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Obsèques de la Belle-mère de Paul Biya: La Haute-Sanaga désenchantée

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Le département d’origine de la première dame camerounaise dans son ensemble, et la ville de Nanga-Eboko en particulier, se préparaient à accueillir la dépouille de la belle-mère de Paul Biya. Jusqu’à ce que la désillusion totale leur soit annoncée.

Le tronçon de la nationale N°2 qui part du carrefour Nkolossong, (encore appelé «Carrefour Cemac », situé à quelque 5 km à l’entrée Sud de la Ville d’Obala) à Nanga-Eboko n’est pas encore achevé. Il faut encore rouler sur une route en terre, boueuse en cette saison de pluie et poussiéreuse  en saison sèche, entre  Nkoteng et le chef-lieu du département de la Haute-Sanaga. Pendant toute la semaine dernière  et ce, depuis que la douloureuse nouvelle du décès de Madame Mboutchouang, née Ndongo Mengolo Rosette-Marie, belle-mère du président de la République du Cameroun a été rendue publique, ce tronçon routier a particulièrement été sollicité non seulement par les véhicules du cabinet civil, mais aussi de la sécurité nationale.

Il s’agissait entres autres des missions avancées pour faire des repérages. Ce qui a laissé croire aux populations de la Haute-Sanaga, pétries de douleur par la disparition de celle qu’on appelait affectueusement Maman Rosette, que celle-ci sera certainement enterrée dans sa terre d’origine. Du coup, les préparatifs pour accueillir la prestigieuse dépouille avec tout le lot d’invités nationaux et internationaux qui devaient faire le déplacement de Nanga-Eboko ont pris une accélération ostensible. Plusieurs missions du service de la logistique du cabinet civil de la présidence de la République ont effectué des déplacements à Nanga-Eboko. Le domicile de la défunte (ancien domicile de l’homme d’affaire libanais Kay-bey) situé au centre ville de Nanga-Eboko a immédiatement connu des travaux de réfection.

Les missionnaires du cabinet civil qui ont logiquement rencontré le préfet de la Haute-Sanaga avec qui, ils auraient eu plusieurs séances de travail, sont allés jusqu’à visiter le caveau familial situé non loin de l’hôpital de district de Nanga-Eboko, au quartier Longo. Question certainement de prospecter ainsi sur le lieu du probable enterrement de la désormais feue Rosette Mboutchouang.

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Les élites espéraient…

De leurs côtés, les élites du département de la Haute-Sanaga ont aussi déclenché des mobilisations. Leurs concertations ont commencé à Yaoundé sous la houlette nous a-t-on appris sur le terrain, entre autres des ministres Ferdinand Ngoh Ngoh et Ismaël Bidoung Mpkwatt. Jusqu’au week-end dernier, précisément samedi 11 octobre 2014, une grande réunion de toutes les élites de la Haute-Sanaga était annoncée pour se tenir à Nana-Eboko en matinée. Celle-ci devait faire le point des préparatifs des obsèques à Nanga-Eboko de la belle-mère du président. Une délégation conduite par le nommé Ndem Denis, élite bien connue dans la Haute Sanaga  a commencé à sillonner l’ensemble des unités administratives du département, pour recenser les chefs traditionnels susceptibles d’être invités à prendre part aux obsèques de la mère de Chantal Biya. Un chef traditionnel d’un village du pays Yezum rencontré à Mbandjock  le week-end dernier pavoise : « Ce sera un grand honneur pour la Haute-Sanaga en général que d’accueillir la dépouille de notre sœur qui a choisi de reposer ici dans sa terre natale. Nous serons tous là. Et disons déjà bienvenue à notre beau-fils, son Excellence Paul Biya, le président de la République du Cameroun. Nous renouvelons nos condoléances à notre fille Chantal Biya et lui disons que nous sommes avec elle en ce moment difficile».

C’est dans cette ambiance de passion et de solidarité vis-à-vis de la famille présidentielle endeuillée, que dès samedi 11 octobre 2014, Nanga-Eboko ou encore Mbandjock, en passant par Minta, Nsem ou Bibey, une rumeur sur le changement du lieu d’enterrement de madame Mboutchouang a circulé. Un peu comme une blague de mauvais goût. Pour la Haute-Sanaga qui espérait accueillir cette dépouille de la belle-mère, c’est la désillusion totale. Le deuil présidentiel que les forces vives de cette unité administrative espéraient gérer, aura lieu loin d’eux. Très loin d’eux.

© Jean François CHANNON | Le Messager

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