Arts'Plastiques

Peinture: L’artiste Koko Komegne fête ses 50 ans de «galère»

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 «J’ai traversé 50 ans d’incompréhension, 50 ans de soumission, de galère, de misère, de désespérance pour atteindre cet évènement que vous vivez aujourd’hui. Ça me fait énormément plaisir. Je pense que c’est l’aboutissement d’une vie, d’un combat ».

Voila comment Gaston Komegne, alias Koko Komegne, artiste plasticien résume ses 50 années d’exercice dans l’univers artistique. Rien que pour avoir réussi à transcender toutes ces difficultés et adversités quotidiennes durant de si longues années, son parcours suscite beaucoup d’admiration.  « Ça m’inspire beaucoup de respect parce que ce n’est pas facile de durer autant dans un champ comme celui-là qui n’a rien à voir avec être avocat, être médecin, qui sont des professions plutôt convenues. Être artiste, c’est prendre un risque avec son existence.

Etre capable d’assumer, d’assurer pendant 50 ans ce quotidien là, c’est une véritable performance », a salué Lionel Manga, artiste, écrivain. Critique d’art, Théodore Kayesse renchérit : « 50 ans de peinture, c’est un demi-siècle. Et quand on a le temps de vivre ces moments là dans le domaine qui est le sien, c’est-à-dire les arts plastiques, c’est une joie extrême. Aujourd’hui, il a beaucoup amassé et il redonne ce qu’il a pu à la jeunesse. A la jeunesse de tenir le bâton et de continuer comme si c’était un relais », complimente le chroniqueur culturel.

L’expo..Photo: (c) Wiliam Tchango

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Le vernissage organisé le vendredi 18 mars 2015 à l’Espace Doual’art sur le thème « Sweet logik » pour célébrer cet anniversaire était l’occasion de découvrir une bonne partie des œuvres de cet artiste multidimensionnel.  Des dessins, des sculptures et des peintures d’une impressionnante beauté qui parlent à la fois de la vie, de la liberté, de la beauté. « J’ai été particulièrement séduit par les masques, qui rappellent le cubisme qui a fait la notoriété de l’art africain, au moment où les blancs voulaient nier absolument que l’art africain existe », apprécie Théo Kayesse qui présente par ailleurs « Koko » comme une valeur sûre de l’art africain. Pour Lionel Manga, il s’agissait « d’une soirée de poésie au sens le plus élevé du terme ». « Que voulez-vous de plus en termes de beauté ? » S’est exclamé l’artiste qui milite pour la valorisation de la « beauté » dans notre société.

Ce fut aussi l’occasion pour Koko Komegne, de prodiguer des conseils à la jeune génération d’artistes qui rêvent d’une carrière aussi aboutie que la sienne. « Il ne faut pas que les enfants soient trop pressés. Il faut labourer, bêcher, savoir se  remettre en question. Ne pas dire qu’on a réussi, chercher toujours à atteindre l’excellence. Ne pas faire l’art pour les réseaux, pour les groupes de pression,  pour les groupes financiers. Faire l’art, c’est être libre », conseille-t-il. Mais après 50 ans de peinture, que prévoie la suite de sa carrière ? « C’est Dieu seul qui décide, nous ne sommes rien », répond l’artiste. Né le 02 octobre 1950 à Batoufam, petit village à l’Ouest du Cameroun, Gaston Komegne commence à manier le pinceau dès l’âge de 16 ans. Lauréat de plusieurs concours d’art au Cameroun et à l’étranger, il s’investit aussi énormément dans la sensibilisation à l’art aux artistes et aux tenants du pouvoir.

Wiliam Tchango

 

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