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Paul Biya prescrit un plan d’urgence pour développer le Grand Nord

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Le chef de l’Etat Paul Biya veut couper l’herbe aux pieds de la secte islamiste. Le chef de l’Etat vient de prescrire au gouvernement de lui soumettre très rapidement un plan d’urgence pour développer les régions septentrionales du Cameroun. Des instructions dans ce sens ont été données au ministre de l’Economie, de la planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Emmanuel Djoumessi. Sur le terrain, l’on note déjà une agitation particulière qui se traduit par la multiplication des rencontres aussi bien dans la capitale que dans les régions septentrionales du pays.

Les discussions doivent se tenir au niveau des régions et des départements

Dans ce cadre, les forces vives du Diamaré installées dans la capitale se sont retrouvées le 20 juillet 2014 chez le ministre Yaouba Abdoulaye pour faire leurs diverses propositions. «Les discussions doivent se tenir au niveau des régions et des départements. Toutes les propositions doivent être synthétisées au plus tard le 08 août 2014», indique une source proche du dossier. Toutefois, beaucoup s’interrogent déjà sur la crédibilité d’un plan d’urgence élaboré dans la précipitation, tant le nord du Cameroun affiche les pires indicateurs de développement du pays. «Le Président a compris que les balles seules ne peuvent pas mettre un terme à l’activité de la secte Boko Haram. Il n’y a pas une seule guerre qui a mis fin à l’extrémisme. Seul l’argent vient à bout de ce cancer et pour gagner de l’argent, il y a des conditions minimales à remplir», explique un fonctionnaire originaire de la région du Nord.

Plan d’urgence:la secte Boko Haram  à l’origine de la décision présidentielle

Comme lui, nombre d’originaires de la partie septentrionale militent pour un travail rigoureux à même de mieux cerner les problèmes. Quitte pour cela à se donner plus de temps. D’autres invitent à une synthèse des idées dans la mesure où des organisations non gouvernementales et des groupes de réflexion planchent déjà depuis quelques mois sur les voies et moyens à même de répondre aux préoccupations minimales des populations. Il ne fait aucun doute que les agissements de la secte Boko Haram sont à l’origine de la décision présidentielle pour qui, désormais, il faut concilier développement et opérations militaires. «Il faut déjà commencer quelque part. Je me demande seulement où le gouvernement va commencer à escalader la pente, car tous les secteurs sont déstructurés », affirme Jean Robert Mbalta, opérateur économique à Maroua.

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le gouvernement a toujours privilégié des investissements porteurs de croissance dans le Sud du pays.

«Comme le fossé se creuse entre le nord et le sud (du Cameroun), il finira par arriver quelque chose, comme cela a été le cas dans le nord du Nigeria», affirme Nicolas Le Guen, coordinateur sur le terrain du service d’aide humanitaire de l’Union européenne (ECHO). Depuis des années, malgré la sonnette d’alarme sur la situation inquiétante du Grand Nord, le gouvernement a toujours privilégié des investissements porteurs de croissance dans le Sud du pays. Souleymane Kanon de l’Unicef, souligne que les hôpitaux et les écoles sont rares et en mauvais état dans le nord du Cameroun.

une jeunesse sous scolarisée et terriblement minée par le chômage.

D’après une étude de 2011, 18% des ménages du Nord souffrent de malnutrition contre une moyenne nationale inférieure à 10%, et seulement 30% des enfants sont vaccinés contre 52,1% sur l’ensemble du pays. «En termes d’objectifs du millénaire pour le développement, le nord (du Cameroun) est vraiment loin derrière», constate Souleymane Kanon. Aussi, beaucoup espèrent que le gouvernement agira dans l’immédiat pour redonner espoir à une jeunesse sous scolarisée et terriblement minée par le chômage.

Mais surtout qu’il investira pour le moyen terme en agissant sur deux leviers essentiels : la santé et l’éducation. «L’accès à des soins et à une éducation de qualité est directement proportionnel à l’accès au pouvoir», affirme Nicolas Le Guen.

© L’Oeil du Sahel : YVONNE SALAMATOU

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