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Police municipale: Un corps de proximité qui aide le citoyen

Police_municipale-Yaoundé

Benjamin Nyabenga, directeur de la police municipale.On a de la police municipale une image répressive. Que faites-vous pour changer cela ?Il faut dire que la fonction de policier municipal est encore toute jeune. Beaucoup de citoyens la découvrent. Elle doit donc être explicitée aux uns et aux autres pour qu’on en comprenne mieux les tenants et les aboutissants. Nous avons donc la sensibilisation, qui fait partie du premier volet de l’action que nous sommes appelés à entreprendre.

Nous avons mis en œuvre de nombreuses actions pour que la population comprenne que la police municipale, avant d’être répressive, se voudrait une police de proximité qui aide le citoyen à mieux respecter les règles, mieux respecter l’autre. Mais malheureusement dans notre ville, les gens mettent d’abord en avant leurs intérêts personnels et ignorent les autres.

Vous parlez de sensibilisation…

Je voudrais dire ici que jamais nous n’intervenons sur le terrain sans avoir averti au préalable les concernés et c’est uniquement lorsque nous avons en face de nous des gens qui font la sourde oreille, ce qui est d’ailleurs très souvent le cas, qu’on est obligés d’aller sanctionner, réprimer malgré nous. Si vous avez pu faire des descentes organisés par la Plateforme d’actions de lutte contre le désordre urbain et de la protection civile, avant toute descente répressive, on a, préalablement, un mois plus tôt, averti les concernés en leur disant : votre activité est illégale, elle peut s’organiser autrement, elle n’a pas droit de cité ici, on vous donne un délai. Et c’est uniquement lorsque l’on constate et malheureusement, c’est ce qui arrive souvent, qu’il faut d’abord réprimer pour que les concernés puissent penser s’aligner.

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Les agents de police municipale sont-ils assez formés pour intervenir dans l’espace urbain ?

Il y a un projet qui est en train de prendre corps, avec une formation pour laquelle la Cud est en train de solliciter l’appui de la Délégation générale à la Sûreté Nationale. Mais déjà, par le passé, on a eu à briefer, à faire des séminaires, à permettre à certains d’effectuer des missions pour voir comment ça se passe ailleurs. Avec un rendu fait ensuite aux autres personnels. Donc la formation pour l’instant n’est pas systématisée, telle qu’on pourrait la connaitre pour les autres forces en tenue. Cette formalisation est en cours. Mais nous ne prenons pas des agents d’une manière brute et on les balance sur le terrain sans qu’ils n’aient eu quand même une base des rudiments du travail qu’ils sont appelés à faire.

Quelles ambitions nourrissez-vous pour la police municipale ?

Nous espérons que la police municipale partira de son stade embryonnaire pour être une véritable police municipale reconnue par les pouvoirs publics, parce que ça fait 11 ans qu’on attend cette reconnaissance. Une loi a été votée en 2004, elle attend les décrets d’application qui permettront que sur le plan national soit reconnue leur existence et que leur fonctionnement, modalités de recrutement, équipements, statut et tout ce qui permettrait d’encadrer la fonction de policier municipal, soit clairement défini par l’Etat pour que cette police puisse exercer pleinement ses missions.

Rita DIBA

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