Culture'Urbaine

Promotion musicale : Les cabarets ravissent la vedette aux médias

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De plus en plus, les artistes en herbe retournent dans les cabarets et autres espaces culturels comme par le passé pour se faire remarquer du public ou trouver un producteur. Il n’y a pas longtemps, le canal médiatique était la voie privilégiée pour atteindre ces objectifs. Samedi, 7 aout 2016. Il est 22 heures au lieu-dit chefferie d’Efoulan. Des sonorités du terroir accompagnées des instruments spécifiques à la forêt équatoriale tels que le Mvet ou les balafons invitent le passant à un détour. A quelques pas de là, entre deux habitations, règne une ambiance bon enfant. Une clameur qui monte de temps en temps entre deux habitations, conduit le visiteur à bon port. Bien venu au medjang club.

La bière coule à flot bien-sûr, mais ce qui semble attirer le plus  c’est le chanteur qui, à coups de déhanchements, essaye de captiver les spectateurs. Quelques applaudissements ou des billets de banque, récompensent parfois ses efforts. En attendant les artistes confirmés, «guest stars» de la soirée, des artistes en herbe se succèdent sur scène. Ils sont tous méconnus du grand public mais rivalisent d’adresse et de talent pour séduire les spectateurs. L’image est presque la même dans la plupart des cabarets de la ville de Yaoundé. «Ce que j’apprécie en ces lieux, c’est qu’on découvre de nouveaux artistes tous les jours et la majorité chante bien. Ça nous change un peu des mêmes visages », confie Angèle Itong en esquissant quelques pas de danse de la jeune artiste B-light à qui elle promet un bel avenir. Comme B-Light, beaucoup de jeunes artistes misent de plus en plus sur le public de cabaret qu’ils jugent réceptif.

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«Je suis à mon premier album sorti en 2012. Au départ, je prospectais moi-même, je faisais même du porte à porte pour faire la promotion de mon disque. Je me suis dit pourquoi ne pas prester aussi dans les cabarets. Cela pourrait être bénéfique. Et ça marche plutôt bien», explique B-Light. Mais prester dans un cabaret ne se fait pas au prix de rien. «Nous accueillons tous les  artistes qui cherchent une plateforme pour se faire connaître, parce que c’est aussi ça le rôle des cabarets qui sont des tremplins pour les nouveaux artistes. Pour ceux qui font leur promotion, nous déduisons un pourcentage sur les disques vendus et pour ceux qui cherchent juste la visibilité, nous avons d’autres mécanismes», explique le responsable d’un cabaret à Yaoundé qui a requis l’anonymat.

Médiateurs culturels

Outre la quête de visibilité, les artistes se rapprochent très souvent des animateurs radios qui se prennent pour l’occasion comme des experts en communication culturelle et manager de circonstance. Exigeant parfois qu’on cite leurs noms dans les chansons. Selon la réglementation en vigueur au Cameroun, les médias locaux ont l’obligation de diffuser au moins 70% de contenu local. Malheureusement, sur les antennes et les ondes, c’est le contraire. Les stations de radios et de télévisions les plus suivies diffusent à longueur de journée des musiques d’ailleurs. Les promoteurs de radios évoquent la précarité qui empêche les artistes en herbe de payer la promotion de leurs œuvres. Ils préfèrent programmer en boucle des musiques étrangères. En matière de promotion des œuvres musicales, les artistes manquent de médiateurs qui devraient avoir pour rôle de les accompagner dans le processus d’intégration en milieu professionnel et dans les réseaux internationaux.

© Baromètre : Valdèze Tafock

 

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