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Opération épervier : Ces voleurs à col blanc en sursis

Plus la campagne d’assainissement de la gestion des Finances publiques fait des victimes parmi les prévaricateurs, plus ceux qui sont encore en divagation en font une source d’émulation. Amadou Vamoulké aurait-il été piégé avec sa nomination à la tête de la Crtv ? En tout cas, pour certains spéculateurs proches du pouvoir, cette nomination n’aurait été qu’un guet-apens pour sortir ce maillon de la nébuleuse ‘‘G 11’’ de sa cachette de la Sitabac, afin de l’expédier comme un mauvais colis dans un pénitencier.

Info ou intox, l’ancien homme fort de la tour d’aluminium de Mballa II, a vu le traquenard se refermer sur lui le 29 juillet dernier. Commence maintenant pour lui, un long chemin de pénitence, pouvant déboucher sur une lourde peine de prison qui le priverait d’une retraite dorée. Qui après lui, quand on sait que tous les arcanes du pouvoir sont infestés de pilleurs des caisses publiques ? Même si les prochaines victimes ne seraient pas encore formellement ciblées, l’aménagement des locaux destinés à accueillir les grandes personnalités à la prison centrale de Kondengui ne laisse plus de doute qu’après Amadou Vamoulké, le cercle des anciens hommes forts du régime de ce pénitencier accueillera bientôt de nouveaux bannis.

Mais, peut-on croire que depuis le début de l’Opération Epervier il y a une décennie, les arrestations successives ultra médiatisées des dignitaires du régime et assimilés jouent un rôle de dissuasion parmi ceux qui arrivent aux affaires ? Pas évident de le croire. Toujours est-il que nombreux sont ceux qui parmi nos compatriotes, courent après les nominations pour se remplir rapidement les poches, en attendant dans une étonnante sérénité, leur mise aux arrêts et leur incarcération dans des conditions qui ne sont pas à la hauteur de leurs crimes. Comme au Cameroun personne n’ose décliner une nomination à un poste de haute responsabilité, tout le monde s’engouffre dans la moindre brèche pour sortir de la misère et se livrer à la concussion en assurant un avenir radieux de leur progéniture, même si l’on n’ignore pas que les portes de la prison sont largement ouvertes.

Peine capitale

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Dans plusieurs pays à travers le monde, les détournements de deniers publics sont assimilables aux crimes contre l’humanité et punis de la peine capitale. Au début des années 80, Le Ghana a connu cette situation lorsque Jerry John Rawlings qui arrivait au pouvoir pour une deuxième fois par coup d’Etat, avait fait exécuter plus de 200 hauts responsables civils et militaires qui représentaient une véritable gangrène pour l’économie du pays. Les dénonciations des organisations de défense des droits de l’homme n’avaient pas réussi à détourner les initiateurs de cette purge de leur mission, qui consistait à mettre la corruption sous l’éteignoir, et doter le pays de vraies institutions démocratiques. Plus de trois décennies après, le Ghana est aujourd’hui considéré comme l’un des rares et vrais meilleurs élèves de la bonne gouvernance du continent.

Au Nigéria voisin, l’Etat a récupéré les avoirs bancaires et biens immobiliers de l’ancien dictateur, Sani Abatcha, et de certains hauts dignitaires de son régime, en prenant soins de ne pas priver leur progéniture du minimum vital. Pourquoi dans le cas du Cameroun, cette dernière option ne serait pas envisageable, tant il est connu de tous que ces hommes et femmes que l’on jette en prison, remboursent pour certains cas, des sommes de leur choix, gardent leurs biens mal acquis et continuent de narguer le régime à travers de monstrueux investissements, dont des prisonniers accusés de pillage des caisses publiques ne devraient pas se permettre ? Dans sa configuration actuelle, l’Opération Epervier est devenue la risée des gangsters qui dévalisent les caisses de l’Etat. La nécessité de lui arrimer d’autres mesures de répression pouvant susciter la peur chez ceux qui considèrent déjà la prison comme un exil doré qui finirait avec la fin du régime Biya, devient une urgence nationale, si au-delà de l’agitation, on veut vraiment trouver une thérapie au cancer qui ronge le Cameroun.

 

Sources : Le flux rss de camer.be

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