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Pour l’UA, «il est temps d’agir collectivement» contre Boko Haram

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La présidente de la Commission de l’UA a insisté dans son discours d’ouverture lors du conseil des ministres ce lundi sur la nécessité, pour le continent, de s’unir pour lutter contre cette menace.

Ouverture ce lundi matin du conseil des ministres de l’Union africaine, avant le sommet des chefs d’Etat les 30 et 31 janvier prochain. L`exécutif de l`UA s`est réuni à Addis-Abeba pour des discussions préparatoires. Une semaine placée sous la signe de la lutte contre Boko Haram. La présidente de la Commission de l’Union Africaine a insisté dans son discours d’ouverture sur la nécessité, pour le continent, de s’unir pour lutter contre cette menace. Nkosazana Dlamini-Zuma a utilisé un ton particulièrement offensif.

« Nous sommes profondément horrifiés par la tragédie que Boko Haram continue d’infliger à nos populations. Kidnapper des jeunes filles dans les écoles, brûler des villages, terroriser des communautés entières et les tuer. Nous devrions tous déclarer cet état de fait comme inacceptable.» La présidente de la Commission de l’Union africaine entre très vite dans le vif du sujet, ce lundi matin.

Nkosazana Dlamini-Zuma souhaite une action commune, car le combat s`est étendu sur plusieurs territoires. « A l’origine, cela semblait être un groupe avec un impact purement local, maintenant, on le voit s’aventurer de plus en plus loin en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Et il est temps d’agir, d’agir collectivement contre cette menace de plus en plus importante. »

Sans oublier les gestes militaires ou politiques déjà effectués, la présidente de la Commission de l’UA veut faire bouger les lignes : « Bien sûr, j’ai vu que le gouvernement du Tchad [était] prêt à aider le Cameroun dans ce combat. Mais j’espère que les chefs d’Etat vont en discuter et voir ce qui devrait être fait. »

Un changement de ton remarqué

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Selon notre envoyé spécial de RFI à Addis-Abeba, Christophe Boisbouvier, cette attitude est inhabituelle. Depuis deux ans, dans ses discours devant l’Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma était d’une grande prudence sur les sujets politiques. Elle développait beaucoup plus les questions économiques et sociales que les autres. Pendant la guerre au nord du Mali, par exemple, elle esquivait la question terroriste.

Mais, ce lundi, c’est une nouvelle Dlamini-Zuma qui est apparue. D’abord, elle est devenue une oratrice nettement plus à l’aise à la tribune de l’UA, n’hésitant pas, par exemple, à sortir de son discours écrit pour s’adresser directement aux quelques 50 ministres des Affaires étrangères réunis devant elle.

Et surtout, c`est désormais une présidente de Commission déterminée enfin à lutter contre le terrorisme. « On ne doit pas voir le problème Boko Haram comme une seule menace pour le Nigeria et ses voisins. Si cette menace n’est pas jugulée, nous serons tous en danger », a-t-elle lancé.

Alors que veut Nkosazana Dlamini-Zuma ? Elle souhaite que vendredi prochain, lors de leur sommet à Addis-Abeba, les chefs d’Etat africains s’emparent du dossier Boko Haram et demandent au Conseil de sécurité de l’ONU de faire deux choses importantes. Tout d`abord, qu’ils donnent mandat à une force d’intervention multinationale sur le terrain. Ensuite, qu’ils créent un fonds spécial pour financer cet effort de guerre.

Pas sûr que le président nigérian Goodluck Jonathan apprécie cet ordre de mobilisation générale, lui qui est en pleine campagne électorale au Nigeria et qui doit donc défendre son bilan. Mais, désormais la balle est dans son camp.

RFI

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