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Paul Biya met de l’ordre aux Sélections nationales de Football

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Le décret présidentiel du 26 septembre 2014  apporte des réponses aux sempiternels problèmes de  gestion administrative  et financière.

Quelles sont les différentes catégories des sélections nationales du football, en dehors de l’équipe senior ? La question peut sembler banale mais la réponse n’est pas toujours évidente. Mais depuis vendredi dernier, à la faveur d’un décret signé par le président de la République, et  portant organisation et fonctionnement des sélections nationales de football, les choses sont plus claires. Outre les sélections masculine (senior fanion) et féminine A (sénior), on y trouve les A’ (seniors locaux), les U-23 (olympique), les U-20 (juniors), les U-17 (cadets) et les U-15 (minimes), déclinées en messieurs et dames. Voilà qui constitue une première innovation par rapport au décret du 31 octobre 1972, portant organisation de l’équipe nationale de football, qui ne reconnaissait que l’équipe fanion et celle dite junior.

La gestion administrative

Mais en termes d’innovations à la faveur de ce texte, on peut surtout parler des rôles qui sont désormais clairement répartis avec la Fédération camerounaise de football au cœur du processus, sous la tutelle du ministère des Sports et de l’Education physique pour certains aspects.

La Fécafoot : le décret de 1972 disposait que l’équipe nationale « est administrée par une commission technique nationale ». Celle-ci était composée d’une direction technique (liée à la Fécafoot dans la pratique) et d’une direction administrative qui faisait, jusque-là, partie de l’organigramme du Minsep. Une situation qui a souvent été à l’origine d’incompréhensions sur le rôle de chacun au sein des sélections. Le texte de 2014 prévoit donc, en son article 3, alinéa 1, que « la gestion administrative, sportive et technique des sélections nationales de football relève de la compétence de la fédération camerounaise de football ci-après dénommée Fécafoot ». C’est donc le président de la fédération qui nomme et paye le coordonateur général, ainsi que ses deux adjoints. La direction administrative, selon un responsable de la Fécafoot, devrait rester en place, tout comme les différentes structures d’encadrement (logistique, communications, sécurité, etc.).

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Le Minsep : l’Etat, à travers le Minsep, va principalement s’occuper de la gestion financière, en collaboration avec la fédération. La tutelle versera désormais une subvention annuelle, qui servira notamment à payer les primes. Elle veillera également à l’utilisation de ces  ressources publiques allouées par le biais de contrôles. Sur un autre point, la sécurité dans et autour des sélections incombe au Minsep puisque l’article 6 précise que « nonobstant l’organisation de la sécurité par les instances internes de la Fécafoot, l’Etat met des agents et/ou personnels de sécurité à la disposition des sélections nationales de football engagées dans les compétitions internationales ».

Les primes

S’il y a un problème qui a souvent suscité remous et conflits au sein de la tanière, ce sont les primes. D’ailleurs, l’épisode au départ du Mondial brésilien est encore frais dans les esprits. Mais avec le décret signé,  il y a quelques jours, tout devrait être plus clair avec la Fécafoot qui arrête et paye les primes, en concertation avec la tutelle. Les joueurs et membres de l’encadrement sont ainsi fixés six mois avant une coupe du monde, trois mois avant la Can ou les JO, deux mois avant les autres compétitions, un mois avant un match officiel de qualification et 15 jours avant une rencontre amicale. Le décret du 11 octobre 1976, portant additif au texte de 1972, prévoyait lui que cet aspect soit géré par le ministre chargé des Sports. Petite précision : ces primes ne peuvent faire « l’objet d’aucune négociation ». Il faut noter que le droit aux retombées du sponsoring selon des modalités fixées par la Fécafoot est officiellement entériné à la faveur du décret.

Les conditions d’accès aux sélections

Si tout joueur peut être sélectionné en équipe nationale senior, le décret du 26 septembre 2014 pose des conditions pour certaines catégories. Ainsi, chez les juniors, l’équipe doit être constituée à 70% de joueurs locaux et 30% au maximum de joueurs évoluant à l’étranger. Chez les minimes et les cadets, les sélectionneurs veilleront à ne convoquer que des locaux. Si les joueurs étaient jusqu’ici tenus de subir une préparation militaire au moins une fois l’an, ce n’est plus désormais le cas. Dans les faits d’ailleurs, cet aspect était clairement ignoré depuis longtemps. Toutefois, les joueurs sont tenus de signer au préalable une déclaration sur l’honneur pour le respect des règlements.

Josiane R. MATIA

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