Economie

Pourquoi le déficit énergétique au Cameroun?

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Le barrage de retenu de Lom Pangar, le barrage de Memve’ele, celui de Mekin et la centrale à gaz de Kribi sont quelques chantiers contenus dans la feuille de route des projets structurants, pour ce qui est de l’amélioration de la fourniture de l’énergie électrique au Cameroun. Plusieurs années après leur lancement, on attend toujours.

«Le Sud attend de pied ferme son barrage», chantaient en chœur les danseurs du Codev Mekin (Comité de développement de Mekin), venus accueillir la forte délégation des membres du conseil d’administration de la société Hydro-Mekin, conduite par son président, Louis Paul Motaze.Dans ce village d’environ 6000 âmes qui sépare les arrondissements de Meyomessala et Bengbis, dans le, département du Dja et Lobo, l’annonce de la construction du barrage a créé un véritable espoir. Celui de voir la région du Sud et ses villes avoisinantes définitivement à l’abri des délestages, car ici, comme dans bien d’autres villes du pays, l’on vit au rythme des coupures d’énergie électrique. Voici près de deux ans que les travaux ont été lancés, les choses avancent à pas de fourmie. Les grèves des ouvriers sont monnaie courante. Entre les revendications liées à la rémunération et celles relatives aux conditions de travail, l’évolution du chantier prend un sérieux coup. Il est aussi à signaler que d’autres composantes du barrage sont fabriquées en Chine. Initialement prévue pour une période de 36 mois la construction de ce barrage ne respectera pas les délais de livraison dont la date était fixée à la fin de cette année 2014. Le barrage de Mekin devrait générer 63 KVA d’énergie qui sera porté à 110 KVA par un poste d’évaluation pour son transport jusqu’au poste d’interconnexion implanté à Njom-Yekombo; un village situé à 33 km du site de construction du barrage.

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La centrale à gaz de Kribi quoi qu’opérationnelle ne répond pas toujours aux attentes. Triste le constat révélé au public par un communiqué signé du directeur général d’Aes Sonel, Jean David Bilé, le 03 février de cette année. En effet, ledit communiqué précisait que «La centrale de Kribi, après quelques incidents, pourra débiter 16 MW supplémentaires dès demain, portant la capacité actuelle à plus de 200 MW, et les 16 MW restants seront disponibles à partir de la mi-février 2014». Analyse faite, on pourrait plutôt penser que le directeur général d’Aes Sonel a plutôt voulu altérer les récriminations des populations, face à la subsistance du déficit structurel de l’offre globale d’électricité. Ce d’autant plus que quelques ingénieurs approchés, indiquent clairement que le niveau de production de la centrale à gaz de Kribi est bien plus bas. Mieux, un rapport de mission du «Comité de suivi et d’évaluation des grands projets structurants par le ministère des Finances» daté du 15 janvier 2014, révèle que depuis la mise en service commercial de ladite centrale à gaz, la puissance moyenne maximale injectée dans le réseau par cette dernière n’a jamais été au-delà de 118 MW, sur les 216 MW de capacité installée. Et analyse faite, le déficit de production moyen de la centrale à gaz de Kribi depuis lors avoisine 100MW, soit la capacité de production cumulée des quatre centrales du Programme thermique d’urgence (PTU).

Compte tenu de l’évolution de la demande, les ouvrages promis par le Chef de l’Etat S.E le Président Paul Biya (Lom Pangar, Memvelé, Mekin…) d’une part et le groupe Aes de l’autre, devraient permettre de couvrir l’ensemble de la demande à l’horizon 2021. L’enjeu reste de pouvoir réaliser tous ces projets dans les délais.

© FRANÇOIS D’ASSISSE NGANDI | L’Anecdote

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