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Rebondissement dans l’affaire Messanga Nyamding a l’IRIC

Le maître de conférences et Paul N’Gouah Beaud accusés de copiage d’une thèse soutenue en 1996 par Jörg Gerkrath. A la Une de son n°4012 du jeudi 29 octobre 2015, votre journal a titré sur le plagiat qui ébranle l’Institut des Relations internationales (Iric). La rédaction a reçu un nombre impressionnant d’appels téléphoniques et de mails pour en savoir davantage sur les accusations de copiage par Pascal Charlemagne Messanga Nyamding d’un article scientifique attribué à Paul N’Gouah Beaud, Camerounais, originaire de l’Océan dont les contacts nous échappent encore.

Pour Messanga Nyamding, il s’agit ni plus ni moins d’une cabale derrière laquelle il voit la main noire de ses ennemis politiques, lesquelles, à des dires, ont instrumentalisé la presse, y compris Mutations. Le chef de département d’intégration et coopération pour le développement soutient que « l’article scientifique dont il est question est une communication [qu’il] a faite en 1998 en Martinique-Guyane à l’occasion du cent-cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage organisée par l’Association des amis de Léon Gontran Damas ».

Aux dernières nouvelles, et à en croire Pascal Messanga Nyamding lui-même, qui s’exprimait vendredi soir sur une chaîne de télévision de la place, le directeur de l’Iric lui a adressé une demande d’explications à ce sujet. Contacté, la direction de cette école a confirmé cette information tout en indiquant que jusqu’à 17h hier Messanga Nyamding n’avait pas toujours répondu à cette demande d’explications. « Au cas où il ne répond pas, le directeur de l’Iric va lui servir un deuxième courrier », a-t-on appris, de source très proche de la direction de l’Iric.

C’est donc dire que l’affaire du présumé plagiat de Messanga Nyamding flambe à l’Iric au point où certains enseignants sont déterminés à faire inscrire le sujet à l’ordre du jour du prochain conseil des enseignants de cet établissement de l’université de Yaoundé II-Soa. L’objectif étant que des sanctions soient prises à l’encontre de Messanga Nyamding. L’on parle de rétrogradation ou de radiation de ce maître de conférences, qui dirige le département  d’intégration et de coopération pour le développement depuis le 13 mars 2013. « Ce n’est pas nous qui l’avons recruté à l’université, ceux qui l’ont fait doivent prendre leurs responsabilités », fulmine un enseignant rencontré sur le campus d’Obili.

Vérité

Une source au ministère de l’Enseignement supérieur, qui reconnait lucidement que le plagiat peut être évoqué dans le cas Messanga Nyamding, estime cependant que « l’article de Paul N’Gouah Beaud n’a pas été protégé, du point de vue de la propriété intellectuelle ». Un argument battu en brèche par un expert en la matière, qui invoque les notions de paternité et d’antériorité. « Le plagiat est en fait un manque d’honnêteté intellectuelle », résume notre source.

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Hier, un internaute résidant en Europe, qui a lu l’article de Mutations sur le site Internet du journal et qui a suivi les interventions de Pascal Messanga Nyamding sur des chaînes de télévision camerounaises s’est résolu à apporter un second son de cloche. Ce citoyen de la diaspora camerounaise démontre (document intégral à l’appui) que si Paul N’Gouah Beaud n’accuse pas Messanga Nyamding de plagiat, c’est parce que les deux « amis » ont plagié une thèse de doctorat présentée et soutenue publiquement le 16 novembre 1996 par Jörg Gerkrath, pour l’obtention du doctorat de l’université Robert Schuman de Strasbourg, nouveau régime.

La thèse de l’enseignant-chercheur né en Allemagne (qui a fait ses études de droit en France), aujourd’hui professeur de droit public à l’université du Luxembourg (Faculté de droit, d’économie et de finance) et professeur agrégé de droit public des Facultés de Droit en France depuis septembre 2000, est intitulée« l’émergence d’un droit constitutionnel européen. Modes de formation et sources d’inspiration de la Constitution des communautés et de l’Union européenne ». Cette thèse a été publiée sous forme de livre en 1997 aux Editions de l’Ulb, à Bruxelles.

Au sujet de sa relation avec Paul N’Gouah Beaud, attaché d’enseignement et de recherche (Ater) à l’université des Antilles et de la Guyane (au moment de la publication de son article, en 2002), Messanga Nyamding a déclaré : «C’est un compatriote [originaire du département de l’Océan, ndlr] et, en même temps, un frère. Lui et moi avons cheminé ensemble et relisions mutuellement nos articles. Il ne peut pas le contester: cet article est le mien ! Posez-vous la question de savoir pourquoi Paul n’a pas porté plainte contre moi pour dénoncer ce que les conspirateurs appellent plagiat ? J’attends impatiemment qu’on me démontre scientifiquement que je l’ai plagié».

En rappel, selon le dictionnaire wikipédia, « Le plagiat est une faute d’ordre moral, civil ou commercial, qui peut être sanctionnée au pénal. Elle consiste à copier un auteur ou accaparer l’œuvre d’un créateur dans le domaine des arts sans le citer ou le dire, ainsi qu’à fortement s’inspirer d’un modèle que l’on omet, délibérément ou par négligence, de désigner. Il est souvent assimilé à un vol immatériel. Le « plagiaire » est celui qui s’approprie indûment ou frauduleusement tout ou partie d’une œuvre littéraire, technique ou artistique (et certains étendent ceci – par extension – à un style, des idées, ou des faits). Le plagiat diffère de l’art du pastiche, qui consiste à imiter ou à calquer les codes ou les figures d’expression d’un auteur, dans un but d’ironie, d’humour ou de dérision ».

La rédaction de Mutations reste ouverte à toute contribution, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne, pour nourrir le débat en cours. L’objectif n’étant que la manifestation de la vérité dans cette affaire qui promet en rebondissements.

Wamba Sop pour Mutations

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