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Remaniement Ministériel: Qui sera Premier Ministre?

Philemon_Yang-établissements

Entre les raisons d’ordre politique et les impératifs d’efficacité, le choix du locataire de l’Immeuble étoile s’annonce serré.

C’est un Premier Ministre politiquement affaibli qui sera ce jour, au premier banc du gouvernement à l’hémicycle de Ngoa-Ekellé, à l’occasion de la session de plein droit de l’Assemblée nationale. Le Rdpc dont Philémon Yang conduisait la campagne dans la circonscription électorale du Nord-Ouest, a reculé aux législatives dans cette région. Le Rdpc y perd trois sièges, au profit du Sdf. Le parti au pouvoir s’en tire ainsi avec six sièges contre neuf lors de la précédente législature. Signe des temps, le «parti de Paul Biya» laisse filer deux sièges sur trois dans le Bui, départe-ment d’origine de Philémon Yang. Aux municipales, le Sdf et le Rdpc font moitié-moitié dans le Bui: chaque formation politique contrôle trois communes sur les six existantes.

Qui plus est, dans le hit-parade (publié par le journal L’Action) des suffrages valablement exprimés en faveur du Rdpc dans les 86 circonscriptions des législatives, le Bui-Centre pointe à la 54e position, le Bui-Ouest à la 63e et le Bui-Sud à la 82e. Des rangs peu honorables pour le magistrat de formation. Ce d’autant plus qu’à l’élection présidentielle de 2011, Paul Biya (38.140 voix) avait déjà mordu la poussière devant John Fru Ndi (38.615 voix) dans le département d’origine du Philémon Yang.

Des points en moins donc pour le chef du gouvernement dans la course pour sa reconduction. Nommé le 30 juin 2009, Philemon Yang est surtout épié par des élites du Sud-Ouest et du grand Nord, mais également du Nord-Ouest, qui souhaitent être khalife à la place du khalife. Si sa remise en selle à l’Immeuble étoile tient plus ou moins à ses performances électorales, elle pourrait être dictée par des raisons d’équilibre ethno-régional. «Tout dépend des calculs du Président de la République. Cependant, si M. Biya choisit de nommer un ressortissant du grand Nord à la primature, cela peut-être mal ressentie par l’élite, de la zone anglophone. Celle-ci a déjà manqué le poste du Président du Sénat et n’est pas prête à accepter la perte de la primature, qu’elle considère comme une position de rente», explique le politologue Mathias Eric Owona Nguini.

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Insomnies

Quid du bilan de l’ancien Secrétaire général adjoint de la présidence de la République à l’Immeuble Etoile? : «C’est un bilan moyen. Même s’il faut admettre que l’action du gouvernement n’est pas visible en raison de l’existence de deux pôles d’animation: le pôle coiffé par le Pm et celui confié au Secrétaire général de la présidence de la République. Même l’intégration formelle depuis quelques années du Sg/Pr au gouvernement ne résout pas le problème. Dans un tel contexte, le bilan du Pm est difficile à établir, ce d’autant plus que, l’évaluation des feuilles de route ministérielles promises par le Chef de l’Etat reste attendue».

Quel serait dès lors le bon profil du futur locataire de l’Immeuble étoile? Compte tenu de ce que les prochaines échéances électorales auront théoriquement lieu dans cinq ans, Paul Biya peut-il choisir un politique ou un technocrate pour coordonner l’action gouvernementale? «Cela, une fois de plus, relève du pouvoir discrétionnaire du Chef de l’Etat. Tout dépendra de ses calculs. Le profil de technocrate nie semble plus indiqué. Toutefois, le technocrate choisi deviendra politique, une fois installé dans ses fonctions. Dans tous les cas, il est souhaitable de disposer d’un Pm qui aura une meilleure marge de manœuvre, qu’il soit technocrate ou politique. D’ailleurs les deux profils ne s’ont pas incompatibles», indique Owona Nguini.

Mutations

En attendant la formation d’un nouveau gouvernement, Philemon Yang (66 ans), que des sources introduites disent lassé par la fonction de Premier Ministre, du fait des interférences du tandem Sg/ Pr-Sg/ Pm, serait davantage préoccupé par l’après-primature. En effet, en dépit de sa réputation d’ «incorruptible», le sort réservé à Ephraïm Inoni donne des insomnies à l’ex-président du conseil d’administration de Camair-Co.

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