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Otages libérés : Film et dessous de leur libération

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Scènes d’émotion à l’aéroport international de Maroua ce 11 octobre 2014. C’est l’aboutissement heureux d’une longue période de captivité pour les 10 entrepreneurs chinois et les 17 ex-otages de Kolofata dont l’épouse du vice-Premier ministre, Amadou Ali. Les expatriés, on s’en souvient, avaient été enlevés dans la nuit du 16 au 17 mai 2014 dans la zone de Waza. Quant au kidnapping du lamido-maire de kolofata et d’Agnès Ali et Cie, il a eu lieu le 28 juillet 2014 à Kolofata dans le Mayo Sava. Au cours de cette attaque sanglante d’une violence effroyable, 07 personnes ont perdu la vie.

Comment en est-on arrivé à cette autre libération ? Selon des sources éparses dignes d’une crédibilité certaine, c’est aux premières heures de samedi (autour de 1h) qu’une délégation camerounaise constituée notamment de négociateurs locaux et des forces de sécurité, s’est rendue à un point de rendez-vous situé vers la frontière avec le Nigeria. Effectivement présents au lieu de la rencontre, les ravisseurs de Boko Haram auraient consenti à «remettre» les 27 otages aux autorités, «en échange d’un certain nombre de conditions». Entre autres, une importante rançon versée, «les négociateurs et les autorités se sont engagés à remettre également en liberté des membres de Boko Haram détenus au Cameroun. Cette parole a été respectée», a confié une source qui requiert l’anonymat.  Et d’ajouter «cette négociation a bien failli échouer parce que les exigences de Boko Haram n’ont pas fait l’unanimité dans le sérail. Beaucoup les ont qualifiées d’exorbitantes et exagérées».

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Après quelques heures de voyage sur une route dégradée, la délégation camerounaise a passé une partie de la matinée au camp du 1er Bir à Maroua. «Ils ont fait escale dans le camp militaire du Bir à Salak. Chaque ex-otage a été soumis à des visites médicales sérieuses», apprendra le reporter du Messager. A l’aéroport international de Maroua située à un jet de pierre de là, un avion militaire spécial les attendait. Le Sgpr, Ferdinand Ngoh Ngoh, le gouverneur Midjiyawa Bakari et plusieurs autorités civiles et militaires étaient présents. Les «27», l’épouse d’Ali en l’occurrence, sont apparus visiblement amaigris et faibles. Ils vont tour à tour, après quelques accolades et civilités, embarquer (en compagnie du Sgpr) à bord de l’avion militaire. Il est environ 8h lorsque l’engin décolle en direction de Yaoundé. «Quoi que le chef de l’Etat ait eu à débourser pour la libération de ces otages, il y a de quoi se réjouir. Jusqu’à vendredi matin les gens se demandaient encore si le Sgpr (Ferdinand Ngoh Ngoh, Ndlr) et ses négociateurs allaient pouvoir satisfaire Boko Haram sans se faire flouer», se réjouit une élite de l’Extrême-Nord. En fait, arrivé à Maroua dans la journée du jeudi 9 octobre, le Sgpr a aussitôt mis en branle tout le dispositif de négociation des ex-otages. Le député Abba Malla dont le domicile avait été perquisitionné après une première médiation manquée, a de quoi se réjouir. Pour une certaine opinion à Yaoundé, les membres de Boko Haram récemment interpellés à Kousséri, seraient pour beaucoup dans cette libération…record.

© Salomon KANKILI | Le Messager

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