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#RCA – La #France responsable du Genocide en cours en Centrafrique

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La mise sur pied d’un ordre institutionnel et même la reconstitution de l’armée nationale n’ont rien apporté. Tout comme la force internationale de maintien de la paix, qui fait montre d’impuissance.I- La situation va de mal en pire

Le 5 février 2014, alors que la Présidente de la transition de la Centrafrique, Catherine Samba-Panza venait de présider la cérémonie de reconstitution des Forces armées et police de la Rca, un homme a subi la justice populaire jusqu’à ce qu’il passe de vie à trépas, sous le regard des éléments des forces internationales de maintien de la paix que dirige sous cape, le commandant de l’opération Sangari sous le couvert de la Misca.

L’image a fait le tour du monde. Selon le reporter, les populations chrétiennes l’auraient identifié comme un ancien militaire de l’armée centrafricaine qui a rallié la Séléka pendant la crise qui a plongé ce pays dans le chaos et voulait regagner les rangs en se faisant une nouvelle virginité. Cette image a laissé pantois, des millions de téléspectateurs qui continuent à se demander quel est le rôle exact des forces internationales de maintien de la paix que constituent les 5 500 soldats des Forces africaines (Misca) et les 1 500 soldats français de l’Opération Sangari. Lorsqu’on sait que dans chacune de leur déclinaison, il y a le mot «interposition». Une interposition qui n’est toujours pas perceptible.

Or selon la résolution 21-27 du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Misca, Force de l’Union africaine engagée en République centrafricaine et qu’appuie la Force française Sangari, vise au premier chef, à protéger les civils et à mettre fin aux violences. Mais comme le dénonce I ‘Ong Amnesty International, dans un communiqué du 12 février 2014, la Centrafrique connait un nettoyage ethnique et des violences inter religieuses, les soldats de la force internationale de maintien de la paix n’ont pas réussi à empêcher le nettoyage ethnique des civils musulmans dans l’Ouest de la République centrafricaine.

Amnesty International a critiqué l’action trop timorée de la communauté internationale, en notant que les troupes internationales de maintien de la paix se montrent réticentes à faire face aux milices anti-Balaka et ne sont pas assez réactives pour protéger la minorité musulmane menacée. Une récente sortie du commandant de l’Opération Sangari, le Général français Francisco Soriano, affirme que l’escalade actuelle est menée par les anti¬Balaka, qui se montrent très peu conciliants. Au point de devenir les principaux ennemis de la paix en Centrafrique.

C’est pourquoi Amnesty international demande que les Forces internationales de maintien de la paix doivent réagir énergiquement en faisant barrage aux milices anti-Balaka et en déployant des troupes en nombre suffisant dans les villes où les musulmans sont menacés. Puisqu’au cours des dernières semaines, de la centaine de témoignages de première main recueillies sur les attaques de grande ampleur menées par les anti-Balaka contre des civils musulmans dans les villes de Bouali, Boyali, Bossembélé, Bossemptélé et Baoro, dans le Nord-Ouest de la République centrafricaine, les troupes internationales étaient absentes lors desdites attaques, laissant les civils sans protection.

De ce début du mandat de la transition que préside Mme Samba Panza, l’attaque la plus meurtrière répertoriée par Amnesty International s’est déroulée le 18 janvier Bossemptélé. Elle a fait plus de 100 victimes parmi la population musulmane, dont des femmes et des vieillards, notamment un imam d’environ 75 ans. Ce qui entraîne un exode sans précédent des musulmans. Et déjà, les Forces internationales se sentent bousculées. Le chef de la force africaine en Centrafrique (Misca), le Général camerounais Martin Tumenta Chomu, a indiqué lui aussi, samedi, que des hors-la-loi et les bandits» trouveront en face d’eux les forces de la Misca pour mettre un terme à leurs agissements.

II- La France perd la face

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Conscient que cette situation écorne l’image de la France qui est considérée comme le pyromane qui a mit le feu aux poudres, et qui revient jouer les sapeurs-pompiers pour éteindre le feu, le Gouvernement Hollande fait des pieds et des mains pour ramener la situation à la normale. Mais, le feu qu’on avait souhaité voir brûler un pan de l’édifice Centrafrique a fini par se propager rendant la situation chaotique. Au point que le France est contrainte d’appeler au secours l’Onu et sa force Onusienne ainsi que l’Europe pour qu’elle constitue une force européenne.

Seulement, c’est deux partenaires sont entrain de traîner le pas. Une situation qui oblige le Président de la République française, François Hollande d’effectuer un voyage officiel aux Etats-Unis pour rencontrer son homologue, Barack Obama pour qu’il apporte tout son soutien aux efforts de la France afin de mettre fin cette crise qui vire progressivement au génocide. Car, l’escalade de violence continue et chaque jour, la Centrafrique enregistre des victimes de cette guerre aux allures ethnico-religieuses. Opposant les chrétiens anti-Blaka (qui comptent dans leurs rangs de nombreux anciens membres des Forces armées centrafricaines (Faca) ainsi que des fidèles de l’ancien président François Bozizé) aux musulmans qu’on dit constituer majoritairement la rébellion Séléka.

Rébellion qui est à l’origine de la violence, la haine et l’instabilité en Centrafrique. Conséquence directe de la crise qui a débuté en décembre 2012, lorsque cette Séléka, très majoritairement musulmane, a lancé une offensive armée qui s’est terminée par la prise du pouvoir en mars 2013. Marqué par le départ du pouvoir du président François Bozizé. Après avoir dirigé ce pays pendant près de dix mois, au cours des¬quels les forces de la Séléka ont commis des massacres, des exécutions extrajudiciaires, des viols, des actes de torture et des pillages, et ont incendié et détruit de nombreux villages chrétiens, la situation s’est inversée en décembre 2013 sous fond de vengeance.

En attendant que ces démarches portent les fruits escomptés avec l’arrivée de ces deux forces internationales supplémentaires (Onusienne et européenne), la France se contente de condamner avec la plus grande fermeté l’acte de cruauté dont a été victime cet homme, lynché publiquement, le 5 février 2014. Tout en réitérant que la reconstruction des forces de sécurité centrafricaines doit être fondée sur le respect le plus strict du droit humanitaire international, des Droits de l’homme et du devoir de protection des civils.

Pour l’action diplomatique, Le ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius s’est rendu, une fois de plus, le 7 février en République centrafricaine pour y rencontrer Catherine Samba Panza, Chef de l’État de transition. Et dans les prochains jours, c’est le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, qui devra s’y rendre. Au sortir de cette rencontre, des mots et rien que des mots, puisqu’il a déclaré que la France ne tolérera aucun acte qui soit attentatoire à la dignité humaine et aux valeurs fondamentales qu’elle défend par son intervention militaire en République centrafricaine. Et à apporter son soutien à la décision de la présidente Samba-Panza d’ordonner une enquête, afin que les auteurs des violences du 5 février à Bangui soient identifiés et répondent de leurs actes devant la justice.

Et pour laver son honneur, Laurent Fabius va affirmer qu’en Centrafrique, l’intervention de la France s’est faite à la demande de l’Onu et de l’Afrique, avec l’appui de l’Europe, dans le but d’éviter l’implosion de tout un pays avec un risque de génocide. Et de réitérer que d’ici quelques mois, une Opération de maintien de la paix de l’Onu devrait pouvoir prendre le relais, appuyée pour l’essentiel par les troupes africaines. Dans un délai toujours incertain. Ce qui laisse planer de sérieuses inquiétudes sur la situation humanitaire.


 Mathieu Nathanaël Njog

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