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Paul Biya fait face a une rebellion selon Mediapart

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Le très sérieux site d’informations Mediapart dont les révélations ont souvent secoué le landerneau politique français, comme l’affaire Cahuzac, des extraits des écoutes téléphoniques de Sarkozy et bien d’autres infos de première main affirme que derrière la filière locale de Boko Haram au Cameroun, se trame le renversement de Paul Biya, réélu pour un sixième mandat en octobre 2011.

A travers une dépêche du 26 août 2014, le site d’informations publie des informations collectées par Fanny Pigeaud, ex-correspondante au Cameroun, de l’Afp, du Quotidien français Libération et auteure de « Au Cameroun de Paul Biya», un essai politique. Celle qui est présentée dans les milieux de la presse comme fine connaisseuse de la sociologie, de la géographie et de la culture camerounaise pour un passé éprouvé comme reporter prend très au sérieux les récentes attaques de Boko Haram dans le Grand nord. Son sujet titré «Cameroun: Paul Biya, après plus de trente ans de règne, est confronté à une rébellion » revient sur les différents raids de la secte islamiste et ses implications sur les luttes du pouvoir à Yaoundé. L’article indique dès l’attaque que « les violences armées et attaques qui se développent dans le nord du pays sont systématiquement attribuées par le pouvoir camerounais aux islamistes de Boko Haram. Mais tout indique qu’il s’agit d’une rébellion. D’anciens ministres et ex-dignitaires du régime tenteraient d’en finir avec Paul Biya, plus de 81 ans [82 ans exactement, Ndlr] et trente-deux années de règne».

Médiapart qui révélait encore en juin, l’affaire bygmalion, signale avoir puisé certaines infos auprès de hauts dignitaires camerounais interrogés sur les modus operandis des prétendus Boko Haram qui procèdent aux enlèvements dans l’Extrême-nord du pays sans jamais les revendiquer. «Un campement d’ouvriers chinois a été violemment pris d’assaut à Waza. Les assaillants sont repartis avec 20 tonnes d’explosifs, 12 000 têtes allumeuses, enlevant par la même occasion dix ressortissants chinois, toujours détenus. Là encore, le déroulement de l’attaque a laissé dubitatifs : « Des centaines d’hommes en armes, avec des véhicules blindés », pense le Confidentiel français qui précise que : « Particularité de toutes ces opérations : Boko Haram n’en a revendiqué aucune ! Le gouvernement continue toutefois de l’accuser publiquement, sans jamais donner de détails. Mais en coulisses, le discours est tout autre. « En privé, les autorités parlent ouvertement de rébellion. Mais elles attendent que ladite rébellion annonce elle-même la couleur et son identité», explique une source de Mediapart, proche des services de sécurité.

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Marafa Hamidou Yaya

 

Puisés à d’autres sources proches des services secrets, Mediapart estime que la rébellion sous-traite à Boko Haram la garde des otages, l’entraînement des recrues et la fourniture en équipements. De plus qu’il y a des camps d’entraînement dans des villages nigérians proches de la frontière. Ce sont Palka, Jagoura et Bushra. « Le camp de Bushra compte un commando de trente-cinq Camerounais, ce sont eux qui gardent les dix Chinois enlevés à Waza», apprennent les sources du site français. Naturellement, Mediapart qui est très renseigné sur la connexion mafieuse entre la France et l’Afrique –les révélations sur le financement de la campagne de Sarkozy par Khadafi fait encore des vagues en ce moment- questionne le rôle de la France sur cette rébellion du Nord. L’ex-métropole est taxée, d’après le site, de cautionner la filière camerounaise de Boko Haram. Et pour ce, observe de près quelques leaders du septentrion camerounais. En cela Mediapart conclut sur le sujet que : «quant aux initiateurs et financiers de ce mouvement, ils seraient à chercher du côté des« politiciens originaires du nord» et membres du parti au pouvoir. Leur objectif serait de déstabiliser Biya, voire de le renverser. Sur le terrain, les «assaillants» ont d’ailleurs récemment déclaré à un officier camerounais qu’ils avaient les moyens de «marcher» sur Yaoundé. Plusieurs noms, dont ceux des ministres et d’ex-ministres, circulent. L’un d’entre eux, Marafa Hamidou Yaya, a été cité dès 2013 dans une discussion entre un haut responsable de la présidence camerounaise et un ambassadeur américain : selon un câble diplomatique américain daté du 15 janvier 2013».

Rodrigue N. TONGUE

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