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Presidentielle 2018 : Issa Tchiroma adoube aussi Paul Biya

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Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) a enclenché il y a peu sa grosse escroquerie politique ficelée autour des appels incessants à candidature de leur président national, Paul Biya, à se représenter à l’élection présidentielle de 2018.

La mécanique entraine un engrenage de départements en départements, de régions en régions, et même d’une personnalité de la République à une autre. Dans la foulée de ces appels, Issa Tchiroma Bakary, le ministre de la Communication et par ailleurs président du Front pour le salut national du Cameroun (Fsnc), s’est prononcé jeudi dernier au cours d’une conférence de presse dans son département ministériel en faveur de Paul Biya qu’il invite à briguer de nouveau la présidence du Cameroun en 2018. «Nous sommes en campagne depuis 2011. Le Fsnc a choisi d’accompagner le président Biya jusqu’à la fin de sa carrière. Est-ce qu’il sera candidat ? Moi son collaborateur, son soutien, c’est mon souhait», a déclaré Issa Tchiroma au cours de cette rencontre avec la presse.

Une attitude qui n’émeut pas tant que ça à la vérité car, c’était bien prévisible qu’au gré des alliances politiciennes entre les deux partis politiques, le Fsnc fasse à échéance allégeance au parti des flammes et son candidat. Celui-ci n’est pas encore officiellement connu, même si les appels qui déferlent de part et d’autre coptent à tort ou à raison Paul Biya, l’actuel président national du rdpc.

D’ailleurs, ce même jeudi lors de l’ouverture de la session de mars au parlement camerounais, une autre personnalité du sérail et pas des moindres, Fon Victor Mukete, le doyen d’âge au Sénat, a également déclaré sa flamme à Biya. Le sénateur Rdpc du Nord-ouest a dans sa déclaration liminaire, appelé le chef de l’Etat à rempiler lors de la présidentielle à venir, et n’a pas manqué de s’attirer les foudres d’une opposition impuissante face à l’écrasante majorité du Rdpc à la chambre haute.

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De plus, les partis de l’opposition restent sur le pied de guerre à l’évocation, même passagère, d’une probable modification de la loi fondamentale du Cameroun, encore en pourparlers sous cape. Si le projet de loi de révision n’a pas encore été déposé au parlement, certains hommes politiques à l’instar d’Issa Tchiroma semblent plutôt favorables à cette idée. «La constitution n’est pas une momie. C’est un organe vivant.

De par le monde, il n’y pas d’années où tel pays n’ajuste pas, n’adapte pas, ne modifie pas sa constitution. La constitution n’est pas un monument figé inaccessible et inébranlable, intouchable. La constitution est un élément vivant. Plus on lui accorde l’attention, mieux ça vaut», argumente-t-il et d’ajouter : «la constitution lui en donne le droit, oui ou non ?

Oui ! Si à un moment donné il estime qu’il y a des obsolescences, des choses qui ne vont pas, la constitution n’interdit pas qu’il touche à la constitution. Est-ce qu’il va modifier la constitution, wait and see». Paul Biya ploie donc sous le poids des appels l’incitant à la fois à se représenter en 2018 mais aussi à apporter des aménagements dans les dispositions de la constitution du Cameroun, lesquels lui offriraient plus de facilités pour conduire sa candidature éventuelle à l’élection présidentielle. Ses partisans se languissent de sa réaction, à tout le moins pour être fixés sur la suite que leur leader donnera à cri de ralliement.

Yannick Kenné

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