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Qui sont ces informateurs du président ?

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Depuis son accession à la magistrature suprême, le 06 novembre 1982, Paul Biya a mis en disgrâce plusieurs de ses ministres, directeurs généraux grâce aux fiches de renseignement qui lui sont parvenues au sujet de leurs malversations.

Paul Biya aurait-il assimilé les consignes d’un colon données à ses frères qui venaient le remplacer dans une colonie africaine ? La plupart des chefs d’Etat africains traitent leurs peuples de la même manière. Toute chose qui démontre que l’Afrique reste et demeure sous l’emprise de l’Occident. En Afrique et avant les indépendances, le pouvoir colonialiste était dirigé par les gouverneurs occidentaux assistés des indigènes. C’est dans cette collaboration que les colons ont constaté que les peuples noirs se mangent comme des animaux de la forêt. Dès lors, les Français qui dirigeaient l’Afrique ont compris que les meilleurs renseignements qu’ils pourraient avoir des noirs proviendraient de leurs frères noirs.

Des tensions dans les relations qui ont favorisé des divisions, des trahisons, des rancoeurs et la concurrence. Les indigènes dans leur asservissement par le blanc se mettaient à trahir leurs frères pour être bien vus aux yeux du colon. Ce qui a permis à certains de se retrouver gouverneur, préfet, patron de la police coloniale, grands chefs des tribus etc. Au Cameroun et au sein du régime en place, les meilleurs informateurs de Paul Biya sont les Camerounais ressortissants des mêmes localités que ses ministres et directeurs généraux. Beaucoup ont été remplacés à leurs postes par leurs frères grâce aux bulletins de renseignement remis au chef de l’Etat.

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Du haut de leur piédestal, les personnalités de la République ont été abattues en plein vol. Assidu élève de Machiavel, le président de la République compte parmi les sages du continent africain grâce à son génie dans la gestion d’un pays de 252 ethnies reparties dans les 475.000km2 sur une population avoisinant 20.000.000 d’habitants. Dans son actif, aucune guerre civile, ni tribale, pas de razzias, aucun attentat contre une personnalité de la République, pas d’embargo sur le Cameroun, etc. Cependant, les problèmes de leadership politique alimentent les conflits internes au sein du gouvernement, ce qui suscite des trahisons. Le seul destinataire des informations étant le chef de l’Etat.

Sa tactique consiste à nommer quelqu’un à un poste et le remplacer par son frère de la même localité d’où parfois les suspicions de coups-bas qui à leur tour entraînent des règlements de compte entre frères et sœurs d’un même département.

Quelques cas de rotations à certains postes du pays par les personnalités d’une même localité

  • Département de la Mvila : Après la chute de Pierre Désiré Engo, ancien directeur général de la CNPS, son frère Jacques Fame Ndongo a connu une montée en puissance au sein du régime – Dans le Dja et Lobo Le déclin d’Ebo’o Essiane Clément, ancien directeur des douanes, a profité à Gervais Mendo Ze devenu directeur général de la CRTV
  • A Zoétélé : Après la chute d’Abah Abah et Remy Zeh Meka, Alain Edgard Mebe Ngo’o a eu le vent en poupe – Dans le Mfoundi La déchéance de Titus Edzoa a profité à Charles Etoundi Borromée alors que les deux frères avaient des antécédents de moeurs. La chute de Jean Marie Atangana Mebara a profité à Michel Zoah.
  • Au Nord-ouest : Atanga Nji Paul est entré dans le gouvernement grâce à son hostilité au Chairman du SDF… etc.

Comme pour dire que selon machiavel : « Pour mieux régner, il faut diviser ».

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