Psycho

Psycho : c’est quoi la colère ? la réponse de notre psy

Imaginons un instant cette scène, vous marchez dans la rue et quelqu’un sans raison logique vous bouscule et vous piétine dans la foulée, et continue son chemin sans se retourner ! Vous pensez directement « quel salaud ! », et à partir de cet instant, on peut déjà imaginer la trajectoire que suivra votre colère ; surtout si cela est suivi par : « c’est pas possible de se comporter comme ça, il aurait pu me renverser !! Il ne va pas s’en aller comme ça ! ». De cette façon, votre corps va se préparer au combat, votre rythme cardiaque s’accélère, vous tremblez et les muscles de votre visage vont se crisper. Vous aurez envie de lui donner une bonne raclée. A ce moment là, la colère aidant vous perdez le contrôle de la situation, quelqu’un d’autre pourra faire les frais de votre colère, quelqu’un pourrait être blessé et vous n’êtes plus loin de l’hypertension.

C’est quoi la colère ??
C’est une émotion subite à caractère agressif qui se manifeste par une forte agitation gestuelle et verbale, parfois incontrôlable. En général, elle apparait face à l’incapacité de l’individu à dominer des situations qui sont source de frustration. Nous avons tous –à un moment ou à un autre- ressenti de la colère, lorsque de manière symbolique une menace physique est dirigée contre notre amour-propre. C’est tout à fait normal, lorsqu’on se sent injustement traité, humilié ou insulté, on est en colère ; et souvent quand on ne peut affronter le sujet de sa colère, on déplace inconsciemment celle-ci sur des choses ou des êtres sans défense. Dans ce cas, ce sont les autres qui « paient les pots cassés » de notre colère. C’est donc une émotion qu’il faut apprendre à maîtriser parce qu’elle peut être destructrice pour celui qui la couve et pour les autres aussi.

Comment ça fonctionne ?

Tout se présente comme un fil rattaché à une bombe, plus il est consumé par la flamme, plus le temps qui nous sépare de l’explosion est court. Ex : Vous dites à votre fils de 3 ans : « dépose ça !! » ; lui il rigole en agitant dans tous les sens le verre que vous venez d’acheter en
disant : « c’est pour moi !! » ; vous criez de plus belle énervé, « c’est pas un jouet, dépose ça tout de suite ! », il ne le fait toujours pas, et net à ce moment, vous vous avancez vers lui, en vous voyant , il s’éloigne et bouscule le pot de fleur sur la table à côté de lui…le pot de fleur se casse, vous hurlez « viens ici !! », vous lui arrachez le verre des mains et , tout furieux, vous lui donnez une gifle qui lui laissera peut être un bleu. En fait, la colère se nourrit d’elle-même ; juste après le premier élément qui vous énerve, chaque pensée qui ira dans le même sens ne fera qu’augmenter l’intensité de celle-ci pour finalement arriver à la fureur. A ce niveau, on ne peut plus pardonner ou être raisonné, on ne mesure plus les conséquences de ses actes, les émotions ont pris le dessus sur notre raison. C’est ce qu’on appelle « l’incapacitation cognitive ». (Zillmann, 1993 cité par Goleman, 1995)

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Que faut-il faire ?

Tout d’abord, il faut être conscient de ce qui se passe en nous ; être attentif à nos émotions. Même s’il est vrai que la colère survient de manière brusque, son explosion n’est que la partie visible de l’iceberg; il y a toujours en arrière plan tout une machine en branle qui peut être stoppée. En effet, puisque c’est une action qui déclenche notre énervement, il faudrait arriver à stopper le flux de pensées qui suivent et qui augmentent la puissance de notre colère pour pouvoir apaiser cette dernière. Il s’agit d’introduire une information apaisante le plus tôt possible pour que la colère cesse de monter. De manière concrète, dans le cas du passant qui vous bouscule dans la rue par exemple, après la première pensée (c’est le bon moment pour renverser la vapeur) : « quel connard ! », vous vous dites plus tôt : « le pauvre, quand j’y pense, il a l’air complètement ailleurs…il doit avoir pleins de problèmes pour marcher comme ça… ». A ce moment, si vous y avez pensé tôt ; vous vous rendrez compte que vous venez désamorcer le compte à rebours de la bombe qui était en vous ; vous coeur ne va pas s’affoler et vous continuerez à vaquer à vos occupations. Cependant, pour que cette astuce marche, il faudra le faire le plus tôt possible, avant que la bombe explose !!

Vous pouvez aussi vous calmer sur un plan physiologique en attendant que la montée d’adrénaline passe dans un cadre paisible. C’est par exemple, aller prendre de l’air pendant une dispute ou encore aller marcher lorsqu’on a été profondément contrarié, bref trouver
une distraction assez « distrayante » pour permettre à la tension nerveuse de se relâcher ; mais aussi et surtout pour interrompre le flux de pensées agressives. Le but est d’arriver à penser à autre chose, regarder la télé, écouter de la musique sont des activités qui nous détachent de nous-mêmes ; et peuvent de manière efficace nous aider à nous calmer. Il faudra par compte éviter des loisirs centrés sur nous-mêmes comme la nourriture ou la couture qui vont plutôt nous amener à ruminer nos pensées hostiles. Plus facile à dire qu’à faire…

Dans la vie quotidienne, il est apparemment plus facile de laisser libre cours à sa colère que de garder son sang-froid ; c’est vrai que parfois tout et tous se mettent d’un commun accord pour nous mettre les nerfs à vif !! Même si dans certains cas, la meilleure option semble être de laisser exploser sa colère pour se sentir mieux ou pour obtenir une certaine réaction ; dans la plupart des cas, cela entretient plutôt notre mauvaise humeur. Il serait mieux de se calmer, et essayer de régler le conflit de manière posée. Au final, s’il est difficile d’éliminer la colère, il faudrait tout faire pour qu’elle n’ai pas le dessus sur nos actions …

Références :
-Goleman, D. (1997). L’intelligence émotionnelle. Comment transformer
ses émotions en intelligence. Robert Laffont :Paris.

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