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Des policiers obligés de restituer l’argent a un commerçant

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Le gardien de la paix principal Ntouba Blaise et son collègue Hamadjoda Blama, tous deux en service au Groupement mobile d’intervention n° 10 de Maroua (GMI), sont actuellement poursuivis pour avoir volé et abusé un commerçant de bétail à un poste de police, le 1er décembre 2014.

De source policière, ce dernier qui venait de vendre ses boeufs au marché de Maroua, le 1er décembre 2014, rentrait chez lui à bord d’un car de transport en commun quand celui-ci a été stoppé au poste de police de Bankara. Les passagers sont soumis au contrôle de routine.

Ils l’avaient délesté ce commerçant de la somme de 2 millions Fcfa.

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Cependant, après avoir identifié le commerçant de bétail, les policiers remarquent une déformation suspecte au niveau d’une des poches de sa gandoura. Par ces temps d’insécurité, Ntouba Blaise lui intime l’ordre de vider ses poches. Pour toute réponse, le commerçant lui murmure un mot à l’oreille. A la surprise des autres passagers. En fait, le commerçant informe son interlocuteur de ce qu’il venait de vendre ses boeufs et possédait par devers lui la rondelette somme de 13 millions Fcfa qu’il ne pouvait se permettre de brandir en public. Le policier n’est pas satisfait de la réponse. Puisqu’il possède une si importante somme d’argent, il est suspect et doit faire l’objet d’une enquête. Le policier se montre encore plus menaçant quand le commerçant lui propose 500 Fcfa pour sortir de l’impasse dans lequel il se trouve désormais.

Pris de panique, le commerçant augmente la mise à 5.000 Fcfa. Personne ne veut plus l’écouter. Il passe à 10.000, puis 50.000 et enfin 100. 000 Fcfa. Finalement les deux parties tombent d’accord sur un bakchich de 200.000 Fcfa. L’affaire est pourtant loin d’être terminée, dans la mesure où les fonctionnaires de police soustraient 1.800.000 Fcfa à leur victime. Certes, le commerçant a vu le geste de Ntouba Blaise qui le détroussait de sa fortune, mais pris de peur, il a préféré se montrer réservé. Il est remonté dans le car où les autres passagers s’inquiétaient déjà sans savoir précisément le montant du préjudice subi par la «prise» du policier.

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le commissaire de police opte plutôt pour des menaces à l’endroit du commerçant, qui ne se laisse pas faire.

Arrivé à Gazawa, à l’abri des regards indiscrets, il recompte son argent et constate qu’en plus de la somme de 200.000 Fcfa remis par lui aux policiers, 1.800.000 Fcfa manquent à l’appel. Il se rend immédiatement chez le lamido de Gazawa, Bachirou Oumarou, pour se plaindre. Le chef traditionnel ne tarde pas à saisir le commandant du GMI, le commissaire de Police principal Mboula Anatole. Au lieu d’ouvrir une enquête sur les allégations du commerçant, le commissaire de police opte plutôt pour des menaces à l’endroit du commerçant, qui ne se laisse pas faire. Manque de bol, l’affaire parvient dans les oreilles du grand patron de la police régionale de l’Extrême-Nord qui lui donne un coup d’accélérateur.

A son initiative, toutes les parties sont convoquées auprès des policiers du contrôle de service le 6 décembre 2014. Au cours de leur interrogatoire, les policiers reconnaissent avoir effectivement encaissé la somme de 200.000 Fcfa, mais rejettent les accusations portant sur le vol de la somme de 1.800.000 Fcfa. Ils ne sont pas parvenus à convaincre les enquêteurs et ont été sommés de restituer tout l’argent dans un très bref délai, sans préjudice d’autres sanctions. Selon nos informations, au 18 décembre 2014, la somme de 1.200.000 Fcfa a déjà été collectée pour la restitution.

«Si les camarades ne respectent pas la déontologie professionnelle, c’est par ce que nos supérieurs exigent de ceux qui sont dans les postes de contrôle, de fortes sommes d’argent. Quand tu es de retour, tu dois rendre compte. C’est pourquoi même les usagers à vélo doivent déposer dans notre panier, une somme de 200 Fcfa. Faites un tour à Sécandé ou au contrôle de police de Bankara où nous avons recruté des jeunes gens pour nous collecter de l’argent auprès des usagers à vélo et à moto, et vous m’en direz un mot. Malgré les mises en garde du délégué régional, les chefs d’unité profitent du climat d’insécurité dans la région pour s’en mettre plein les poches», déclare un policier en poste au GMI de Maroua. Une situation que de nombreuses voix dénoncent de plus en plus dans la région de l’Extrême-Nord.

Et vous ? que pensez vous de la réaction de ce commerçant ?

Via L’oeil du Sahel

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