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Paul Biya prend ses vacances et se retire à Genève

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Contrairement à certaines assertions relevant de la fantasmagorie, le Chef de l’Etat Paul Biya, même à distance, tient d’une main ferme le dispositif sécuritaire à l’Est et dans le Septentrion

Paul Biya a quitté la France après avoir, avec plusieurs autres dirigeants du monde, participé, le 15 août dernier, aux cérémonies de commémoration des 70 ans du débarquement des Alliés en Provence. Le chef de l’Etat a, selon nos sources, rallié Genève, en Suisse depuis lundi dernier à 14 heures pour un congé bien mérité. Alors que les membres de sa délégation revenaient au pays, le chef de l’Etat a conservé autour de lui son épouse Chantal, bien évidemment, un conseiller spécial, le directeur du cabinet civil ainsi que la garde rapprochée réduite au strict minimum.

Le président de la République devrait ainsi, pendant près de trois semaines, se soumettre à des examens médicaux de routine. Jusque-là, rien que très normal lorsqu’on sait la charge que constitue la conduite des affaires d’un Etat. Mais cette absence plus que justifiée a soulevé, auprès d’une certaine opinion et même de quelques confrères, une logorrhée de commentaires outrageants, à la limite ridicules.

Ainsi, «Paul Biya aurait quitté le Cameroun au moment où l’armée, dont il est le chef suprême, multiplie les assauts souvent victorieux à l’Extrême-Nord et au Nord contre la secte islamiste nigériane Boko Haram», avancent les uns. Le premier camerounais, prétendent les autres, «est hors de son pays en proie aux méfaits des rebelles centrafricains Séléka et autres anti-Balaka». Ces assertions relèvent soit de la mauvaise foi, ou alors d’une méconnaissance criarde des rouages de l’Etat.

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Le dispositif sécuritaire de Paul Biya renforcé

La preuve que Paul Biya a les pieds ailleurs et l’esprit — tout l’esprit —chez lui c’est que, depuis le 14 courant, il a procédé à une réorganisation géostratégique du dispositif sécuritaire dans ce septentrion si cher au cœur des vrais compatriotes. Cette réorganisation a ainsi vu l’éclatement de la région militaire interarmées n°3 (RMIA3) en deux entités, avec à la clé la création d’une RMIA4 ayant pour poste de commandement Maroua.

Dans la foulée, le chef suprême des armées a procédé à la nomination de responsables dans les nouvelles unités ainsi créées. Ceci est bien la démonstration que le pays est dirigé, que Paul Biya n’a pas besoin de prendre personnellement la tête d’un régiment pour défendre l’intégrité territoriale du Cameroun. Et que ceux qui profèrent des allusions perfides sur le sujet participent des manœuvres visant à distraire les citoyens sur les enjeux de l’heure, qui concernent particulièrement la bataille contre l’insécurité et l’émergence à l’horizon 2035.

Les ministres en vacances.

Tout organisme ayant besoin de repos, Paul Biya a aussi décidé de permettre à ses proches collaborateurs de souffler. C’est ainsi qu’un départ par vagues a été instauré et un service de suppléance mis sur pied à la tête des départements ministériels, visant à assurer la continuité du service public. Cela n’est pas une spécificité camerounaise, bien au contraire, le pays continue de fonctionner même lorsque des responsables de niveau élevé s’accordent un temps de repos légitime.

Autre révélation puisée à bonne source: l’envoi, à la fin du mois en cours, d’une mission économique au Canada conduite par le Premier ministre, Philemon Yang. Mis bout à bout, ces éléments permettent de conclure que non seulement le pouvoir exécutif est au travail, mais aussi que le remaniement ministériel tant attendu, dont on a perçu des frémissements voici quelques jours, devra encore attendre quelques semaines.

René Atangana

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