Economie

Pillage forestier dans le Mbam et kim

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Face à cette situaion les populations de Melimvi dans le Mbam et kim s’en remettent au chef de l’Etat

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Alors que les élites organiques du Mbam et Kim proches du pouvoir continuent de grincer les dents suite à la dénonciation par les populations de la zone Est-Sud de l’arrondissement de Yoko, du pillage de leurs forêts par la société franco-italienne Sim, sans aucune action réelle pour le développement de leurs villages, le chef de Melimvi et ses notables viennent d’écrire au préfet du Mbam pour demander entre autres que le président de la République intervienne pour que cesse les pillages de leurs forêts sans un retour d’ascenseur pour les riverains.  

Face à «la bureaucratie incompétente et corrompue » qui s’insurge de manière véhémente  contre les pauvres paysans du village Melimvi dans le Mbam et Kim, qui  ont librement choisi de se confier au Messager pour dénoncer les injustices qu’ils subissent dans l’exploitation forestière conduite dans cette contrée par la société industrielle de Mbang (Sim) (voir Le Messager du mercredi 1er octobre 2014), c’est désormais le branle-bas dans l’arrondissement. Le sous-préfet de Yoko qui a eu l’écho du reportage de l’envoyé spécial du Messager dans les villages Melimvi et Mbatoua où la société Sim conduit son exploitation forestière controversée, semble avoir pas apprécié le traitement de ce sujet. Il s’est ouvert à sa hiérarchie directe. Le préfet du Mbam et Kim, M. Mamoudou, un homme bienveillant et courtois, sans avoir pris connaissance du contenu dudit reportage, a saisi le reporter du Messager «juste pour comprendre la démarche». Le chef de Melimvi, le nommé Mbôôh Pierre, aujourd’hui âgé de près de 90 ans, et ses notables ont envoyé aux hautes autorités du Cameroun, dont le président la République, une correspondance dont Le Messager a reçu une copie. Si la correspondance traduit une doléance essentielle portant sur la mise en forme de la réglementation sur les redevances forestières à reverser au village Melimvi pour son développement, dans la vente de coupes qu’exploite la société Sim en sous-traitance sur le titre de la société Zénith,  elle fait aussi un appel à sollicitations des hautes autorités publiques du Cameroun pour une intervention immédiate «afin que la société Sim et les élites de Yoko qui sont derrière cette société», respectent les règles.

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La pauvreté est réelle à Melimvi

La vérité des faits est que, si le sous-préfet qui manifeste en ce moment quelques états d’âmes sur le reportage du Messager avait pris soin, en tant qu’autorité administrative qui a le devoir de soutenir le progrès et le développement de son unité de commandement, de faire une descente dans les villages Melimvi et Mbatoua où la société franco-italienne exploite les forêts environnantes en ventes de coupes, il se serait rendu compte de l’immensité du désastre et de la misère des populations riveraines. Au village Melimvi et ses hameaux environnants, il n’y a pas d’eau potable. Ne parlons pas d’électricité. Pas de dispensaire. Pas d’école. Le chef du village, Sa Majesté Mbôôh Pierre, un vieillard usé par la maladie, habite avec sa famille, une hutte dont le mur arrière s’est écroulé. Pour se rendre à Yoko, cet octogénaire hypertendu doit se laisser conduire par motocyclette faute de route. Les forestiers de la Sim entrent en forêts à partir du hameau appelé Mené, situé à 20 km sur la route de Yoko, et coupent de jours comme de nuits les essences précieuses sans jamais passer par le village Melimvi, ne serait-ce que pour présenter les civilités au chef de ce village.

A Mbatoua, le village voisin où la Sim et ses affidés vont bientôt commencer une autre exploitation forestière, le chef, le nommé Tonye Jean aujourd’hui âgé de plus de 70 ans vit avec son épouse dans une maison cuisine en terre battue. Ce vieillard appauvri qui donne l’impression de ne pas être en bonne santé a perdu plusieurs de ses jeunes sujets suite à des maladies telles que hernies étranglées, paludisme, typhoïde, ou encore d’autres maladies bénignes qui n’ont pas pu être soignées faute du moindre dispensaire. Pourtant on coupe le bois jours et nuits dans leurs forêts. Et le plus dramatique, pour ces deux villages est qu’il se dit de manière récurrente que, c’est le ministre René Sadi, actuel ministre de l’Administration territoriale et  de la décentralisation et élite de premier plan de l’arrondissement de Yoko qui est derrière la Société Sim dans cette exploitation forestière très  controversée de Melimvi et Mbatoua. Hilaire K. habitant de Melimvi est formel : «Le ministre Sadi est notre frère. Melimvi c’est son village comme il nous l’a fait dire par un de ses collaborateurs qui est venu dans ce village où il a promis de créer une palmeraie. Nous ne sommes pas contre que le ministre Sadi exploite les forêts de notre village à travers la Sim. Mais ce que nous demandons, c’est qu’il dise aux forestiers blancs de la Sim de développer notre village avec des routes et autres instruments de progrès social. Il ne s’agit pas seulement de donner quelques billets de banque au chef.»

C’est vrai qu’autour du ministre Sadi, on réfute fermement le fait que dans le reportage de notre envoyé spécial qu’il est fait état d’une collusion d’intérêts entre l’actuel Minatd et les exploitants forestiers de la Sim. Ce qui fait sourire Nassar Bouhadir, le directeur général de la société Cana-Bois qui, autrefois a exploité dans la même zone. « J’ai été chassé de cette zone alors que j’avais des titres. Dans cette mafia que vous avez décrite, M. Sadi René est l’un des acteurs. Je suis étonné qu’un fils de Yoko puisse laisser une société comme Sim couper du bois sans investissement pour les populations. Moi j’avais l’intention de restaurer les écoles, construire les chefferies et des centres de santé. La mafia de la Sim et de René Sadi me l’ont refusé». Dur, dur pour Melimvi et Mbatoua.

© Jean François CHANNON | Le Messager

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