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Reconversion: Salomon Olembe: du football aux affaires

L’ancien milieu de terrain des Lions Indomptables, Salomon Olembe a ouvert une société de fret maritime en Turquie.
Vitesse, percussion et créativité offensive manquent cruellement aux actuels Lions Indomptables. On en est à regretter la dream team version 2000-2002, qui balayait tout sur son passage grâce notamment, à la fluidité des couloirs où sévissaient les irrésistibles paires Gérémi-Lauren et Wome-Olembe. Des quatre cités, seul Pierre Wome fait de la résistance dans le championnat camerounais. Les autres ont depuis longtemps rangé leurs crampons. En 2010, Salomon Olembe a mis un terme à sa carrière professionnelle après une énième pige à Burnley (02 anglaise). L’épilogue d’un parcours dense et mouvementé qui lui aura valu deux sacres continentaux (2000-2002). Le couronnement d’une aventure entamée de façon anodine au centre de formation de Nassaras Fc de Yaoundé, véritable pépinière méconnue du football camerounais. «Très jeune, c’était déjà un garçon frêle, timide, mais extrêmement doué», se rappelle Norbert Ngnewo, le fondateur de Nassaras.Initié aux fondamentaux du football à Nassaras FC, Olembe est vite déniché par le centre de formation des Brasseries du Cameroun: «Ils l’ont fait pour Olembe, comme pour Wome, Kameni et bien d’autres, j’ai formé pour les Brasseries et la Ksa», raconte Ngnewo. Au centre de formation des Brasseries, Olembe peaufine ses gammes et est repéré par le Fc Nantes au tournoi cadet de Montaigu de 1996.

Arrivé à Nantes la même année, Salomon Olembe s’éclate dans un environnement où le beau jeu est un label. Sa technique pure et son intelligence du jeu sont grandement mis à contribution dans le club. Les canaris sont sacrés champions de France en 2001 (Nantes gagnera également la coupe de France en 1999 et en 2000) en produisant un football de rêve.

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Conquis, les Marseillais enrôlent Olembe en 2002. Mais le Camerounais n’y fera jamais son trou et sera successivement prêté aux Anglais de Leeds United aux Quatariens d’Al Rayyan, avant de quitter définitivement le vieux port en 2007. Sur la fin, l’ancien milieu de terrain reformaté en défenseur gauche rejoindra le club turc de Kayserispor en avril 2008 avant de boucler la boucle chez les Grecs de Larissa.

En sélection nationale (64 matches et 5 buts), «c’était un joueur intelligent et malin. Il allait vite et possédait de grandes qualités techniques. Professionnellement, c’est une personne respectable», dit de lui Achille Emana, son ancien équipier en sélection. Séduit par la Turquie, pays qu’il a découvert sur la fin, Olembe s’est installé à Istanbul où il a acquis des biens immobiliers et a créé une société de fret maritime.

Toujours aussi discret et réservé, l’ancien international n’est pas très présent au sein de la communauté camerounaise d’Istanbul. «Mais, il répond quand on a besoin de lui», tient à nuancer l’un de ses proches rencontré dans la mégalopole turque. «Salomon est quelqu’un de calme, il parle peu, sauf quand il le faut, il reste très agréable à vivre», ajoute-t-il. Approché par de jeunes footballeurs camerounais en errance en Turquie qui le sollicitent pour un encadrement, l’ancien Lion Indomptable a invariablement cette position: «C’est mieux de rentrer au pays pour rebondir, rester en Turquie sans papier et sans club n’est pas bénéfique pour un jeune joueur». Et à ceux qui insistent, il a cette phrase: «Si c’est difficile, tu peux toujours venir travailler avec moi dans mon entreprise. J’ai encore de la place». Cynisme ou ironie? Toujours est-il que l’ancien milieu de terrain a changé de couloir.


Hiondi Nkam IV

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