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Opération épervier: Olanguena Awono interné à l´hôpital central

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Pensionnaire de la prison de Kondengui depuis le 31 mars 2008, l’ancien ministre de la Santé publique a subi avec succès une opération chirurgicale jeudi 1er septembre.

Ce n’était donc qu’une fausse rumeur, cette nouvelle de la dégradation subite de la santé de Urbain Olanguena Awono. L’alerte « l’ancien Minsanté est entre la vie et mort » est plutôt à rebours de la réalité. Urbain Olanguena Awono est en effet hospitalisé à l’hôpital central de Yaoundé depuis lundi 29 août, où il a subi une opération chirurgicale avec succès le jeudi 1er septembre. Au moment où ces lignes sont écrites, il reste dans son lit de malade pour un suivi médical qui se résume en des pansements post-opératoires. Sa vie n’est pas en danger. « N’eut été les conditions sanitaires déplorables au sein de la prison, l’ancien Minsanté y serait retourné pour continuer ses pansements », dit une source, qui prend régulièrement des nouvelles à son chevet. C’est ce plateau technique quasi-inexistant dans la prison centrale de Yaoundé qui a conduit à une hospitalisation externe d’Olanguena Awono.

En effet, depuis près de quatre ans, l’ancien ministre de la Santé subit les incommodités physiques d’un kyste logé sous sa peau. Quelquefois, ses codétenus l’ont vu en béquilles, incapable de s’asseoir, preuve des moments de souffrance que cette anomalie lui fait vivre. Pour l’ancien ministre de la Santé, l’analyse de la situation l’a amené à comprendre que le traitement sommaire appliqué par l’infirmerie de la prison est dérisoire, ajouté à l’âge du malade, qui a fêté ses 61 ans le 15 juillet 2016. Mais un internement, qui s’imposait déjà, n’a pas été facilement obtenu des autorités pénitentiaires. Lundi 29 août, Olanguena Awono a été reçu par un chirurgien viscéraliste de l’hôpital central de Yaoundé. Il se remet peu à peu de l’intervention chirurgicale et devrait recevoir son bon de sortie dans quelques jours.

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Urbain Olanguena Awono est pensionnaire de Kondengui depuis le 31 mars 2008, où il purge une double peine de 15 et de 20 ans de prison à la suite d’interminables procès pour détournement de fonds publics. L’ancien ministre continue à clamer son innocence. Il l’a encore fait dans un ouvrage « Mensonges d’Etat : déserts de République au Cameroun » publié le 7 mars 2016 aux Editions du Schabel. Dans cet ouvrage, le prisonnier dit toute sa réprobation au sujet des conditions de son arrestation et de ses procès. Il y dissèque par ailleurs les dix accusations préalablement portées contre lui, pour un montant initial de 8,5 milliards, qui passera à 474 millions pour que le procès ne porte que sur 92 millions de FCFA. Une preuve, selon lui, de la légèreté des enquêtes et du vide de l´accusation. Auteur d’un précédent ouvrage sur le « mal du siècle », « Sida en terre d’Afrique ou l’audace des ruptures » (Editions Privat), l’ancien Minsanté rappelle qu’il avait été dédouané des chefs d’accusation qui lui sont reprochés par le bailleur de fonds lui-même, le Fonds mondial. Cet organisme international de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose avait déclaré dans un communiqué publié au début de l’affaire Olanguena n’avoir aucun reproche de gestion ou d’éthique à lui faire. Toutes choses qui convainquent le fils de Polo dans la Lekié qu’il est victime d’une manœuvre « mafieuse ». Olanguena Awono cite même ses bourreaux dans son ouvrage. Remy Ze Meka et Edgard Alain Mebe Ngo’o sont nommés comme les auteurs de la machination qui a créé le G11 et en a attribué la paternité à Atangana Mebara, Polycarpe Abah Abah et Olanguena Awono. « L’une des grandes inventions de ces petits machiavels des tropiques camerounaises », écrit-il dans son livre de 456 pages.

Parfait N. Siki

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