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Nouveaux horizons pour Camair-co

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Comme cadeau d’anniversaire, on ne peut sans doute pas rêver de mieux. Au lendemain d’une commémoration discrète de ses quatre ans d’âge, Camair-Co vient de recevoir, du gouvernement, deux avions flambant neufs de la marque chinoise, MA 60. La réception technique de ces aéronefs floqués aux couleurs et logo de la compagnie nationale de navigation aérienne a eu lieu le 1er avril dernier à Douala.

Ce précieux coup de pouce confère désormais plus d’envergure à la compagnie, lui ouvrant, par ricochet, de nouveaux horizons. Le nombre d’aéronefs en exploitation passera ainsi de trois à cinq. L’on sait en effet que depuis son lancement, le 28 mars 2011, « L’étoile du Cameroun » dispose de trois Boeing : un 767 et deux 737. Ces derniers étant exploités en leasing. Dans son système d’exploitation, Camair-Co était sans doute plus à l’aise, avec son ancien parc, pour les liaisons intercontinentales et régionales. Pour les vols intérieurs, il lui manquait un avion de petite taille. C’est ce gap que le MA 60, aéronef d’une cinquante de places, vient, avant tout, combler. Au plan économique, le MA 60 est apprécié pour sa robustesse et sa sobriété de dromadaire : il consomme 600 Kg de carburant par heure. Alors qu’en moyenne, les avions de cette taille ont besoin de 2,5 tonnes de combustible par heure.

De plus, les nouvelles acquisitions n’arrivent pas dans un ciel inconnu. On se rappelle, en effet, qu’un MA 60, don du gouvernement chinois au gouvernement camerounais, sillonne les airs et les aéroports de notre pays depuis 2011. Rétrocédé à l’armée de l’air, l’on a pu admirer ses prouesses depuis lors, notamment dans de grandes missions. A l’instar du rapatriement de certains de nos compatriotes au plus fort de la crise centrafricaine ou des liaisons entre le Sud et le Nord du pays, dans le cadre de la guerre contre Boko Haram. Il a même été mis à contribution pour le succès du récent sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac).

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Néanmoins, une polémique a enflammé l’opinion nationale, l’année dernière, certaines personnes, dont des députés, mettant en doute la fiabilité des MA 60. Cette assertion a été battue en brèche par des reportages en Chine de journalistes de Canal 2, Mutations, CRTV et Cammeroon Tribune. Ayant visité les grands ateliers d’aéronautique chinoise, recueilli des témoignages de pilotes africains, dont un Congolais totalisant plus de 4 000 heures de vol sur MA 60, ils ont pu établir que cet avion, grâce à son système de sécurité, a une longueur d’avance sur les aéronefs de sa génération.

Pour Camair-Co, en tous cas, se présente une opportunité singulière de voler plus haut. L’optimisme affiché en 2012, lors du premier anniversaire de la compagnie, s’est érodé au contact des réalités. Au-delà d’avoir relevé le défi d’exister dans un environnement très concurrentiel, certaines difficultés ont maintenu la compagnie dans des zones de turbulence : le taux de remplissage ne s’est guère amélioré. Il se situe aujourd’hui autour de 30%, selon certaines sources. De plus, le trafic aérien intérieur, monopole de notre compagnie, est en baisse, dans le contexte d’un accroissement à l’international. Sans nul doute, à cause de l’insécurité entretenue dans la partie septentrionale du pays par quelque secte satanique…

On comprend dès lors que les premiers bénéfices annoncés alors pour 2014 tardent à arriver et que l’année dernière, l’Etat eût déboursé trois milliards en subventions pour soutenir la compagnie.

Avec ses nouvelles ailes, Camair-Co pourra mieux caresser l’ambition, d’être leader, affichée sur son site Internet…

MONDA BAKOA

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