Ce jour 09 janvier 2017 était consacré au retour des classes au pays. Comme  craint,  dans les deux régions anglophones, élèves et enseignants, sont se sont  sagement  terrés chez eux.  La crise sociale persiste dans la partie anglophone du Cameroun. Après les revendications d’avocats du même bassin culturel, les enseignants qui  leur ont emboité le pas, semblent plus déterminés. Les négociations sur fond de malice et de pacotille entamées depuis quelques temps entre les syndicats des enseignants incriminés et le gouvernement, ont accouché d’un résultat nul et néant. Les cours n’ont pas repris dans  les régions du Sud- Ouest et du Nord – Ouest. Après un 1er trimestre qui n’a été rendu qu’à mi-parcours, l’on s’achemine désormais vers une année blanche et sèche à Buea et Bamenda. Pour exacerber la crise, le discours martial et empreint de condescendance et d’arrogance du chef de l’Etat le 31 décembre dernier à la nation. Comme à son habitude, au lieu d’un discours apaisé, le propre même du politique, Paul Biya qui décidément avec son perpétuel règne au pouvoir (35 ans) a fait de l’armée et de la police camerounaises sa propriété privée, ne s’est jamais embarrassé  de recourir à son « Force sera donnée à la loi ».

Ainsi, Paul Biya avait-il presque explicitement, ordonné à l’armée, de tirer à vue sur les manifestants dits des émeutes de la faim au mois de février 2008. Instruction pour laquelle il ne fut pas déçu, puisque l’armée d’émanation néocoloniale  camerounaise habituée à l’inceste depuis Ahmadou Ahidjo, mit sur le carreau, près de 200  jeunes Camerounais. M. Biya, pied au plancher, tel un chef de clan, avait royalement ignoré la décence d’adresser ses condoléances aux familles qui avaient perdu leurs enfants tombés sous les balles incestueuses des militaires et policiers. Même avec le complaisant bilan de 40 morts donné par le devenu subitement très « patriotique » Marafa Hamidou Yaya, ces jeunes, même en leur imputant d’être morts pour  avoir voulu arracher le pouvoir monarchique de Paul Biya, il n’en demeure pas moins qu’ils étaient morts. Et depuis que les remous sociaux perdurent dans la partie anglophone du pays, le pouvoir de Yaoundé qui peine à y apporter des solutions de fond, préfère comme à l’accoutumée, mettre en exergue la paresse scientifique qui le caractérise, pour recourir à sa thèse conspirationniste.  Sont ainsi mis en index, l’instrumentalisation, la déstabilisation du Cameroun, des forces tapies dans l’ombre en voulant au Cameroun ainsi qu’à Paul Biya son indispensable et éternel chef, des apprentis sorciers financés par des forces occultes étrangères, des politiciens du dimanche en mal de notoriété et tuti quanti.

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Aux revendications des anglophones qui se plaignent d’être depuis des années envahis par des enseignants francophones, le gouvernement, a réagi en annonçant le recrutement sous peu, de 2 000 enseignants scientifiques dits bilingues. Chose ne répondant aucun fondement didactique. Bien plus, la militarisation à la nord-coréenne de Bamenda et de Buea à cette rentrée scolaire du 2ème trimestre, était la preuve inconsciente de la part du gouvernement, que toute négociation avait échoué. Et que dire de l’injonction maladroite du gouverneur de la région du Sud-ouest, Okala Bilaï qui, il ya deux jours, a mis de l’huile au feu, en annonçant que les enseignants qui ne se rendraient pas à l’école dès la reprise le 2ème trimestre, ne percevraient pas leurs salaires de janvier. En somme, c’est l’arrogance, la condescendance, le recours excessif et systématique  et le mépris du pouvoir de Yaoundé qui, a toujours constitué un frein à la résolution des crises sociales au Cameroun. Récemment, les avocats anglophones disaient ne plus vouloir s’asseoir avec le ministre de la Justice Laurent Esso, un homme trop arrogant et ironique à leur goût. Et le président de la République qu’on dit élu pour résoudre les problèmes des Camerounais, ne trouve pas bon de se rendre lui-même à Bamenda et Buea discuter les syndicats d’enseignants, préférant leur envoyer des ministres impopulaires et illégitimes auprès des populations.


Et pour une histoire qui a déjà fait des morts, avec de multiples arrestations et autres humiliations en violation des droits de l’Homme, c’est trop grave que le chef de l’Etat qui visiblement ne se soucie que de mourir au pouvoir, ne daigne pas y accorder une attention personnelle, quand on sait que ses homologues se déplacent pour bien moins que cela. Le reflexe répressif du régime d’émanation néocoloniale française de Yaoundé, est donc à l’origine de l’aggravation des crises sociales au Cameroun. L’arrogance des gouvernants dont la trop immense majorité est d’essence de la pensée unique, ne sont guère ouverts à la contestation, et brandissent toujours la menace des armes aux Camerounais. Comme si ces militaires fussent été des étrangers, et non des Camerounais dont leurs familles, amis et connaissances ne sont pas concernés par les problèmes soulevés. C’est également cette peur de la kalachnikov que brandit incessamment le régime Biya aux Camerounais, qui a fait d’eux, des poltrons aux dimensions au-dessus de tout rationnel. L’Afrique centrale ne connait pas un peuple aussi peureux que le Cameroun.

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