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Plusieurs suspects interpellés après les attentats meurtriers dans l’extrême-nord

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Les forces de défense et de sécurité camerounaises ont procédé à une série d’interpellations de suspects à la suite de deux attentats-suicide perpétrés mercredi à Maroua, la principale ville de la région de l’Extrême-Nord, faisant 12 morts et 32 blessés selon le bilan officiel, évalué à la hausse à au moins 20 morts par des sources sécuritaires.

« La situation est calme pour le moment. Un cordon de sécurité a été mis en place autour du marché. Il y a eu quelques infiltrations. On a interpellé quelques suspects. Les enquêtes sont en cours », a relaté sous couvert d’anonymat un responsable administratif de la ville joint par Xinhua.

A la surprise générale, deux jeunes filles dont l’âge varierait entre 14 et 15 ans se sont fait exploser avec leurs ceinture d’explosifs à un intervalle relativement court mercredi aux environs de 14H30 (13H30 GMT) au marché central sis au quartier Bamaré, l’un des endroits les plus mouvementés de Maroua, qui abrite en outre un centre artisanal très fréquenté.

Entre 12 et une vingtaine de personnes ont péri dans le double attentat, d’après le gouvernement et les sources sécuritaires qui ont par ailleurs annoncé plus d’une trentaine de blessés, dont certains dans un état critique. D’où l’hypothèse avancée d’un bilan plus lourd par les forces de sécurité.

Sous des apparences de commerçantes ambulantes spécialisées dans la vente de dattes achalandées sur des plateaux, les deux kamikazes font partie des victimes. Elles sont soupçonnées d’être affiliées à la secte islamiste nigériane Boko Haram.

Le 13 juillet déjà, deux femmes kamikazes s’étaient fait exploser presque simultanément à Fotokol, localité de l’Extrême-Nord proche de la frontière nigériane, faisant 13 morts dont un soldat tchadien et de nombreux blessés, selon le bilan officiel déclaré dans un communiqué de la présidence camerounaise.

C’était la première fois que le Cameroun enregistrait pareille escalade de violences, un modus operandi devenu récurrent au Nigeria puis transporté au Niger et au Tchad, depuis que Boko Haram a commencé à mener des attaques armées dans le pays en 2013, marquées de prises d’otages et de tueries.

Cet épisode est venu cependant confirmer les analyses du politologue Joseph Vincent Ntuda Ebodé, enseignant et chef du Centre de recherches et d’études politiques et stratégiques (CREPS) à l’Université de Yaoundé II, avertissant que la guerre engagée au Cameroun contre le groupe armé serait longue et qu’il fallait s’attendre à de telles opérations kamikazes.

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Aux yeux des autorités, cet acte sonnait comme une sorte d’alerte pour laquelle un appel à la vigilance avait d’ailleurs été lancé en direction de la population et le renforcement des mesures de sécurité sur le territoire national prescrit aux forces de défense et de sécurité.

Le gouverneur de l’Extrême-Nord, Midjiyawa Bakari, lui, avait saisi le prétexte pour annoncer l’interdiction du port de voile intégral.

D’ordinaire paisible et très animée, même pendant la période du couvre-feu institué par les autorités administratives en 2014, la ville de Maroua, à dominante musulmane, était pourtant restée épargnée par les assauts de Boko Haram.

La ligne de front se trouvait plutôt dans d’autres localités plus proches de la frontière nigériane, comme Fotokol, Amchidé, Limani, Waza, Mora, Balgaram, Achigashia ou encore Kolofata, où l’épouse du vice-Premier ministre en charge des Relations avec les Assemblées, Amadou Ali, avait été enlevée avec une quinzaine d’autres personnes lors d’une attaque ayant fait une dizaine de morts en juillet 2014.

Le risque d’attaque n’était pour autant pas écarté dans la ville, dans la mesure où les services de renseignement signalaient la présence de cellules dormantes de la secte islamiste sous surveillance dans cette ville cosmopolite, zone de transit des échanges commerciaux avec le Tchad, et même avec le Nigeria, avant l’interdiction des mouvements décidée par les autorités face à la menace jihadiste.

Surtout, attirés par l’appât du gain, des milliers de jeunes Camerounais désœuvrés, originaires de l’Extrême-Nord, ont rejoint les rangs de Boko Haram. Plusieurs camps d’entraînement ont d’ailleurs été démantelés dans la région.

Il y a quelques mois, c’est un jeune garçon de moins de 10 ans qui avait été interpellé par les forces de sécurité, sur le point de se faire exploser dans une école de Maroua, ville en état de choc depuis le double attentat meurtrier de mercredi, qui a provoqué un sentiment de panique au sein de la population.

Plus que jamais sur les dents, les forces de défense et de sécurité ont renforcé leur dispositif de surveillance et de contrôle. « La ville est bouclée. En dehors du marché central, d’autres endroits font l’objet de contrôles systématiques des personnes », a confié un chef d’unité à Xinhua.

Sous la conduite du ministre délégué à la présidence chargé de la Défense, Edgard Alain Mebe Ngo’o, une mission de crise a été dépêchée de Yaoundé jeudi.

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