Yaoundé. Le cageot qui coûtait 5000 F.Cfa est désormais taxé à 15000 F.Cfa. Marché du 8ème ce 8 octobre 2015. Il est plus de 11h. Ce grand point de vente en gros et en détail des vivres frais grouille de monde.

Dans un embouteillage généralisé, chacun essaye de se frayer un chemin. Installés derrières leur comptoir, des commerçants font des appels de balle à tous les passants. Marthe, la trentaine sonnée, fait partie de ceux-ci. Elle vend des oignons.

Fatiguée de crier, elle s’est assise sur un tabouret et somnole. C’est l’arrivé d’un client qui va finalement la faire sortir de son inertie. «C’est 500 et 1000 F.Cfa le tas d’oignon », indique-t-elle soudainement à celle qui vient de la réveiller. Ceci en pointant du doigt les différents tas d’oignons disposés sur un étal à même le sol. «Je vends aussi en sac, le sac de 120 kg coûte 70 000 F.Cfa et le cageot coûte 15 000 F.Cfa », informe Marthe à sa cliente. 
Celle-ci trouve que les prix sont très élevés et décide de s’en aller. « C’est comme ça depuis 6h que j’ai installé ma marchandise. Chacun vient demander les prix et s’en va sans rien acheter », se plaint la marchande. Elle reconnait qu’en réalité, le sac d’oignon de 120 kg qu’elle vend à 70 000 F.Cfa était vendu il y a encore quelques entre 30 000 et 25 000 F.Cfa. Et le cageot qu’en à lui coûtait 5000 F.Cfa.


Selon la commerçante, si l’oignon a autant augmenté de prix, c’est à cause de sa rareté sur le marché. « L’oignon que nous vendons actuellement c’est l’oignon blanc. Il provient de la région du Nord et de l’Extrême-Nord. Pour l’instant les prix on vraiment grimpés parce que c’est la période morte de cette variété. Ceux qui sont vendus sur le marché actuellement sont des excédants de récolte que les paysans avaient gardé dans leur grainier », déclare Ousmanou un autre commerçant.

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Il informe qu’à présent, se sont les oignons rouges appelé « Sagari » qui sont entrain d’être cultivés; et ne pourront être consommable qu’entre la fin du mois de décembre et le début du mois de janvier 2016. « La saison de récolte des oignons blanc est entre mars et avril. Actuellement c’est le Sagari qu’on cultive. Sauf qu’il n’est pas autant bon que l’oignon blanc…C’est tout le monde qui souffre de cette situation parce qu’on dépense énormément pour acheter la marchandise mais on ne voit pas de bénéfice en retour », s’insurge le vendeur.

L’oignon du Maroc

Non loin du comptoir de Ousmanou et de Marthe, un camion vient de garer. Des jeunes hommes accourent pour ouvrir sa mal-arrière. Une fois ouverte, l’on peut apercevoir des lots de filets d’oignon sur l’étiquette que porte chaque paquet, l’on peut lire « zwiebeln oignons » ou encore « Jonika ». Selon les informations reçues ici, il s’agit là des oignons importés du Maroc.

Cette cargaison vient ainsi combler l’insuffisance d’oignon sur le marché apprend-on. « Le filet de l’oignon Maroc coûte 15 000 F.Cfa. Il est davantage difficile à vendre parce qu’il n’est pas beaucoup apprécié des clients qui le trouve trop dur. On va faire avec en attendant », déclare Issa un grossiste.

Dans certains ménages par contre, l’on a plutôt décidé de se passer de ce condiment pourtant réputé, non seulement pour la bonne saveur qu’il apporte à nos plats, mais surtout pour sa richesse en nutriments dont le corps humain a besoin.

« L’oignon est devenu trop cher. L’on se plaignait du prix de la tomate qui a augmenté mais là vraiment c’est exagéré. J’ai décidé de ne plus en consommer jusqu’à ce que les prix baissent. Si les prix de tout grimpent sur le marché jusqu’aux condiments, je crains que très bientôt plusieurs familles se retrouvent dans l’incapacité de se nourrir », déclare une Brigitte Etoundi, une ménagère.