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Plastique interdit : nouvelles mentalités imposées.

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Si l’élimination du plastique et de tout ce qui va avec « plastique » au Cameroun est vraiment effectif, on s »attendra à des choses curieuses et à des réactions  hors du commun.

Pour les femmes

Le bannissement du plastique, s’il implique le bannissement du préservatif, est une bonne nouvelle. Car les hommes deviendront plus fidèles et s’abstiendront manu militari à ne plus  tremper leurs pédoncules dans des cavités incertaines.

Pour les alcooliques

Le bannissement du plastique s’il implique l’interdiction du « Fighter, du Lion d’or, du Nikita, du Champion, et du pastis en sachet) est une sorte d’encouragement à la consommation des autres produits embouteillés, apparemment plus dispendieux, et parfois inabordables pour des paysans. L’essentiel étant que ces produits gardent le même dominateur commun : l’alcool.

Pour les commerçants

le bannissement du plastique, s’il implique l’interdiction des emballages plastiques, est parfois une bonne nouvelle. C’est l’occasion la plus adéquate de ne plus gaspiller quelques pourcentages du capital pour l’achat des emballages, et aussi de justifier l’absence de l’emballage en déclarant ipso facto à un client : « Asso, tu ne sais pas qu’on a interdit l’affaire là ?)

Pour les donzelles présomptueuses,

si le bannissement du plastique implique l’interdiction de certains emballages, on assiste à une déception de haut rayon, car elles (ces demoiselles) se sentent privées du plastique noir protecteur, je veux dire de l’écaille noire hautaine et salvatrice, qui les aidait à voiler le pain chargé avec l’avocat qu’elles avaient l’habitude d’appeler « sandwich » pour se faire présomptueuse devant les regards convoiteurs des autres filles indigentes et de basse classe.

Pour les maisons de presse écrites quotidiennes

Que Dieu pardonne mon indélicatesse, si le bannissement du plastique implique la permission d’autres emballages non plastiques comme le papier cahier ou le papier-presse, il est maintenant question pour les rédacteurs en chef et pour les directeurs de publication, de s’habituer à plusieurs types de consommateurs des journaux :

-les consommateurs premiers du contenu de la presse (c’est-à-dire ceux qui ont acheté la presse à 400 frs CFA) pour la lire et s’approprier des informations.

– les consommateurs seconds  de la presse, (certains commerçants), c’est-à-dire ceux qui l’utilisent dans sa structure, dans sa matérialité, ou dans son « emballagité » (que l’académie pardonne le mot mais qu’elle prenne plutôt en compte ce néologisme que le contexte d’éradication du plastique au Cameroun vient d’accoucher.  ),

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-et en enfin les consommateurs inopportuns du contenu de la presse. C’est ceux qui acheminent le papier-presse (biodégradable) vers sa dégradation. C’est-à-dire des gens qui s’approprient des informations par la manie du hasard, seulement parce qu’ils viennent d’engouffrer quelques morceaux de soya, et qu’au moment de lécher et de sucer le piment, leurs yeux qui voulaient se fermer pour exprimer leur jouissance gastronomique, ont vu un titre comme : « MBAPES MBAPES EST LIBERE », ceci quand l’affaire n’est même plus d’actualité.

La phobie du plastique ?

En dehors des femmes, des alcooliques, des commerçants, des donzelles présomptueuses et des directeurs de publication des presses écrites chez qui on observe les contrecoups et les échos du bannissement du plastique au Cameroun, on pourrait bien citer plein d’autres.

Mais il y’a une catégorie particulière de personne à laquelle on ne pourrait s’abstenir de s’intéresser : les acheteurs de cigarette.

Pour les acheteurs de cigarette

Même-si le bannissement du plastique implique X ou Y, même si l’interdiction des emballages influence sur telle ou sur telle autre mentalité, rien ne sait produit dans leurs vies. En fait, Rien n’a changé, et ils ne sont même pas au courant de ce que vous croyez avoir changé.  Ils sont les seuls (le monde et ses paradoxes) qui consomment un  produit particulier, un produit dont la spécifié le transforme en produit « permis-interdit ». On déconseille, et en extension sémantique (largo sensu) du verbe « déconseiller », on interdit la cigarette, mais sa vente est permise. Alors que sa fumée est d’une pollution indéniable ayant des répercussions directes sur l’homme et son voisinage, et des portées tragiques à long terme sur la nature. Je ne critique pas (je ne suis qu’un enfant) les initiatives de notre gouvernement chéri mais pour qu’on soit la hauteur de grandes choses, il faut des choses de grande hauteur.

On connait le pays avec ses feux de paille nés des idées prématurées de quelques prosélytes gouvernants qui n’ont pour rêve que de se faire héroïsés, et pourtant il s’agit bien là de quelques bruiteurs complexés qui n’étudient pas la psychologie des foules , qui ne tâtent pas le terrain, qui ne scrutent pas les hypothèses, qui ne pensent pas aux retombées, qui ne prévoient pas les risques, et qui ne savent pas qu’un passage d’une mentalité à une autre nécessite une prise en compte du terrain et de ses réalités.  Je ne suis qu’un enfant, et je sais qu’à mon jeune âge, il y’a beaucoup de choses qu’on ne peut pas encore comprendre.

 Hector Flandrin Nombo, chroniqueur, pour Camer24.

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