident. Mais dès qu’on lui en remet, elle ne suit pas les soins appropriés… ».

Pour montrer sa bonne foi, il affirme avoir remis 5 000Fcfa à sa bru pour se coiffer presque au lendemain de l’ «incident». Celle-ci serait partie de la maison le jour même «je ne l’ai revue que dimanche le 9 février. Soit une semaine après. C’est mon fils qui m’apprend qu’elle n’est plus à la maison. Elle veut qu’on lui remette ses effets. Elle me dit papa, tu es la seule personne qui m’aime ici. Je ne peux plus vivre ici…». Au sujet du passeport retenu à Douala, le beau-père reconnaît que cela est vrai. Et l’explique par le fait que la famille a été prise au dépourvu. Ayant prévu la somme de 50 000Fcfa pour Odette, elle s’est retrouvée confrontée au fait qu’il fallait trois fois plus d’argent pour ceux des enfants. Ne comprenant pas qu’il faille payer pour des enfants dont le père est camerounais, a voulu y voir clair. A Odette qui veut reprendre ses enfants, il rétorque: «la porte lui est ouverte. C’est chez elle ici» en attendant que «mon fils qui prépare une thèse doctorale qu’il n’a pas pu soutenir au Rwanda finisse. Après ils pourront aller vivre ailleurs. Même si pour cela je doive louer»

Nadège Christelle BOWA

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