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Port en eau profonde de Kribi: Incertitude autour de la date du début de l’exploitation

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Bien qu’aucune date n’ait été officiellement retenue, le coordonnateur du projet du port en eau profonde de Kribi se veut rassurant quant à la procédure de sélection des exploitants des terminaux qui, à son humble avis, devrait s’achever avant la fin de cette année.

Rien n’est encore sûr pour ce qui est du début effectif de l’exploitation du port en eau profonde de Kribi, œuvre entrant dans « les projets structurants » de Paul Biya. Pour le moment aucune date ne filtre. Toutefois, Patrice Melom, coordonnateur du projet du port en eau profonde de Kribi rassure que « les ouvrages sont prêts. La promotion du port a également débuté. Le gouvernement a pris à bras-le-corps les problèmes liés à sa mise en exploitation. Quand toutes ces conditions seront remplies, les armateurs viendront ».

Pour sa part, point de doute sur la procédure de sélection des exploitants des terminaux qui, selon ses dires, aboutira avant fin 2014. Tirant les leçons de la congestion du port de Douala,  armateurs, acconiers, commissionnaires agréés en douanes…et bien d’autres professionnels du secteur maritime et institutionnels, penchent  pour une dématérialisation et l’automatisation des procédures du commerce extérieur au port en eau profonde de Kribi. Ils l’ont exprimé à Douala. Au cours d’une réunion de concertation visant par ailleurs à impliquer les acteurs du processus d’accueil des navires et de passage des marchandises. Laquelle, faut-il le souligner intervenait ainsi dans un contexte marqué par la finalisation de la première phase du projet de construction du port en eau profonde de Kribi. Un port de« troisième génération » construit pour révolutionner, dit-on,  le paysage portuaire national.  Et qui, pour qu’il contribue efficacement à la compétitivité selon la directrice générale des douanes, Minette Libom Li Likeng, « il est impératif que les différents acteurs de la chaîne logistique du futur port  s’engagent résolument dans un cadre formel de collaboration institutionnelle afin de réduire les délais et les coûts des transactions, améliorer, harmoniser et simplifier les procédures, dans le cadre d’une gestion coordonnée ».

 En plus d’un système d’information portuaire performant, il est prévu la mise sur pied d’un guichet unique des opérations du commerce extérieur et l’élaboration d’un code de procédures. Les usagers du port en eau profonde Kribi pourront profiter des avantages de la dématérialisation et de l’automatisation. Les formalités de passage de la marchandise seront ainsi simplifiées.

C’est le 8 juillet dernier que le navire remorqueur baptisé «Val Paraiso» a accosté  sur les berges de l’Océan atlantique à Mboro, localité de la ville de Kribi (région du Sud du Cameroun) qui abrite le port en eau profonde en cours de construction. Le comité de pilotage de ce gigantesque projet avait organisé à cette occasion, une cérémonie symbolique, pour célébrer le respect du chronogramme des activités de la première phase de ce projet, qui consistait en la construction d’une digue de protection, d’un chenal d’accès des navires, des quais d’accostage, deux terminaux polyvalents et à conteneurs.

Des travaux qui, apprenait-on de sources internes au Comité de pilotage, étaient réalisés à 65%. Des appels d’offres pour le recrutement de concessionnaires des deux terminaux sus-mentionnés avaient d’ailleurs été lancés depuis quelques mois. Sans compter l’acquisition et la réception, il y a quelques mois en Chine, de deux navires remorqueurs baptisés «Roi Madola» et «Roi Mayesse», pour le compte de ce port, promis à être l’un des plus importants sur la côte ouest-africaine, selon des sources du Comité de pilotage.

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Construit par la China Harbour Engeneering Company (Chec), grâce à un financement d’Eximbank of China accordé à l’Etat camerounais, le port en eau profonde de Kribi sera également doté d’un terminal minéralier, d’un terminal hydrocarbures, d’un appontement fer… Toutes ces autres infrastructures seront construites dans le cadre de la seconde phase du projet, sous le modèle Bot (Build-Operate-Transfert).

B-P.D.

Port de Kribi: L’indemnisation à problème

Que sont devenus les indemnisés du port  en eau profonde de kribi ? 120 dossiers portés au tribunal de kribi pour opposition, des familles divisées, l’argent destiné à l’indemnisation dilapidé par des hommes du sérail sans foi ni loi, la plupart des personnes devant être indemnisées dans le cadre de la construction du port en eau profonde de Kribi croulent sous dans la misère.

La dernière phase de paiement des indemnisations aux populations expropriées du site du port en eau profonde de kribi remonte au mois de février 2014. Et depuis lors certains sont sans repère et vivent dans la misère. « Ils sont engagées dans les affaires au tribunal de grande instance  de Kribi. Et accusent  leurs partenaires  de les avoir roulés dans la farine en prélevant 70%  de l’argent. Pour d’autres, le partage s’est fait inégalement   créant ainsi la haine entre les membres d’une même famille. Certains, faute de conseils appropriés, ont utilisé l’argent qu’ils ont reçu à d’autres fins, en achetant des voitures, en séjournant dans les hôtels. Bref ils ont dilapidé tout ce qu’ils ont reçu et croupissent dans la misère », raconte une source auMessager. Aussi surprenant que cela puisse paraître, poursuit ladite source, bon nombre se retrouve sans domicile fixe, mis à la porte par un bailleur qui n’en voulait plus des mois impayés de loyer.

 « Quand ils avaient l’argent   ils  s’affublaient de tous les qualificatifs : le pétrolier, le saoudien, la force tranquille, caviar  et ils ne savaient pas que l’argent allait finir, ils font pitié aujourd’hui, plus grave encore pour ceux qui avaient quitté la maison familiale et  se sont  installés avec des copines dans des salons cossus sont revenus à la case de départ », déplore un habitant de Kribi.

 Toutefois un doigt accusateur est pointé sur les pouvoirs publics  qui avaient pourtant promis qu’ils aideraient les bénéficiaires des indemnisations à en faire bon usage. C’était le 12 septembre 2013. La ministre Jacqueline Koung à Bessiké avait formulé plusieurs promesses non tenues jusqu’à ce jour. Notamment de l’aménagement des zones de relocalisation, l’aménagement des cimetières pour le transfert des restes humains (l’exhumation et la ré-inhumation des restes humains des quatre vingt dix tombes situées dans l’emprise des travaux) et la réhabilitation de l’école primaire de Lendi-dibe. Bien plus l’installation d’un forage d’eau potable dans les différents villages riverains sans oublier  la formation par la Mipromalo (mission de promotion des matériaux locaux) des jeunes des villages  déplacés à  la fabrique et la mise  œuvre  des briques de terre stabilisées. Toutes ses  promesses se sont dispersées comme de la coupe aux lèvres.

Concernant les paiements des indemnisations, promesse de mettre   sur pied un calendrier qui devait être rendu public avait également été faite. On l’attend toujours.

© B-P.D., Alex Nginkal | Le Messager

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