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Le riz made in Cameroun rare dans les marchés

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Davantage cultivé dans le Septentrion, il est exporté à 90% vers le Nigeria. Faites un tour dans les supermarchés, boutiques, grandes surfaces de Yaoundé, Douala, Bafoussam et autres à la recherche du riz  «made in Cameroun».

Si vous le trouvez sur les étals, estimez-vous chanceux. A Yaoundé par exemple, «le riz  camerounais est vendu au supermarché Dôvv à Mokolo (c’est le seul supermarché à le vendre), dans une boutique au carrefour Bastos, au lieu-dit carrefour Nsam, au marché Melen en face de la garde présidentielle, à l’entrée du ministère du Commerce et dans les marchés périodiques de la Mission de régulation d’approvisionnement des produits de grande consommation (Mirap)», renseigne Dorothy Malaa Kenyi, coordinatrice nationale du Contrat de désendettement et de développement pour le riz à l’Irad de Nkolbisson.

A Douala et à Bafoussam, «le riz  camerounais est très rare», déclare-t-elle. Dans le Septentrion par contre, il «est disponible», apprend-on. Dans le Nord par exemple, cette céréale est cultivée par des paysans. Ces derniers la vende dans des bols ou des calebasses coupées ; à hauteur de 200, parfois 300 Fcfa. Jamais plus. D’après nos informations, la particularité du riz  vendu par les riziculteurs dans les villages est que les graines ne sont pas encore décortiquées. «Elles sont parfois sèchent, parfois pas totalement », confie un ancien riziculteur. Pour le faire cuire, ou le vendre plus cher, 400, parfois 500 Fcfa, explique-t-il. «les riziculteurs les décortiquent. Mais cette phase prend beaucoup de temps», ajoute-t-il. Dans le but  donc de gagner en temps et en argent, les riziculteurs appliquent une technique toute trouvée et simple : vite fait mais mal fait, au risque d’avoir un riz  avec de nombreux déchets. Résultat : le riz  qu’ils vendent aux détaillants (boutiquiers) est bondé de cassures. De plus, la couleur n’attire pas vraiment. Malgré cela, les fans des produits locaux s’en donnent à cœur joie quand ils trouvent du riz camerounais.

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A Ngaoundéré par exemple, «certains étudiants préfèrent consommer du riz  camerounais au lieu du riz  thaïlandais ou du uncle ben’s», confie Mohamadou, boutiquier. Un kilogramme de riz  décortiqué, qui vient immédiatement des rizicultures, coûte 350 Fcfa dans certaines boutiques. Or, celui provenant de la Société d’expansion et de modernisation de la riz Camer.beiculture( Semry) de Yagoua dans l’Extrême-Nord, tout comme celui cultivé par les chercheurs de l’Institut de recherche agricole pour le développement (Irad) à Ndop dans le Nord- Ouest et à Nkolbisson, coûte 500  Fcfa le Kilo. D’après la coordinatrice nationale du contrat de désendettement et de développement pour le riz , pour avoir un sac de 25 kilos du riz  camerounais, il faut débourser 11 mille Fcfa. Il y en a à l’Irad.

Ce coût est à la portée des Camerounais. Mais c’est la rareté du produit fini qui est en réalité le véritable problème. Conséquence, le Cameroun se retrouve en train d’importer 400 à 600 mille tonnes de riz Camer.be par an. Le «made in Cameroun», transformé à seulement 10% sur 70 à 80 000 tonnes par la Semry, est exporté à 90% vers le Nigeria, sous la forme du riz  Paddy (riz  non décortiqué).

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