Société

Petits jobs : la grogne de la jeunesse

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Des structures du secteur privé les sollicitent pour toutes sortes de jobs. Des formes d’exploitation déguisées, à vrai dire. Vers 7h, ils sont généralement au « rassemblement », chez l’employeur. Une meute de jeunes gens répondent ainsi à des offres d’emploi. On les appelle affectueusement des « commerciaux » ou des « temporaires ». Leur job ? Vendre des produits de beauté des entreprises bien installées, conquérir des clients pour telle ou telle prestation, vendre des produits divers pour des firmes qui ont pignon sur rue. Des sacs en bandoulière ou à dos, ils prennent les consignes le matin et remplissent les fiches de présence avant de se… « jeter à l’eau ».

le reporter de CT a fait des tours dans certaines grosses entreprises de Yaoundé. Une société de pari et un établissement d’assurance notamment, avec une question apparemment anodine au bout des lèvres : « Quelles sont les opportunités d’emploi offertes aux jeunes et les modalités d’exercice ? ».  La circonspection des uns et des autres était plus qu’éloquente. Le refus d’en dire un mot, sous des prétextes divers, ne l’était pas moins.

A la société de pari, bouche et motus cousus : « La direction chargée de donner des informations concernant l’entreprise se trouve à Douala, mais nous ne pourrions pas vous donner nos contacts là-bas parce que la communication est organisée dans notre structure», dit-on  à la direction des Ressources humaines.

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Par contre, le personnel temporaire chargé des ventes de cette société de pari n’a rien à cacher. Les opportunités existent, mais les plaintes et le découragement sont récurrents. « Nos honoraires sont calculés sur la base de nos ventes. L’entreprise nous concède 4% de chaque vente. Le prix de l’unité varie de 100 à 1000 F. Dans les 4%, il y a des retenues relatives à l’assurance, la sécurité sociale, les taxes diverses », confie une vendeuse, la mine préoccupée dans son kiosque. « Le montant journalier des ventes varie aussi selon l’emplacement et la période du mois. Mais généralement, on fait des recettes moyennes de 50 000 F par jour », affirme notre source.

Mais d’un mois à l’autre, le salaire n’est pas identique. Presque pas de motivation offerte aux vendeuses. Les primes qui existent sont modiques, renchérit un autre vendeur : Le Banko, à peine 10% de la mise par semaine. « On peut s’en sortir avec 1 200 ou 4 500 F », lance-t-il.

Au quotidien, les plaintes des conditions de travail. Certains affirment parcourir des kilomètres durant la journée, essuyer des invectives des plus déshonorantes pour un gain qui tourne autour de 10% de la police d’assurance. Presque minable. Jonas Hamadou, avoue que c’est juste un « perd-temps », un prétexte de fuir l’oisiveté mais parfois, « on se demande si l’oisiveté ne vaut pas mieux par rapport à cette forme d’esclavage dont nous sommes victimes », s’interroge le jeune homme. D’ailleurs, ces emplois sont si aléatoires que les abandons sont quotidiens. Mais la précarité aidant, il y a presque toujours de nouvelles recrues.

Jeanine FANKAM

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