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Rdpc : Le mandat de Paul Biya s’achève aujourd’hui

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Alors qu’aucun congrès ne pointe à l’horizon, l’éventualité d’une réunion d’adoubement du bureau politique est évoquée avec insistance. Le mandat du président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) sera échu ce 15 septembre. Au-delà de cette date, certains critiques, au sein même du parti au pouvoir, s’activent déjà pour contester, sans doute plus bruyamment qu’avant le dernier congrès ordinaire, tenu voici 5 ans à Yaoundé, la légitimité de paul Biya. Il est pourtant loisible de constater qu’à ce jour, aucun prémisse de préparatifs de cette instance délibérative et de décisions n’est perceptible au niveau du comité central.

Au lendemain du tête-à-tête du 8 août dernier entre le leader de la formation et le secrétaire général du comité central, Jean Nkuete, des spéculations avaient fait état de l’imminence de ce conclave, que certains allèrent même jusqu’à annoncer à Douala. Il n’en sera manifestement rien, aucun dignitaire, parmi ceux interrogés par votre journal, n’ayant reçu de carton d’invitation à ce jour. Il est tout aussi vrai que le sommet du Rdpc, parti légaliste s’il en est, a habitué ses militants ainsi que les observateurs aux équations à mille inconnues.

On se souvient ainsi qu’avant le congrès de septembre 2011, le mandat des membres du bureau politique et du comité central était forclos depuis de longs mois. Face à cette nouvelle énigme, et selon des sources introduites, il n’est pas exclu que paul Biya convoque l’article 18 des statuts du parti qui stipule que «le congrès définit l’orientation politique, économique, sociale et culturelle ainsi que le cadre général de l’action du parti. Il se tient tous les cinq ans. Toutefois, en cas de nécessité, cette période peut être abrégée ou prorogée par le bureau politique».

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Les mêmes textes prévoient la possibilité d’un congrès extraordinaire sur convocation du président national ou, en cas de force majeure ou d’empêchement, du bureau politique présidé par le doyen d’âge.

Le climat au sein même du Rdpc, faut-il le souligner, est aujourd’hui marqué par plusieurs courants idéologiques contraires, avec en embuscade le fameux «G18», un groupe sans visage mais dont tout le monde parle. On lui prête ainsi, en cas de congrès ordinaire, l’intention d’investir les organes dirigeants du parti dans la perspective de la présidentielle de 2018.

D’où, sans doute, le souci d’une hiérarchie omnipotente de réunir simplement le bureau, ainsi que cela est déjà intervenu plusieurs fois, avec pour principal point à l’ordre du jour d’adouber le président national sans risque de confrontation comme cela pourrait se produire lors d’un  congrès.

Considéré comme la tête de file des  frondeurs du Rdpc, Saint Eloi Bidoung a sa petite idée sur la question : «Le président national est très préoccupé par l’éventualité d’une présidentielle anticipée, compte tenu des velléités de concurrence au sein du parti. Il serait dès lors inopportun, pour Paul Biya, d’organiser un congrès, d’abord parce qu’il peut se faire battre, mais aussi parce que de gros caïmans sont tapis dans les berges de la formation.

Pourquoi donc engager une bagarre qui, à la fin, pourrait s’avérer inconvenante pour lui ?» pour le non moins adjoint au maire de Yaoundé 6, l’application de l’article 18, sous la forme d’une mise en  scène, «est imminente».

Félix C. Ebolé Bola

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