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Roméo DIKA: Le Premier Ministre Philémon YANG veut me tuer pour mon ex-épouse

Roméo-Dika-Cameroun

Dans une lettre adressée en novembre 2013 au président de la République, le talentueux artiste-auteur compositeur, Roméo Dika, invoquait une «blessure» qui aurait pu l’amener à demander l’asile «auprès d’une mission diplomatique étrangère»

Louis Roméo Ndoumbé Dika : «Que Philemon Yang explique pourquoi il me persécute »

Dans une lettre adressée en novembre 2013 au président de la République, le talentueux artiste-auteur compositeur, Roméo Dika, invoquait une «blessure» qui aurait pu l’amener à demander l’asile «auprès d’une mission diplomatique étrangère». Philemon Yang, toujours à la tête du gouvernement, était alors accusé de «détruire [sa] vie» à travers son ex-épouse, Chantal Ayissi. Moins de deux ans plus loin, l’acrimonie du Premier ministre ne semble pas avoir baissé, au contraire ! L’auteur des déclarations ci-contre n’attribue pas seulement ses propres malheurs à M. Yang. La guerre passionnelle embrase aujourd’hui tout le milieu de la culture en général, et du droit d’auteur en particulier, avec des tentatives d’instrumentalisation et des incitations au soulèvement, venant de celui qui est censé garantir le respect de l’éthique et la paix sociale : le Premier ministre en personne. Membre agissant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc, au pouvoir), Roméo Dika affirme avoir fait le deuil de son blues sentimental avec Chantal Ayissi -elle aussi artiste au talent avéré- mais se dit toujours persécuté par un homme dont il s’interroge quant aux visées réelles par rapport à la même femme. Des mauvaises langues soutiennent même que c’est M. Yang Philemon qui serait à l’origine du crash entre les deux stars. Le concubinage entre Chantal et Philemon datant du temps où ce dernier officiait à la présidence, en qualité de secrétaire général adjoint n°1.

La combine embrase alors jusqu’au ministère des Arts et de la Culture, auquel l’auteur de «le mari de ma femme» n’a jamais mégoté son soutien. M. Dika donc prend l’opinion publique à témoin, et continue de s’inquiéter sur sa propre sécurité. L’échange qui suit, nous l’espérons, pourra permettre d’apaiser les passions et de ramener notre Pm national à de meilleurs sentiments. Pour le bien de la République dont il est l’un des maillons. Surtout que M. Dika n’a plus rien à voir avec ce que M. Yang, lui, semble adorer.

Dieudonné Mveng

Vous venez de procéder à la distribution 250 guitares à des artistes camerounais. C’est le 3è acte du genre. Que recherchez-vous ?

Ce sujet qui semble déchaîner des passions. D’une part, vous avez une grande majorité d’artistes en joie et, de l’autre, une minorité de personnes égoïstes qui font montre de mauvaise foi. Je ne peux avoir la prétention de dire que j’offre des guitares aujourd’hui à travers le partenariat Fédération internationale de musique, le Syndicat camerounais de musiciens et le ministère de la Culture. Les artistes se retrouvent pour partager des valeurs d’amour, de paix, de générosité et de concorde à travers les cérémonies que nous organisons.

À ce jour, 675 guitares ont été mises à la disposition des musiciens. Sans instrument de travail, qui peut trouver du travail ? En leur offrant ces outils de travail, il faut retenir que dans le domaine de la culture, les deux adeptes de l’idéal qu’incarne le président Paul Biya, la ministre Ama Tutu Muna et moi, matérialisons l’engagement du chef de l’État dans le domaine de la culture. Cela peut ne pas plaire, mais rien ne nous arrêtera.

Je déplore et constate simplement que ceux en qui le chef de l’État place sa confiance, pour l’aider dans les missions qui lui ont été confiées par les Camerounais, sont les premiers à mettre les bâtons dans les roues de ceux qui veulent travailler pour le Cameroun. Comme beaucoup posent des actes nocturnes animés par le souci de succéder au plus vite à Paul Biya, ils s’irritent chaque fois qu’ils constatent que vous faites le contraire.

Pour nous résumer, nous ne recherchons rien de nocif pour les artistes. La providence seule est maître des destins. Sur cette terre, dans notre pays précisément, le président de la République est l’unique comptable de nos actions positives, qui mettent en œuvre son engagement pour la promotion des arts et des artistes tel que contenu dans sa profession de foi.


Pensez-vous que ces guitares changeront quelque chose dans le quotidien des artistes-musiciens ?

Nous espérons qu’à travers notre initiative, le destin et les carrières des artistes connaîtront un nouvel envol. Sans instrument, il est impossible de composer de belles lignes mélodiques ou harmoniques. Nous espérons simplement une évolution positive de la création nationale, car il faut bien le retenir, plusieurs décennies après le décès de son auteur, toute création tombe dans le domaine public et rentre dans le patrimoine national. Pour qu’ils soient compétitifs, les musiciens doivent éprouver leurs connaissances et aptitudes à léguer à la nation des œuvres qui traversent le temps. Si les guitares que nous offrons contribuent à cela, nous n’en serons que fiers.


Qu’est-ce qui se cache derrière cette générosité quand on sait que, dans le milieu des artistes, beaucoup sont considérés comme égoïstes ?

Je ne saurai avoir la prétention de m’exprimer à la place des autres. Ce que je sais, en revanche, c’est que depuis des années, je m’évertue au partage de ce que je peux avoir pas seulement avec les artistes. Je sais que, dans notre pays, dès que vous êtes généreux, on s’imagine qu’il y a quelque chose derrière. Je rassure ceux qui s’interrogent sur ma générosité que je n’ai aucune ambition derrière la distribution des guitares et, plus particulièrement, au sein de la gestion collective des droits des artistes. Vous le savez très bien, cette page pour moi est définitivement tournée. J’en ai informé le chef de l’Etat par écrit car, dans une correspondance qu’il m’avait adressée en 2006, il m’avait instruit d’encadrer et de mobiliser les artistes de renom pour la promotion de son action. N’ayant pas pu leur faire partager ma vision de l’intérêt général, il était de mon devoir de l’en informer, ce que j’ai fait.


Une nouvelle société de gestion des droits d’auteur vient d’être créée et la rumeur y voit votre main…

Selon les mauvaises langues, n’est-ce pas ? Vous savez que j’ai le don d’ubiquité… Quand Boko Haram attaque le Cameroun, on me voit. Quand les Lions indomptables sont éliminés, j’ai marqué pour le camp adverse. Quand il n’y a pas de route pour aller à Bamenda, c’est toujours et encore moi. Quand c’est bon, ce sont les autres ! Les artistes sont des adultes qui savent défendre leurs droits. Nul ne peut leur faire faire ce qu’ils ne veulent pas et, lorsqu’ils ont des actes à poser, ils les posent bien, au bon moment et au bon endroit. Ils ont décidé de mettre un terme à la mascarade et au complot des services du Premier ministre, et ils ont mon soutien tant qu’ils se battent pour une cause générale.

J’ai été informé de la création de leur société, de la bonne composition consensuelle de leur conseil d’administration après coup, car ils savent peut-être quelle serait ma position. Aujourd’hui, c’est fait : autant ils m’ont soutenu pendant 30 ans, autant, par respect, fidélité et loyauté, je me dois de leur apporter ma contribution pour l’affermissement de leur prise de responsabilité. Je prends cet engagement solennel : orphelins qu’ils sont, ils peuvent compter sur mon carnet d’adresses internationales et nationales pour la consolidation de la Socacim. Je pense que c’est bien.


Quel est le rôle joué par la Minac dans la création de la nouvelle société, dans sa villa selon les mauvaises langues ?

Je ne suis pas son avocat ou son porte-parole. Je puis toutefois vous dire, de source crédible, qu’elle a été informée de la tenue de l’assemblée générale constitutive par le gouverneur de la région du Nord-Ouest. Par la suite, le gouverneur m’a interpellé sur la question et, n’ayant pas été sur place, il nous était impossible de lui apporter des éléments de réponse. C’est pour moi l’occasion de dire qu’il n’est pas du rôle, ou des missions de la Minac, de faire du renseignement et encore moins d’interdire ou d’autoriser la création de sociétés de gestion collective. La loi précise à quel moment elle entre en scène. La frilosité, qui semble avoir gagné les services du Premier ministre depuis le 28 avril 2015, est curieuse et étonnante car ici, il s’agit d’un désaveu public des artistes à l’endroit du Premier ministre. Nous espérons simplement que la suite ne sera pas une opposition ouverte, car de sources crédibles l’on signale la sortie prochaine d’un album avec plus de 70 artistes de renom contre M. Yang. Cela n’a jamais été vu ailleurs ; encore moins ici.


Depuis quelques jours, des artistes semblent courroucés par les manœuvres du secrétariat général des services du Premier ministre avec, notamment, la création d’un comité ad hoc sur la restructuration du secteur du droit d’auteur. Quel est le rôle de la primature dans cette guerre ?

Vous savez, le monde des artistes est différent des autres. Ici, rien ne se cache et tout se dit haut et fort : ce sont des gens libres d’esprit. Il se trouve que, dès mon élection au sein du conseil d’administration de l’ex-Socam, pour faire plaisir à son amie, mon ex-épouse, avec qui il entretiendrait des relations, Philemon Yang a instruit que je sois chassé du conseil d’administration de dame Odile Ngaska, moins de deux semaines après notre élection. Entre le ministère, les présidents successifs de la Cpmc et sans raison, tout a été mis en œuvre pour briser ma vie pour une affaire de sexe ! Cela a conduit à mon exclusion humiliante, le 15 février 2013, dans le mensonge et la calomnie. Même la mémoire de mon père a été souillée, ma famille humiliée. Mon fils unique n’a pas pu achever l’année scolaire : quand il arrivait à l’école, ses amis l’encerclaient et lui disaient que son père était un voleur ! Pour la seule année que j’ai passée au sein de ce conseil d’administration, des moyens énormes ont été mis à disposition pour me livrer à la vindicte populaire.

Le complot contre moi avait pour maître d’œuvre le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang qui, de mon point de vue, devrait expliquer au président de la République pourquoi, il me persécute. Est-ce un crime, pour moi, que d’avoir été le mari de Chantal Ayissi avant qu’il la connaisse ? Par respect pour sa fonction, j’ai avalé toutes les humiliations, mensonges et calomnies. J’ai contenu les artistes qui voulaient en découdre avec lui. C’est lui la principale source du désordre car après mon ex, il a pris fait et cause pour Dame Mbenkum qui est la vice-présidente de l’équipe américaine de l’ex-Socam.

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C’est la vraie genèse de ce conflit. C’est le Pm Yang qui est à l’origine du désordre observé. Par respect pour sa fonction, je me suis abstenu de partager cela avec les Camerounais, car quelle image auraient-ils du chef du gouvernement ? J’ai même décidé de me retirer définitivement, et même de céder mes droits d’auteur à un centre de handicapés. Malgré cela, ses services et lui ont continué à me salir. Mes partisans ont donc radicalisé leur position, pour ne faire que ce que la loi dit et qu’il faut respecter.

C’est pour moi l’occasion de le dire, ouvertement, que tant que M. Yang sera le pyromane et le pompier, les miens ne l’accepteront pas comme médiateur, car il ne saurait être le financier et le principal soutien de Ndedi Eyango, Sam Mbende et Raymond Tchengang et vouloir nous obliger à accepter ce qui n’arrange pas la cause générale. Nous sommes respectueux de la République, mais ceux qui incarnent cette République devraient savoir prendre de la hauteur et faire la différence entre les affaires sexuelles privées et le fonctionnement de l’Etat. Et si chacun utilise sa fonction pour briser des vies, cela peut conduire à l’irréparable. J’ai informé le président de la République de cette situation dès le 5 novembre 2013.


Face à ce blocage, comment sortir de la crise ?

Il faut d’abord saluer la très large majorité des musiciens, à travers le territoire national, pour leur décision de prendre leurs responsabilités dans le consensus car, il faut le dire, l’organe dirigeant a été bien constitué et concerne presque toutes les organisations syndicales ou associatives bien connues. Ensuite, par devant notaires et huissiers, la société est constituée. Ils doivent aller vers le peu qui reste pour se retrouver. Dans la direction du Cameroun ou des autres pays dans le monde, il n y a pas toujours unanimité dans un consensus : il y a ceux qui acceptent et ceux qui refusent. Le train est sur les rails, il faut le mener à bon port. En 1997, on a vu le Social Democratic Front (Sdf) boycotter les élections et, à la fin, le président Paul Biya a assumé sa charge en prenant en compte l’opposition. Le monde des artistes n’est pas différent.


Ndedi Eyango peut-il avoir une position dans les organes de la nouvelle société ?

Si les dispositions des statuts l’autorisent, pourquoi pas ! Il se trouve néanmoins que les statuts des organismes de gestion collective, à travers le monde, sont clairs sur la condition de nationalité. Ce monsieur est bien d’origine camerounaise, cela se sait ; mais plus de nationalité camerounaise. En l’état actuel des législations, si on consacre une jungle dans laquelle les lois sont bonnes et applicables à certains et pas à d’autres, cela n’est pas bien pour la consolidation d’une République dont les fondements se trouvent dans le respect de la Constitution, des lois et décrets de la République mais aussi aux textes fondamentaux dont sont dotées les organisations syndicales, associatives, etc. Les fouler aux pieds pour imposer ses affidés, ce n’est pas bien pour l’avenir.

Ce que je trouve curieux, c’est quand même que quelqu’un d’origine camerounaise et de nationalité étrangère, ayant prêté les serments de reniement de son pays d’origine et d’allégeance pour son nouveau pays, soit plus considéré au Cameroun comme quelqu’un qui est resté fidèle et loyal au drapeau national ! En tout cas, c’est un bon exemple que les services du Premier ministre nous donnent. Nous prenons bonne note et en ferons bon usage dans le futur.


Pensez-vous que le Cameroun puisse retrouver ses artistes-musiciens ensemble, pour le bonheur des mélomanes ?

Je garde cet espoir, car les créateurs des œuvres de l’esprit ont pour qualité principale le partage de l’amour et, surtout, il n ya pas de famille sans disputes. Si certains responsables gouvernementaux arrêtent de financer la rébellion contre d’autres membres du gouvernement, il est clair que tout ira bien.

Art musical : une nouvelle société de droit d’auteurs en gestation

La Socacim a été présenté le 28 avril à Mbengwi dans le Nord-ouest, au cours de la cérémonie de distribution de 250 guitares par la ministre des Arts et de la Culture (Minac).

 «Je souhaite que l’image de l’artiste change. Lorsque vous aurez quitté Mbengwi, souvenez-vous que nous avons commencé une nouvelle voie, celle de la réconciliation. Je vous demande toujours d’aller dire à Sam Mbende, Ndedi Eyango et aux autres qui se radicalisent, que je les invite à enterrer la hache de guerre, oublier un certain passé, et œuvrer au bien- être des artistes». Cet appel fédérateur est d’Ama Tutu Muna, ministre des Arts et de la Culture (Minac), le 28 avril à Mbengwi, département de la Momo dans région du Nord-Ouest. C’était lors de la cérémonie de rétrocession de 250 guitares aux artistes musiciens. Lesdits instruments de travail sont un don du Syndicat camerounais des musiciens (Sycamu) dont Roméo Dika est le président. Vice-président exécutif de la Fédération internationale de musique (Fim), l’auteur du single à succès « Le mari de la femme », a permis au Cameroun, de bénéficier au titre de l’année 2014, de 500 guitares parmi les 2000 mises à la disposition du continent africain par la société Woods Brass.


Du droit d’auteur.

Avant la cérémonie de distribution de guitares à laquelle prenaient part, aux côtés d’Ama Tutu Muna, le gouverneur de la région du Nord-Ouest, Fonka Augustine et le préfet de la Momo, Salé John, doyen des artistes a fait une déclaration forte. Il a annoncé la création de la Société nationale des musiciens (Sonamu). «C’est enfin la fin du calvaire», pouvait-on entendre des musiciens venus massivement à la maison du parti de Mbengwi, lieu de l’évènement. Dans cette euphorie, l’on perçoit : Ama Pierrot, Jaky Biho, Henry Njoh, Dieu Ngolfé, Zakougla, Djené Djento, Afo Akom Guy Manou… Seulement, une voix va venir refroidir cet enthousiasme. «Jamais, zéro faute. Tout ça, c’est nul, nous ne sommes pas d’accord avec ce nom que vous avez donné à la nouvelle société des droits d’auteur», scande le chanteur Tanus Foé. Encouragé par certains de ses des partisans, l’homme ne lâche pas prise. « Où est le mot Cameroun dans votre nom là ? », grommèle-t-il. Salé John, légende de «l’Ambassibey» est venu calmer le jeu. « Pour une querelle de mots, nous n’allons pas tuer le processus de réconciliation des artistes. Que Tanus Foé et tous les autres qui ne sont pas d’accord avec l’appellation de la nouvelle société, nous fassent leurs propositions », lance-t-il. Salé John a appelé les hommes de média à aider à la réconciliation dans le corps musical. Il demande aux journalistes de cesser d’encourager ses collègues à la médisance des autres en offrant des tribunes pour que s’éternisent les dissensions.

Après consultation, c’est l’appellation de Société camerounaise civile de musique (Socacim), qui sera unanimement retenue par la grande famille des réunie à Mbengwi. Selon Salé John, le bureau de la nouvelle société de gestion des droits d’auteurs des artistes, lequel se compose d’un président assisté de quatre vices, un secrétaire général et de son assistant, comprend un conseil d’administration de 27 membres. Parmi ces administrateurs, l’on rencontre : Henri Njoh, Ama Pierrot, Prince Afro Akom, Seugué Marcelin (Ledoux) Nicole Mara, Ange Eboko, Sam Fan Thomas, Beko Sadey. Toujours selon les confessions de Salé John, la nouvelle structure devrait se réunir dans les tout prochains jours pour choisir le président de son conseil d’administration.

Roméo Dika promeut l’assainissement des mœurs

Né le 28 avril 1964 à Abidjan, Roméo Dicka qui a soufflé sur sa 51e  bougie le jour de la cérémonie, tout en espérant que cet anniversaire soit un porte bonheur pour la réconciliation des artistes, a pour sa part, fustigé la pratique des doublons dans la distribution des guitares. En effet selon le président du Sycamu, des petits clans mafieux manœuvrent pour que certaines personnes ayant reçu des guitares aux distributions précédentes, en soient encore bénéficiaires aujourd’hui. «Il faut que cela cesse. Ce genre de comportement freine l’émancipation des artistes», clame indigné, le vice-président exécutif de la Fim.

Le numéro 1 du Sycamu se réjouit en revanche de la phase 2014 de la remise des guitares, d’autant plus que selon lui, les autres syndicats de musiciens ont toujours pris part à la grande communion des artistes. «J’ose espérer que ces instruments, vous permettront de vous remettre au travail pour que le répertoire musical du Cameroun soit placé parmi les meilleurs du monde. Quand vous avez dompté votre instrument, vous êtes sûr d’obtenir un bon produit», dit-il. Il affirme qu’il a accepté depuis 1992, d’adhérer à l’idéal de constance du président Paul Biya. Il a appelé les musiciens à la discipline et à garder une image louable auprès du public. «Sachez discerner ! Ne vendez pas votre conscience pour un billet de banque ! Ne suivez pas ceux qui vous amènent au bar. Ce qui est utile, c’est que tout soit fait pour que l’artiste vive de son art, qu’il vive dignement. L’industrie musicale est 2e aux États-Unis, devant celle des armes », a alors scandé le vice –président du Fim. Un élan de solidarité qui n’a pas laissé indifférent certains membres de la corporation à l’instar de la comédienne et chanteuse Zakougla que La Météo a approché après qu’elle a reçu sa guitare : « Je ne suis pas nouvelle dans la musique, mais je n’ai jamais rien vu d’aussi merveilleux. Aujourd’hui, je n’espérais pas obtenir une guitare. Mais je l’ai à présent. C’est le fruit de la réconciliation. Merci à la ministre de la Culture, merci à Roméo Dika. Quant au droit d’auteur, nous espérons qu’avec la dynamique de réconciliation amorcée, tout y ira bien ». C’est aussi le cas de Rudyking, cette jeune chanteuse de Mbengwi et bénéficiaire d’une guitare. L’élève-infirmière espère que le processus de normalisation dans la grande famille des artistes, lui permettra de réaliser sereinement son tout premier album.

En rappel, Roméo Dika dont le mandat à la vice-présidence de la Fédération internationale de musique (Fim) s’achève en 2018, a assuré qu’au terme de celui-ci, c’est un total de 2500 guitares qui seraient remises au Cameroun dont 500, chaque année, jusqu’au terme de son mandat. Après Yaoundé en 2014, Douala et Mbengwi, respectivement les 3 et 28 de cette année, des informations glanées ça et là, font état de ce que Maroua, région de l’Extrême-Nord, serait la prochaine destination de la caravane du trinôme Sycamu-Minac-Fim.

Darren Lambo Ebellè (Stagiaire), envoyé spécial à Mbengwi

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