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Réformes dans le transport routier : Pourquoi les résistances ?

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Réorganisation de l’examen du permis de conduire, informatisation dudit document, permis à points, visite technique obligatoire, badges informatisés pour les chauffeurs de taxi… Depuis des années, les responsables du ministère des Transports multiplient les réformes afin de sécuriser les titres et autres documents de transport. Sans grand succès, à vrai dire.

Le ministère serait-il lui-même à l’origine des résistances observées sur le terrain, relativement aux réformes engagées ? « Je ne présenterais pas les choses de cette façon. Il y a une volonté certaine de réformes mais c’est sûr, les bonnes intentions ne suffisent pas. Le secteur a besoin d’une stratégie et c’est ce qui fait défaut aujourd’hui », avoue une source proche du dossier. Des propos qui rejoignent ceux de différents autres acteurs dans les syndicats et l’opinion publique. Chacun peut, en effet, constater que les réformes tardent à pointer le bout du nez et les délais donnés par le ministre de tutelle pour mettre en œuvre les améliorations nécessaires ne sont pas toujours respectés. « On sent aujourd’hui que l’administration est fragile et manque de courage d’appliquer jusqu’au bout ses propres décisions. Quand elle dit qu’elle fermera les auto-écoles illégales, par exemple, il faut que ce soit le cas, au lieu de rallonger les délais indéfiniment», dénoncent d’aucuns.

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La représentativité syndicale fait également débat dans le processus d’élaboration des réformes. Selon les syndicats du secteur, toutes les concertations doivent se faire avec eux. Pour notre source, le vrai débat est ailleurs. « La question qui s’impose aujourd’hui est de savoir quelle conception on a de ces réformes. La représentativité est un problème dépassé. Quand des changements sont engagés, il s’agit pour les acteurs du secteur de coopérer d’abord au lieu de freiner des quatre fers et de se mettre à critiquer. Ça ne nous aide pas à avancer », nous a-t-elle précisé.

En attendant d’être à l’adoption et à l’application des différents textes par les différents acteurs, ça semble être le statu quo sur le terrain. Des véhicules circulent toujours avec des certificats de visite technique ne correspondant pas à leur état. De même, 340 auto-écoles ne répondant pas aux normes édictées par les lois nationales sont encore fonctionnelles. Et comment ignorer les gares routières clandestines ? Les comportements des différents acteurs dans le secteur ne sont pas de nature à faire prendre la mayonnaise aussi aisément.

Yvette MBASSI-BIKELE

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