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Pourquoi le contre-amiral Fouda fait peur

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Ce conseiller spécial du président de la République gère des dossiers sensibles. L’assassinat de son fils le sergent William Fouda, sonne comme un avertissement violent des barons compromis. Pendant ce temps, des suspects, dont une amie de la victime, sont gardés à vue au Sed et la thèse d’un crime passionnel disséminée au sein l’opinion publique.

À la suite de l’assassinat du sergent William Fouda, le pouvoir a-t-il évacué la thèse d’un règlement de compte dont la principale cible ne serait que son géniteur, le contre-amiral Joseph Fouda, conseiller spécial du chef de l’Etat ? A cette interrogation récurrente, quelques signes de fébrilité dans l’entourage du concerné et des indiscrétions puisées dans le sérail inclinent à croire qu’il n’en est pas question. Par exemple, il y a ces signes extérieurs qui ne trompent pas. Des témoignages recueillis dans le voisinage de la résidence de l’officier général sis au quartier Ekoumdoum font observer que le dispositif sécuritaire renforcé sur les lieux est maintenu.

Bien plus, il règne toujours ici un climat de psychose. Certains membres de la famille qui ont requis l’anonymat sont formels. Terrorisés, ils s’estiment dans le viseur des ennemis du maître des lieux dont l’assassinat du fils sonne comme une menace. A en croire des indiscrétions puisées à bonne source, dans le sérail, le général Joseph Fouda serait lui-même la cible de certains dignitaires du régime compromis dans certains dossiers sensibles à lui confiés par le président de la République. Il est fait état des distractions et soustractions frauduleuses des différents montants mis à disposition  par le chef de l’Etat Paul Biya, au titre de rançons destinées aux djihadistes de Boko Haram pour la libération des otages.

Le président de la République lui a confié la charge de mener  des enquêtes sur la destination effective des fonds alloués. Des traquenards montés n’ont pas manqué de prouver leur efficacité. On évoque des cas de très hautes personnalités, gestionnaires de ces fonds, prises en flagrant délit de détournement. A la suite de son rapport au chef de l’Etat, les personnes visées n’auraient pas fait mystère de leur mécontentement. Un sentiment qui a décuplé depuis que, voici quelques semaines, il aurait empêché la publication d’une équipe gouvernementale dont ces prédateurs faisaient partie. Une goutte d’eau qui a fait déborder le vase?

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Assurément, soutiennent les tenants de cette thèse. Surtout que pour eux, le général Joseph Fouda menacé, c’est le coeur de la Sécurité présidentielle qui se trouve ciblé. Lui, le conseiller militaire du président de la République. Lui, le ventre, les yeux, les oreilles et souvent les mains voire les pieds du président Biya dont il a été pendant longtemps l’aide de camp. Quoi qu’il en soit, chez les enfants Fouda, on prend cette menace très au sérieux. Dans l’opinion publique cependant, la thèse d’un crime passionnel est soigneusement entretenue par journaux interposés. D’après des confrères, avant l’enterrement du sergent, William Fouda, militaire à la garde présidentielle, samedi 19 avril 2015, dans sa résidence en construction d’Ekoumdoum à Yaoundé, tout à côté de celle de son père, des suspects étaient déjà entre les mains de la gendarmerie.

Surtout que lors des obsèques  auxquels ont pris part plusieurs membres du gouvernement dont le directeur du cabinet civil de la présidence de la République, Martin Belinga Eboutou, le général Fouda a rappelé, en guise d’éloge funèbre, les circonstances de l’assassinat de son fils aîné. En bon officier des forces de défense, il s’est gardé d’évoquer des premiers éléments de l’enquête. Et pourtant, sur les lèvres de l’assistance, quasiment, tout le monde susurrait que le meurtre de William Fouda est un crime passionnel. Pour les tenants de cette thèse, le jeune marié connaissait ces derniers temps de vives tensions avec son épouse.

Raison pour laquelle William Fouda se serait trouvé une autre compagne à la relation très suivie. Toujours selon la thèse du crime passionnel, le fiancé de l’amante de William aurait découvert le pot-auxroses. Lundi 14 avril dernier, lorsqu’il quitte vers 12h son domicile du camp de la Gp où il vivait avec son épouse, William se serait rendu à Nkoldongo, chez sa compagne. Vers 22h, l’épouse de William Fouda appelle sa bellemère, s’inquiète du non retour à la maison de William. Mme Fouda joint son fils pour savoir ce qu’il en est. Contre toute attente, une voix de femme lui répond sur le téléphone du jeune soldat.

Si pour les enquêteurs, c’est la voix de son amante du quartier Nkolndongo, différentes interrogations fusent. Selon la piste des limiers de la gendarmerie nationale, le fiancé de la jeune femme aurait été mis au courant de la présence de son concurrent chez sa dulcinée. Même si l’on n’exclut pas l’hypothèse que William qui a quitté le domicile de son amante très tard dans la nuit, selon le témoignage de sa compagne, ait été pris dans un traquenard monté par le fiancé cocu. Toujours est-il que pour démêler l’écheveau, la jeune femme et quatre autres personnes ont été interpellées et gardées à vue au Sed, au moment où le fiancé cocu, soupçonné comme étant le commanditaire de ce crime est toujours recherché.

Marie Robert Eloundou

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