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Des révélations sur l’Attaque du 21 janvier à Ouaga: Le présumé cerveau arrêté avec un passeport ivoirien

BURKINA-FASO-ATTAQUE-Ouaga
 

Des connexions entre les meneurs et le clan Compaoré. Kaboré annonce des mandats d’arrêt. Si l’on en croit Jeune Afrique, citant des « sources concordantes », le présumé cerveau de l’attaque du 21 janvier contre un dépôt d’armes près de Ouaga, le sergent-chef Ali Sanou, disposait « d’un passeport de service ivoirien » et aurait piloté l’opération à partir d’Abidjan.

Ali Sanou serait resté en contact étroit avec l’adjudant-chef Moussa Nébié dit Rambo, ainsi que le sergent-chef Roger Koussoubé, alias Le Touareg. Tous sont des anciens du Régiment de sécurité présidentielle (Rsp), dissous entre-temps, et auraient trouvé refuge en Côte d’Ivoire, après le putsch manqué de mi-septembre 2015 au Burkina. Le putsch avait été justement orchestré par l’ex-patron du Rsp, le général Gilbert Diendéré et ses hommes. Ali Sanou qui passe pour être le cerveau de l’attaque contre le dépôt d’armes de Yimdi près de Ouaga, a été interpellé, le 27 janvier dernier, non loin de Léo, à la frontière entre le Burkina et le Ghana. On a en mémoire que l’Etat-major burkinabé avait attribué à des ex-éléments du Rsp l’attaque de Yimdi. D’après JA, Ali Sanou, Rambo et Le Touareg ont rencontré ces dernières semaines, à plusieurs reprises, des membres du clan Compaoré. Ils auraient notamment rencontré François Compaoré, le frère cadet de l’ex-président, et Moustapha Limam Chafi, le très influent conseiller spécial de Blaise. Une source sécuritaire ivoirienne, contactée par L’inter, a réfuté les « allégations » quant à un complot qui aurait été ourdi à partir d’Abidjan contre son voisin. La source n’a pas confirmé la détention d’un passeport ivoirien par Ali Sanou. Disons que le sujet est sensible dans un contexte de tensions entre Ouaga et Abidjan. L’idée que des déserteurs de l’armée burkinabè prépareraient un plan de déstabilisation à partir d’Abidjan est bien ancrée dans certains esprits. La sortie, hier, de Roch Marc Christian Kaboré, sur la radio Omega fm, aura eu tendance à accréditer la thèse du complot : « Nous avons subi une attaque de la soute. C’est des anciens du Rsp qui ont organisé cette attaque. Il se trouve que pour la plupart de ceux qui ont participé, c’est ceux qui se sont repliés sur la Côte d’Ivoire ». Dans la foulée, Kaboré annonçait l’émission de plusieurs mandats d’arrêt contre des ex-éléments du Rsp refugiés en Côte d’Ivoire. « Nous avions (…) non seulement de façon informelle demandé à ce que la Côte d’Ivoire puisse les ramener au Burkina-Faso pour qu’ils puissent être jugés comme tous les autres mais nous avons récemment confirmé cela par des mandats d’arrêt que nous avons également déposés contre tous ceux qui y sont », a dit le président du Faso.

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Rappelons que l’assaut contre un dépôt d’armes à Yimdi est intervenu, dans la nuit du 21 au 22 janvier 2016, une semaine après des attaques terroristes perpétrées contre le ”Splendid hôtel” et le restaurant Cappuccino. Ces attaques avaient fait 30 victimes.

Comment les autorités ivoiriennes tentent de réchauffer l’axe Abidjan-Ouaga

Les initiatives visant à réchauffer les relations entre les deux capitales Ouagadougou et Abidjan ne manquent pas. S’il est connu qu’une rencontre au sommet Ouattara-Kaboré a eu lieu à Addis-Abeba, en marge du dernier sommet de l’Ua, il reste que seuls certains cercles fermés sont informés d’un coup de fil du chef de la diplomatie ivoirienne vers son homologue du Faso. Mi-janvier, rapporte JA,Albert Mabri Toikeusse, remplaçant de Charles Koffi Diby aux Affaires étrangères, s’est entretenu téléphoniquement avec Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères burkinabé. Il aurait été question de relancer le traité d’amitié et de coopération entre les deux pays, la Côte d’Ivoire et le Burkina. Ce traité, signé en 2008, vise au renforcement des liens séculaires de « fraternité d’amitié et de coopération » entre deux voisins que presque tout unit. Alassane Ouattara envisagerait de dépêcher au Burkina, Marcel Amon Tanoh, directeur de cabinet à la Présidence de la République qui a en charge les relations diplomatiques. La mission de ce fidèle de Ouattara serait d’accélérer le processus d’installation du nouvel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Burkina puisque depuis le départ d’Abdou Touré, en juillet 2015, Abidjan n’a plus d’ambassadeur à Ouaga.

Kisselminan COULIBALY

 

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