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Où sont passés les Chinois enlevés par Boko Haram?

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Voici maintenant 19 jours que l’on est sans nouvelles des 10 Chinois. Otages de Boko Haram, ils ont été enlevés dans la nuit du 16 au 17 mai 2014. Cette nuit-là, le site industriel des Asiatiques située à 20 km du Nigeria est la cible d’une centaine de djihadjistes lourdement armés. L’intervention du Bir n’aura pas permis de sauver les meubles.
Car les islamistes en supériorité numérique, vont mettre à contribution leur logistique. Au cours de ces évènements, un élément du Bir est abattu. Les islamistes vont également emporter des camions appartenant aux entrepreneurs chinois, des détonateurs et dix (10) pick-up. «Des recherches sont en cours pour retrouver les traces des terroristes de Boko Haram. Nous nous sommes attelés également à renforcer la sécurité autour du site», avait assuré à l’époque des faits un responsable du Bir. Il n’en est toujours rien.Sur place à Waza, les occupants du site attaqué ont levé l’ancre en signe de solidarité pour leurs compatriotes enlevés. Les travaux de bitumage de la route Waza-Dabanga (à l’arrêt) ne sont pas prêts de reprendre. Ce malgré une réunion de persuasion tenue le 23 mai par Augustine Awa Fonka, gouverneur de l’Extrême-Nord. «L’entreprise Sinhydro a décidé d’abandonner les travaux de bitumage de la route Waza-Dabanga. Ils décampent depuis le 26 mai 2014 à destination de la Chine. Ce qu’il faut savoir c’est qu’ils ont été rappelés par leur pays suite à l’attaque de leur camp et l’enlèvement de leur frères», confie sous cape une source.

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Silence, on négocie !

Comme à son habitude à chaque enlèvement, la présidence de la République applique la loi de l’omerta. On l’a vu avec les religieux de Tchéré dont la nouvelle de la libération a pris de court même le gouverneur de l’Extrême-Nord. Au-delà des enquêtes mixtes visant à retrouver la trace des otages chinois, des intermédiaires seraient à l’œuvre pour obtenir leur libération. Et selon des indiscrétions, ces négociations seraient sur la bonne voie. «Le nombre important des otages va sans doute amener le ravisseurs à lever les enchères. C’est sûrement ce qui fait coincer les négociations», avance une source locale. Cette dernière voit également d’un bon œil la mise sur pied du front nordiste anti-Boko Haram. En engageant récemment l’ensemble des chefs traditionnels de l’Extrême-Nord dans cette bataille contre les djihadistes, Cavaye Yeguie Djibril, le président de l’Assemblée nationale, a vu juste. Dire que l’implication effective du pouvoir traditionnel (et autres villageois) aux côtés des forces militaires, enregistre déjà quelques résultats dans le Mayo Sava. Le renseignement a brisé la glace de la peur.

 Salomon KANKILI | Le Messager

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