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Kousseri : 500 prisonniers en grève de la faim

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Ils disent vivre dans des conditions insupportables. Les 500 prisonniers que compte la prison principale de Kousseri, dans le Logone et Chari, ont déclenché une grève de la faim le 20 novembre 2014.

Ce jour, les détenus ont tout simplement refusé de s’alimenter, à la grande surprise de leurs geôliers. Leurs revendications tournent essentiellement autour du «traitement inhumain» dont ils sont l’objet. «Les repas que nous mangeons ici sont de mauvaises qualités. Les porcs sont nourris mieux que nous. Ce n’est pas parce que nous sommes privés de liberté que nous devons être traités ainsi», regrette un détenu. Outre la qualité de la nourriture, les détenus se plaignent des fortes odeurs émanant des toilettes vétustes, et qui rendent la prison invivable.

Cette situation est surtout due à la surpopulation et à la promiscuité extrême qui règnent dans cette unité carcérale. La prison principale de Kousseri a été construite à l’origine pour 150 places, elle accueille aujourd’hui plus de 500 personnes. «Même nos visiteurs se plaignent des odeurs et ne restent plus longtemps avec nous», poursuit un autre détenu, interné ici depuis quatre mois. Les détenus dénoncent également la qualité du suivi médical, alors même que la maison d’arrêt dispose du moins officiellement d’un médecin assisté de deux infirmiers.

Informé de la situation, le préfet du Logone et Chari, Albert Mokondane Obounou, est descendu sur le terrain pour écouter les doléances des prisonniers. Au bout d’une heure d’échanges, le chef de terre a rassuré les prisonniers quant à l’amélioration de leurs conditions de détention, avant de partager avec eux des boissons gazeuses, en toute convivialité.

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Approché, le délégué régional de l’Administration pénitentiaire, l’administrateur général des prisons Emmanuel Ngue, confirme que les détenus revendiquaient des repas en quantité et en qualité. «Il faut dire que dans toutes les prisons du Cameroun, il y a eu une baisse de crédit de l’ordre de 40 %. Nous avons saisi la hiérarchie et Dieu merci, la situation a été aussitôt maîtrisée. Mais le temps pour les responsables de mettre les choses en place, les prisonniers n’ont pas attendu pour exprimer leur mécontentement», a expliqué le délégué régional. Et Emmanuel Ngue de poursuivre : «Il faut noter que la tension est montée d’un cran parce que j’ai instruit au régisseur de suspendre les corvées à cause de l’insécurité qui prévaut dans notre région. En ce qui concerne le surpeuplement, j’avais déjà pris une note de service pour décongestionner la prison de Kousseri pour celle de Makary qui ne compte que 05 prisonniers.

Au vu de tout ce qui s’est passé, j’ai recommandé au régisseur de Kousseri de faire un transfèrement logique sans que les auteurs de la grève ne soient réprimés ou marginalisés». Depuis le passage du préfet du Logone et Chari dans cette maison d’arrêt crée vers 1950, le calme est revenu. En dehors des Camerounais, 65 Tchadiens, 28 Nigérians, 03 Centrafricains, 02 Nigériens, et un Soudanais sont détenus dans cette maison d’arrêt. Ils sont encadrés par 41 agents de l’administration pénitentiaire sous la responsabilité du régisseur Jean Fernand Evoung Ahanda. L’arrivée de la saison sèche devrait permettre très prochainement le transfèrement de 50 à 100 détenus, afin de décongestionner la prison principale de Kousseri..

© L’Oeil du Sahel : DAVID WENAÏ

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