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Orientation universitaire : Cameroun ou sont tes biochimistes ?

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Voilà le programme de la filière Biochimie à l’université de Yaoundé I entre 2001 et 2006. En première année nous étions plus de 1.500 en 2001, fraîchement arrivés du lycée, (pour certains avec une bonne mention obtenue au baccalauréat). Qu’est-il advenu de tous ces étudiants à l’avenir prometteur?

1ère année 2ème année 3ème année
Biologie cellulaire Biochimie structurale

Enzymologie

Mathématiques et langues Microbiologie et génétique Métabolisme
Chimie Biochimie pratique et langues Biochimie, enzymologie pratique et langues
Physique Chimie Biochimie et métabolisme pratique
Géologie générale Biologie végétale Chimie biologie

Vous vous battez pour vos études mais il y a des professeurs qui font tout pour vous décourager d’avancer dans le domaine de la recherche, et ils vous disent clairement pendant les cours que vous n’aurez jamais votre licence (au moins on ne leur a pas fait cette joie). Voilà ! L’Afrique a besoin des chercheurs pour lutter contre toutes ces maladies ; ils sont où, tous ces Professeurs et Enseignants de Ngoa Ekellé, qui nous disaient qu’en 3ème année ils étaient moins de 100 alors que nous sommes plus de 500 ? (Donc 1.000 environ avaient déjà abandonnés entre temps). Ils ont tout fait pour nous fermer les portes mais eux ne servent strictement à rien!

3 de mes meilleures amies étaient en BC (biochimie) avec moi mais plus aucune de nous n’est dans ce domaine (Pourtant la bêtise n’était pas notre caractéristique principale …).Comment comprendre que nous attendons toujours de l’Occident la solution au paludisme (depuis 50.000 – si ce n’est pas la nuit des temps ça … wanda XXL), à Ebola (depuis 1976), au VIH (depuis 1981)? Peut-être vous y comprenez quelque chose, moi en tout cas j’y perds mon latin – latin que je n’ai jamais étudié soit dit en passant.

Le système universitaire africain laisse vraiment à désirer et l’Afrique dépendra toujours de l’Occident tant que de vraies mesures ne seront pas prises contre les effectifs pléthoriques, l’encadrement insuffisant, les programmes d’études inadaptés, le racket des étudiants par les profs (massah mon prof de maths 105 nous vendait ses fascicules et bien sûr ce n’était pas au choix), ces professeurs fossilisés dans nos facultés, ces NST (notes sexuellement transmissibles).

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Essayez de faire le rapport « nombres d’établissements secondaires/nombres d’universités publiques ». Pour le Nord, le Sud et l’Est (… tiens, 3 points cardinaux) la calculatrice donne « ERROR 2 » : normal, un nombre sur zéro n’existe pas. (l’Ouest sauve l’honneur). Si j’essaie pour le North West, on a 72/3 ; South West 74/3 ; Nord 13/0 – Euh…. (72, 74 et 13 bien sûr ne sont pas exhaustifs comme nombre et obviously le dénominateur tient compte des universités privées). A Douala on a au bas mot, 74 établissements secondaires pour 11 universités et instituts supérieurs, à Yaoundé 74 pour 13, à Bertoua 15 pour 0 macabo,  Il va de soi qu’avec de pareils chiffres le seuil de saturation des locaux supérieurs est vite dépassé. Pourquoi donc ne pas désengorger ces universités en en créant de nouvelles, pas seulement dans les chefs-lieux de provinces, mais aussi dans les autres villes, avec comme avantages collatéraux le développement/désenclavement des autres provinces, le flux de capitaux vers ces villes, et pourquoi pas la mixité tribale et … ciao ciao tribalisme au Mboa. Et comme dommages collatéraux … (on se sait !!!)

Avec de nouvelles universités et instituts supérieurs, nous aurons aussi besoin d’encore plus de professeurs et d’enseignants et ça résoudra en même temps le problème de ces enseignants fossiles qui font tout pour noyer les étudiants parce que ne voulant pas perdre leur place. Il conviendrait aussi de mettre sur place un programme universitaire qui ne nous gonfle pas le cerveau avec des trucs totally useless

(comment comprendre qu’à l’université on apprenne encore le grammar, et l’anglais au lycée ça servait à quoi ? c’était pour les chauves-souris ? J’aurai encore compris qu’on nous apprenne à dire tube à essai en anglais ou bain-marie mais vraiment pas le past-tense … Non mais …) !

Des universités biotechnologiques et technologiques de pointe seraient vraiment un plus ! On y apprendrait comment transformer nos matières premières, créant ainsi de la valeur ajoutée et tant mieux pour l’économie Camer ! Et ne venez pas me dire qu’il n’y a pas les moyens siouplait, ce qu’on n’a pas c’est la volonté et le patriotisme nécessaire. Et bien sûr, les filières BA et BC (biologie animale et biochimie), vraiment prises en charge, donneront de vrais chercheurs à l’Afrique, de vrais agrégés qui arrêteront de squatter les séminaires et colloques internationaux à la recherche de nkap et leurs neurones nous serviront à quelque chose, entre autre à éradiquer le palu, le VIH et Ebola (je wanda même hein … how qu’on met la majuscule sur le nom de ce tueur en série ?).

Pour le rackettage et les NST mes frères moi-même je suis dépassée deh ! Payons bien nos enseignants et le rackettage va diminuer. Pour les notes sexuellement transmissibles, aux waka (masculin et féminin) de voir avec leur conscience (ddl) ! À quoi sert la recherche en Afrique, je me demande, si nous devons continuer à être vulnérables à toutes ces saloperies de maladies.

Correspondance : Barbara Ayleena

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