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Roméo Dika règles ses comptes à Raymond Tchengang

Roméo-Dika-Cameroun

C’est de la bouche d’Ama Tutu Muna que certains journalistes ont appris le scoop. « Roméo Dika a failli ne pas être présent à cette cérémonie parce qu’il a été l’objet d’une tentative d’arrestation arbitraire hier », a lâché le ministre des Arts et de la Culture en guise d’avant propos de son discours lors de la cérémonie officielle de remise de 100 guitares à 102 artistes musiciens, samedi 30 août dernier dans la cour arrière du musée national. Une annonce que le concerné a tenté, à mots à peine-voilés, d’expliquer tout au long de son discours, dense de cinq pages. Un discours qui avait beaucoup plus les allures d’un chapelet de dénonciations doublé d’invectives, de mise en garde et de leçons de savoir vivre à l’endroit de son (mystérieux) interlocuteur. Un pamphlet pour tout dire.

En fait, à la veille de ladite cérémonie qui a regroupé plus de 500 artistes musiciens, Roméo Dika a reçu dans ses bureaux au quartier Tsinga, la visite d’une demi-dizaine d’agents de la police venus l’arrêter pour une histoire d’argent relative à sa gestion de la société camerounaise de l’art musical (Socam) dans laquelle il serait impliqué. « N’eût été l’intervention des membres de son syndicat qui leur ont opposé une résistance farouche, on l’aurait embarqué à l’heure qu’il est », confie un proche de l’auteur de la chanson « le mari de ma femme ». De quoi il en retourne concrètement ? De sources dignes de foi, des personnes tapies dans l’ombre ont tenté d’empêcher la tenue de la cérémonie en trouvant un stratagème savamment monté aux fins de salir la renommée de Roméo Dika que beaucoup d’artistes présentent comme un fervent défenseur des droits des artistes. Il n’y avait donc pas meilleur moyen que de le faire arrêter prétextant une affaire de millions Fcfa pour laquelle il est attendu comme témoin au tribunal depuis des mois.

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Coup de force manquée

« Mis aux arrêts, l’affaire aurait fait grands bruits dans les médias ; la cérémonie aurait avorté et son honneur sali », explique-t-on. Malheureusement, « le plan de ces vendeurs d’illusions n’a pas réussi », se réjouit un membre du Sycamu qui estime que ce coup de force manquée n’est plus, ni moins que de l’agitation des esprits en mal de popularité. Au banc des accusés, Raymond Tchengang dont le nom revient tout le temps. Pour les affidés de Roméo Dika, le père fondateur du Syndicat national des professionnels de la musique (Synaprom) en séjour au Cameroun, a prévenu dans plusieurs médias qu’il ferait mettre tous les administrateurs (indélicats) de la Socam derrière les barreaux. Info ou intox ? Difficile d’infirmer ou de confirmer cette hypothèse. Quoi qu’il en soit, c’est en réponse à son « bourreau » que Roméo Dika a rédigé ce discours qui s’apparentait à un véritable réquisitoire. L’ex membre du conseil d’administration de la Société camerounaise de l’art musical (Socam), sans le citer, ne s’est pas fait prier pour ouvrir le feu.

Campagne de dénigrement

« Le Sycamu affirme son leadership par des actes et non à travers la diabolisation des autres qui, eux, travaillent dans le sens du bien être des artistes pendant que les incapables se trouvent des raisons pour justifier leur plaidoyers stériles », argue le président du Sycamu. Et de poursuivre, « ce n’est pas en allant se moquer de la souffrance d’une grand-mère à coup de billets de banque et de forte médiatisation qu’on se dit rassembleur. Ce n’est pas à travers des cabales, des campagnes de dénigrement, des insultes et la conspiration qu’on aide l’artiste camerounais. C’est par des actes. La calomnie, l’art de l’esbroufe, le rançonnement et la manipulation ne nous intéressent pas. L’artiste vit de sa musique et non des batailles ». Des mots salués par l’assistance, au premier rang desquels, Ama tutu Muna que l’orateur a félicité pour son dynamisme, sa sollicitude, son sens de la construction de l’unité nationale « inscrite en lettres d’or dans la politique de grandes réalisations de Paul Biya ».

Pour le patron de Rd Productions, le vœu de la Fim et du Sycamu est de voir la culture devenir le fondement de notre processus de développement, un des vecteurs de la relance de l’économie comme les États-Unis nous le démontrent chaque jour. « Nous avons un important patrimoine culturel inexploité. Il faut qu’on puisse soutenir madame le ministre pour trouver des voies et moyens pour permettre aux acteurs culturels de vivre de leur art, et que cet art soit un élément fondamental de la relance de notre économie », a-t-il conclu non sans annoncer qu’une autre cérémonie similaire aura lieu à Douala dans deux semaines.

Christian TCHAPMI

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