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Près de 50% des députés détiennent à tort des titres d’exploitation forestière

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La vente illégale du bois prospère au Cameroun. Une activité très souvent exercée par des élus du peuple en l’occurrence les députés de la Nation.

MALGRÉ DE nombreuses plaintes des organisations telles que Green Peace Afrique auprès du Ministère des Forêts et de la Faune, de grandes quantités de bois continuent à sortir de façon illégale du Cameroun. Pour Green Peace : « une grande proportion du bois issu des ventes de coupe au Cameroun a pour destination la Chine via le port de Zhangjiagang ».

Ladite organisation prétend avoir obtenu des preuves qu’ « Uniprovince, une société détenue par Herakles Farms, a abattu au moins de 10 000 m3 de bois de valeur commerciale, alors que des documents officiels du Port autonome de Douala montrent qu’une cargaison de plus de 3000 m3 a déjà quitté Douala pour le port chinois de Zhangjiagang ». Frustrés, les membres de Green Peace Afrique (au rang desquels Irène Wabiwa, Responsable de la campagne forêt) le sont d’autant plus qu’ils croient dur comme fer que : « de grandes quantités de bois illégal émanant de projets de conversion des forêts accèdent aux marchés internationaux au vu et au su du Ministère des Forêts et de la Faune (Minfof) ».

Un fait pour lequel la société civile pointe du doigt les élus du peuple en l’occurrence les députés de la Nation. Ces derniers qui, auraient obtenu auprès du Ministre des Forêts et de la Faune des titres d’exploitation forestière sur toute l’étendue du Cameroun. « Ils font d’ailleurs l’objet de multiples plaintes de la part des riverains qui n’apprécient pas leur destruction massive des ressources forestières visiblement inattaquables devant les juridictions du pays parce que couverts par une certaine immunité parlementaire durant leur mandat effectif », a-t-on appris.

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Dans le but de stopper les abus des élus de la Nation, la société civile vient de saisir le Président de la République, afin qu’il interpelle le président de l’Assemblée nationale de bien vouloir ramener les députés à l’ordre ou de respecter scrupuleusement la loi forestière. « Il ne s’agit pas de piller systématiquement notre patrimoine forestier parce qu’on est élu du peuple comme veulent le faire croire certains députés.

Nous souhaitons que leurs agissements anarchiques prennent fin », lancent certains responsables de la société civile. Ces derniers proposent d’ailleurs la création de l’office national du bois. Une instance qui pourrait mieux assurer l’exploitation et la commercialisation du bois à l’extérieur conformément aux textes officiels relatifs à la gestion des forêts et de la faune au Cameroun. En référence à l’article 71 alinéa 3 qui stipule qu’un office national du bois en charge de l’organisation et le fonctionnement, est défini par un décret présidentiel. « Il devient alors urgent qu’une telle structure voie enfin le jour.

L’office national du bois viendra à coup sûr booster l’économie du secteur des ressources forestières pour un développement durable et louable. Il pourra mettre fin à la gestion catastrophique de nos forêts entraînant un manque important à gagner », lance un acteur de la société civile. Ce dernier croît dur comme fer que l’office national du bois au Cameroun aurait pour rôle principal de fournir des statistiques générales de l’exportation et de la commercialisation du bois ainsi que les produits forestiers sur le plan international. « Il va mettre également fin à la navigation à vue de la gestion de nos forêts », argue notre interlocuteur.

© Aurore Plus : Linda Mbiapa

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