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RCA – Cameroun : voyage infernal d’’enfants affamés

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Reportage à Timangolo, dans un camp de réfugiés centrafricains situé à l’est du Cameroun

Assise à même le sol, Amina et sa petite sœur attendent leur tour pour passer en consultation chez le médecin. Elles sont à leur deuxième jour sur le site des réfugiés de Timangolo, situé à l’Est du Cameroun. Centrafricaine originaire de Bossambélé (nord-est), Amina est arrivée au Cameroun en mars dernier. «Mes parents ont été tués au commencement de la guerre. Les anti-balaka sont venus chez nous et les ont égorgés. Ma sœur et moi avons fui. Dehors, nous avons vu d’autres personnes qui fuyaient et les avons suivis. Nous avons marché à pied dans la forêt pendant des jours et des jours avant d’arriver au Cameroun», raconte, émue, Amina.

Brusquement, elle arrête de parler et pose un long regard sur Aïcha, sa petite sœur qui semble avoir sept à huit ans. Elle est toute maigre. Malgré son vêtement, on peut apercevoir ses côtes qui se dessinent sur sa poitrine. «La maladie de ma sœur a commencé pendant qu’on fuyait. On n’avait rien à manger. Elle a commencé à maigrir jusqu’à ce qu’elle ne puisse même plus marcher», ajoute Amina. La jeune fille qui s’exprime uniquement en Sango, l’un des dialectes local de la République centrafricaine, dit ne pas savoir son âge.

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Aïcha souffre de malnutrition sévère. Beaucoup d’autres enfants, réfugiés centrafricains rencontrés sur le site de Timangolo souffrent d’ailleurs de malnutrition. «La plus grosse affluence d’enfants malnutris a eu lieu en mars de cette année à la suite des affrontements en République centrafricaine entre la Séléka (milices musulmanes) et les anti-balaka (milices chrétiennes). Certains ont marché pendant de longues semaines avant d’arriver ici. Les réfugiés sont arrivés en très mauvais état de santé et nous avons rapidement mis en place un mécanisme de réponse», explique à l’agence Anadolu Peggy Pentshi-à-Maneng, la chef de bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) de la région de l’Est Cameroun.

Sur les 6000 réfugiés que comptait le site de Timangolo en août 2014, les statistiques du HCR disent que «97% sont des musulmans et 57% sont des enfants». Plus de la moitié de ces enfants arrivent sur le site souffrant de malnutrition. Toutefois, ces cas de malnutrition sont immédiatement pris en charge dès leur arrivée et l’état de santé s’améliore relativement vite. «Le dépistage des cas de malnutrition est fait dès les points d’entrée des réfugiés sur le territoire camerounais. Les cas de malnutrition sévère avec complication sont transférés par ambulance à l’hôpital de district», explique Pentshi-à-Maneng, soulignant que des suppléments alimentaires sont donnés à ces enfants en plus des soins médicaux pour en finir avec la malnutrition.

Anne Mireille Nzouankeu

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