L’un des buts essentiel de la privation de la liberté est de sanctionner le coupable pour le crime commis. Mais quand ici le supposé coupable n’a commis aucun crime, que le délit pour le quel il est condamné n’est pas fondé, et que la privation de sa liberté n’est pas prononcé dans le but de sanctionner mais pour « punir », « neutraliser » l’individu cela devient de la torture. La torture étant par définition l’utilisation volontaire de la violence(physique ou psychologique) pour infliger une souffrance à un individu.l’isolement, la privation de contacts sociaux sont quelques une des caractéristiques de cette torture psychologique ou torture blanche ou torture propre. Condamné pour un détournement fictif dont ses bourreaux jusqu’ici n’apportent aucunes preuves, la privation de liberté de Marafa contrairement à un prisonnier de droit commun n’a pas pour but de le faire payer pour son crime mais a été prononcée pour le neutraliser, briser son élan, et réduire l’individu. Mais dès les premiers instants de sa condamnation, il dévoile très vite son état d’âme en annonçant « je suis déçu mais pas vaincu » car « victime d’accusations calomnieuses notamment parce que porteur d’un projet politique pour le Cameroun ». Cette invincibilité l’a poussé malgré sa détention à Nkondengui puis dans les cellules du SED, à retrouver son esprit libre, à continuer à être un élément perturbateur de la quiétude de ce régime, en dévoilant à travers ses lettres les nombreuses affaires d’état et démystifiant son ancien patron. Ses nombreuses sorties dans les quotidiens nationaux et internationaux, la parution de son livre sont quelques éléments qui montrent la volonté de cet homme de se battre jusqu’au bout et de ne pas se laisser écraser par la seule volonté de ce géronte despote que le temps érode sans ménagement. Le clan s’attendait à voir un Marafa fragilisé, déstabilisé,dépité, éploré, appelant Dieu à l’aide. Surpris par sa capacité à rebondir et à cristalliser l’opinion, nonobstant les difficultés, Marafa est désormais perçue comme une menace pour la survie de ce régime. Quand la privation de liberté ne suffit plus pour faire plier l’indomptable Marafa, il faut procéder autrement. il faut l’affaiblir mentalement et une des pistes explorée par ce sadique master est celle de la dévitalisation. En le coupant d’une pièce essentielle de son dispositif. C’est ainsi qu’une horde de sbires a été envoyée en mission du coté du quartier de golf (Yaoundé) afin de le couper de cet important maillon qu’était sa secrétaire. Mission funeste accomplie car ces hommes sans cœur d’une brutalité extrême ont laissé derrière eux le corps sans vie d’une citoyenne, d’une femme, d’une sœur, d’une mère, la langue pendante et privant du coup Marafa de cette cheville ouvrière de son dispositif et véritable «banque de données» qu’était Christiane Soppo Mbango. Tout un tas d’autres ingrédients sont mêlés à la sauce comme le refus d’accès à ses avocats, la non examination de son pourvoi en cassation introduite depuis 3ans, l’isolement en détention, le refus de visite de sa famille au Cameroun etc,… Tout ceci ne renforçant que l’idée selon la quelle Marafa n’est pas un prisonnier ordinaire il est prisonnier à cause de sa volonté pour l’alternance à la tête de l’État, Marafa est le prisonnier de Biya . Que tous ceux qui ont encore des doutes sur ce fait puissent s’interroger sur ce tsunami de mesures drastiques à son encontre car la détention n’est pas la mort et les détenus ont aussi des droits promulgués par notre administration pénitentiaire. Le dernier fait marquant de ce complot est le refus des autorités de permettre à Marafa de rencontrer sa fille. Pendant plus d’un mois en séjour au Cameroun, Marafa et sa fille ne se sont presque pas rencontrés à cause de ce document officiel « permis de communiquer » que n’a pas pu obtenir la fille de marafa . Comment expliquer ceci si ce n’est une volonté de briser psychologiquement l’indomptable Marafa ! Comment comprendre ceci alors que Marafa en a fait la demande auprès du parquet du TCS habilité à le délivrer .quel intérêt peut avoir l’administration de ne pas permettre une communication entre un détenu et sa fille si cela ne relève pas de la torture? Face à l’hibernation de la situation, même les correspondances adressées à Jean Baptiste Bokam et à Laurent Esso ne solutionneront pas le problème. Il faut voir dans ce scenario, une incapacité pour le parquet du TCS, le secrétaire d’État à la défense chargé de la gendarmerie, le ministre de la justice, de prendre une quelconque initiative sur le cas Marafa car il n’est pas un prisonnier comme les autres c’est le prisonnier de Paul Biya et tout ce qui touche à marafa est du domaine privé du président de la république. Nous avons vu récemment que c’est sur les hautes instructions de Paul Biya que l’ambassadeur des USA lui avait rendu visite au SED et c’est très souvent après avis de ce dernier que Marafa est extirpé de sa cellule pour les divers centres hospitaliers. Arrivée au Cameroun le 08 août dernier c’est à dire dans la semaine où le Vieux préparait ses bagages pour l’Allemagne,le moment était mal choisit pour devoir le perturber avec cette autorisation de permis de communiquer. Et comme le vieux est parti sans laisser de consigne, il était donc claire que cette entrevue ne devait pas avoir lieu et malgré l’insistance de Marafa, personne ne voulait pour une question de permis de communiquer, ajouter une pression supplémentaire aux nombreux soucis du Nnom Ngui malade, dépassé par l’incompétence de ses ministres, «chauffé » par Boko Haram et autres conflits sociaux. d’Ailleurs les fonctionnaires qui ont permis pour quelques minutes à la fille de voir son père se sont fait remontés les bretelles par leur hiérarchie. Une autre preuve de cette torture est le fait que cela fait trois ans que la cour suprême n’examine pas son recours et ceci d’une part parce que l’État n’a pas d’argument juridique et de preuves fondées pour le condamner et d’autre part parce que Mekobe Sone n’a pas encore reçu via le secrétariat général de la présidence et le ministre de la justice, les hautes instructions et la volonté du chef de l’État c’est la raison pour laquelle il ne peut prendre une telle initiative.Comment comprendre que les avocats de Marafa formellement identifiés et identifiables ne puissent pas rencontrer leur client? C’est l’occasion pour nous d’affirmer haut et fort, que rien et rien ne peut Briser et entamer la détermination de cet Homme qui a accepté de mettre de coté ses privilèges et d’affronter avec dignité la justice de son pays car il aurait pu se choisir un autre destin. Même pas cet acharnement sur sa personne ne brisera son mental car c’est en homme apaisé, avec une conscience tranquille de n’avoir rien à voir avec ce qui lui est reproché, qu’il passe et utilise au mieux ce temps derrière les barreaux afin échafauder à l’instar de sa dernière sortie médiatique des stratégies pour sortir le Cameroun de cette misère. Toutes ces tortures et tracasseries, Mandela les ont subies. Le vent souffle, la mer s’agite mais le Baobab et indomptable Marafa ne tombe et ne tombera pas.