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Les populations d’Afadé et Blamé accusées d’être de connivence avec Boko Haram

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Soupçonnées par l’armée d’entretenir des liens avec le groupe terroriste, près de 7 745 personnes  ont décidé de fuir leur village. La dernière attaque de la secte Boko Haram dans les villages d’Afadé et de Blâmé dans l’arrondissement de Makary remonte au samedi 15 août urieur du pays.e vers l’après les dernières incursions du groupe terroriste, les populations de ces deux villages se sont livt 2015.A en croire le journal l’œil  du Sahel de ce jeudi  20 août 2015, après les dernières incursions du groupe terroriste, les populations de ces deux villages se sont livrées à un long exode vers l’intérieur du pays.

Les attaques de la secte armée ne justifient à elles seules ce départ massif. «  Après la dernière attaque à Affadé, le 15 août 2015, certains militaires se sont étonnés de ce qu’il n y avait pas eu de morts parmi les populations et ont commencé à nous soupçonner d’être de mèche avec ces terroristes. Ils ont dit que la prochaine fois, ils sauront quoi faire. Nous avons préféré partir. Pourtant, comme tout le monde, nous payons un lourd tribut à ces barbares. Nous avons déjà enterré plusieurs de nos fils tombés sous leurs balles, que ce soit à Fotokol, à Sigal ou à Boulfo », soutient Mahamat un ex- habitant installé à Kousseri.

Du coté de l’armée, on s’en défend.  Un officier en poste dans la zone  explique  «  c’est  un secteur ou l’activité de Boko Haram est en nette augmentation. Nous avons appelé la population à plus de vigilance parce qu’il est clair que la secte est bien infiltré dans cette bourgade. Jamais il n’a été question de menacer les populations dont notre mission est de leur apporter la sécurité. Si nous ne sommes pas en bons termes avec nos frères et sœurs, comment allons-nous remporter la bataille ? ».

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Les autorités administratives ont immédiatement réagi à la suite de l’exode massif  des quelques 7 745 habitants des villages Afadé et Blamé. « Le 19 août 2015, le sous- préfet de Makary s’est rendu à Afadé pour dissuader les derniers habitants de partir, et exhorter ceux qui l’étaient déjà de rentrer chez eux ». Mais, selon le journal « les préalables au retour ne sont pas réunis ».

En effet, les populations pointent un doigt accusateur sur le chef de village d’Afadé qui serait selon elles un complice de la secte Boko Haram. « Notre problème, c’est notre chef de village, Meali Guemé. Nous l’avons dénoncé à plusieurs reprises comme étant un des complices de Boko Haram dans le secteur, mais aucune n’enquête  n’a jamais été ouverte à son encontre », soutient Abakar un habitant d’Afadé qui a trouvé refuge à Kousseri.

« Son ex chauffeur, Gréga Abanchimé, est aujourd’hui un des gros bonnets de la secte. Nous avons informé les autorités locales qu’il héberge chez lui une dame, Ngalie, dont le mari est un responsable de Boko Haram du nom de Emir Ali là encore, pas la moindre vérification. Nous ne pouvons pas payer les errements d’une seule personne. Tant que les autorités n’ouvrent pas une enquête, nous ne rentrons pas »,poursuit –il.

Pour la majorité des populations d’Afadé, peuplé d’environ 18 .000 âmes, le chef du village est l’auteur principal du drame qui se noue actuellement, rapporte le journal. Les proches du chef de village quant à eux, pointent un doigt accusateur  sur  « son   demi frère, Ali Guemé et ses cousins. Ils en veulent à son trône ».

En attendant d’y  voir  plus  clair, les populations ont quant à elles décidé d’aller trouver  refuge à l’intérieur du pays.

Béatrice Kazé

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