Economie

Pour le Directeur général de l’Arsel, une hausse des prix de l’électricité ne risque pas de heurter les Camerounais

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Jean Pierre Kedi, le directeur général de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel),  estime que la priorité pour ses concitoyens est la régularité du service, avant les incidences financières dues à l’inflation.

«On discute du revenu de l’opérateur une fois par an, entre fin octobre et le 1er janvier. À ce moment-là, les quantités d’énergie qui n’ont pas été produites viennent en moins avec une pénalité dans le revenu qu’on lui accorde ». C’est un Jean Pierre Kedi plutôt technique qui accorde ce mercredi 8 juillet 2015 une longue interview au quotidien national bilingue Cameroon Tribune, dans laquelle il estime que l’Agence de régulation du secteur de l’électricité (Arsel) qu’il dirige doit passer à une planification plus agressive.

Interrogé sur la hausse annoncée du coût de l’électricité, le directeur général explique : « Lorsque nous étudions les tarifs pour l’heure, ils devraient rester neutres parce que l’application de la pénalité de 2014 a permis de neutraliser le tarif (…) Cette pénalité se chiffre à un peu plus de 4 milliards de F. Mais je peux vous dire qu’avec tous les délestages qu’on a connus, il y a de fortes chances que la pénalité de 2015 soit élevée, puisque ce sont ces éléments qui constituent la pénalité ».

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Plus concrètement, Jean Pierre Kedi parle d’un juste prix aux yeux des consommateurs eux-mêmes : « Nous avons mené une enquête auprès de 11 000 consommateurs. Les Camerounais se sont déclarés dans cette enquête en faveur du prix le plus juste de l’électricité, pourvu qu’il soit constant et de bonne qualité. Et je voudrais souligner qu’en moyenne si vous payez le prix du kilowatt/heure à Yaoundé entre 81 ou 82 francs, dans l’arrière pays il y a des gens qui le payent à 500F, lorsqu’il y a une production privée. Ce sont des zones où le réseau public ne parvient pas ».

Évoquant l’arrêt de la centrale thermique d’Ahala, il note : Jusqu’à présent, nous avions fait une planification qui était défensive, parce qu’on essaye de rattraper le gap. Maintenant, il faut passer à une planification offensive pour créer des réserves de sorte qu’en cas d’imprévus, celles-ci puissent couvrir lesdits imprévus. Au Cameroun, nous n’avons pas de réserves d’électricité ».

Le patron de l’Agence de régulation du secteur de l’électricité reconnaît que la production est « toujours tout à côté de notre demande. Pourtant, le Cameroun est un géant de l’électricité qui est encore sur les starting blocks ».

Sur une note qui fera réfléchir, il conseille : « Il faut démultiplier les solutions. Chacun d’entre vous peut acheter des panneaux solaires et les installer sur son toit, avoir de l’énergie pour lui-même et lorsqu’il est en surplus, le réinjecter dans le réseau ».

Esther Ayissi 

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