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Opinion – Claude Abe, Politologue: «La démocratie camerounaise est en trompe l’œil»

Claude-Abe

Selon le Socio politiste camerounais, l’on assiste depuis plusieurs années à un recul des libertés publiques obtenues de haute lutte dans les années 1990.

Assiste-t-on à un retour à la dictature au Cameroun ? « En réalité, c’est tout comme si nous étions rentrés au parti unique. Depuis environ les années 1997, on a vu toutes les libertés publiques que les camerounais avaient travaillé pour obtenir, reculer une après une dans les faits au niveau des autorités administratives qui sont chargées de l’observation et de l’application de cela », observe Claude Abe, socio politiste. La  répression systématique des manifestations des partis de l’opposition et des organisations de la société civile conforte cet universitaire dans cette thèse. « Cela montre à suffisance que la démocratie camerounaise est en trompe l’œil. Puisque certains peuvent faire des appels de leur champion pour qu’il se représente, d’autres n’ont pas le droit de s’exprimer collectivement pour dire non à soit la modification de la constitution soit à la possibilité de briguer un nouveau mandat. Ça montre que nous sommes en face de ce qu’on pourrait appeler une démocratie par défaut ou une sorte d’alliage entre la dictature et un habillage démocratique…» Explique-t-il.

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Selon cet analyste politique, les pouvoirs publics camerounais, redoutent les soulèvements populaires comme ce qui s’est récemment passé au Burkina Faso, au Sénégal ou en Tunisie. C’est à ce titre, explique-t-il que « lorsqu’il y a une moindre mobilisation collective, très rapidement, il y a une sortie qui est des plus musclées ». « Les pouvoirs publics ont aujourd’hui muselé la société et veulent s’assurer que cette société là, reste dans cette attitude de docilité. Toute manifestation publique aujourd’hui est rapidement connotée à une insurrection. On déploie tous les moyens pour essayer de la réprimer de manière à ce qu’il n’y ait pas une diffusion du caractère symbolique que cela pourrait avoir vis-à-vis de l’ensemble de la société », note Claude Abe, interrogé par Radio Equinoxe. La dernière répression en date, c’est celle subie mardi par des responsables d’une coalition de partis de l’opposition qui donnaient une conférence de presse au siège du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) à Yaoundé. Au cours de cet assaut, les forces de l’ordre agissant sous les ordres du sous-préfet de Yaoundé IV ont interpelé une soixantaine de militants qui ont brièvement séjourné au siège régional des renseignements généraux de la Police du Centre avant d’être libérés.

Wiliam Tchango

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