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Nouveau cri de détresse de Longue longue: «J’ai déjà été agressé trois fois…»

Dans une lettre adressée à l’attention de Sismondi Barlev Bidjocka, journaliste de Radio Siantou, le « libérateur » dénonce les conditions précaires de sa détention au centre pénitencier de Liancourt.

La lettre de Longuè Longuè à Sismondi Barlev Bidjocka

Mr. Longkana Agno Simon                                                                                                                                                  Liancourt, 19 décembre 2013

N° 9269 A113 CP Liancourt
1 Avenue Robert Badinter
60140 Liancourt

A l’Attention de Sismondi Barlev Bidjocka
Journaliste à Radio Siantou
Yaoundé-Cameroun

Objet: Détenu en insécurité

Monsieur Bidjocka,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance, certains de mes soucis. Depuis mon arrivée au centre pénitencier de Liancourt, un détenu joue au «caïd» en prison. Il m’a reconnu en tant que star de la musique camerounaise et a commencé à me raquetter. Il m’obligeait à lui faire des cantines et d’envoyer des mandats à son amie à l’extérieur.

Quand j’ai mis fin à cela, il s’est acharné contre moi. Il m’a promis le temps qu’il sera à Liancourt, que je purgerais ma peine dans de mauvaises conditions. Et depuis ce temps, j’ai déjà été agressé trois fois par une trentaine de détenus. A chaque fois, ils viennent par dizaines, je vous précise bien qu’ils m’ont passé à tabac, je saignais de partout, j’ai encore des fractures à ce jour. Le centre a été obligé de m’évacuer à l’hôpital où j’ai été mis sous traitement.

Par ailleurs, ces détenus habitent non loin de la prison, ils font entrer des objets illicites comme des couteaux, des lames, téléphone portable et drogue. J’ai été obligé d’arrêter d’aller aux sports collectifs donc au stade et au gymnase, de peur de me faire poignarder ou découper. Car là-bas, il n’y a pas de cameras. Ce qui m’empêche de purger ma peine dans de bonnes conditions. Je suis obligé de prendre des médicaments pour dormir mais cela est insuffisant car à chaque rencontre avec ces détenus, j’ai droit à des injures et des menaces, telles que : «je vais te mettre des coups de couteaux» ; «je vais te tirer dessus» ; «je vais envoyer les Caïds braquer ta famille».

Avant qu’il m’arrive quelque chose d’aussi grave, je purge ma peine dans la peur oppressée et je suis à deux pas du suicide. Je vous prie Monsieur le Journaliste, de solliciter le bureau de transfert au ministère de la justice, afin que je sois dans un centre de rétention avant mon transfert qui est imminent pour le Cameroun. En outre, je vous informe que j’ai remboursé au fonds de garantie 29600€, je ne leur dois plus aucun centime. J’ai remboursé au centre pénitencier plus de 8500€, sachant que j’ai été condamné à payer 38 000€, vous pouvez donc faire le total. Je vous prie aussi de transmettre cette demande à Monsieur le Ministre de la Justice Camerounaise son Excellence Laurent Esso, ainsi qu’au Ministre des affaires étrangères son Excellence Moukoko Bondjo, pour qu’ils établissent la demande officielle de mon transfert au Cameroun car ce sont les seuls documents que l’avocat a demandés.

Depuis le 03 Décembre 2011, j’ai engagé directement cette demande de transfert, je ne comprends pas pourquoi cela traîne toujours et pourtant, des accords allant dans ce sens existent et ont été signés; On se souvient encore des acteurs de l’Arche de Zoé au Tchad, comment l’ancien Chef de l’Etat français Sarkozy, est allé les chercher «Quoiqu’ils ont fait, je les ramènerai». Je prie la première Dame, Chantal Biya de prendre ce problème comme le sien, elle qui est la Maman de la Nation, elle qui n’est jamais restée indifférente face aux souffrances de ses enfants.

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J’ai toujours apporté mon modeste soutien à la première dame, à travers mes chansons qui parlent de ses œuvres de bienfaisance, qui ne font pas de discrimination à l’endroit de toutes les personnes qui ont besoin d’aide. Les ennemis de ses actions sociales me combattent, m’insultent parce que j’ai chanté pour elle, ses détracteurs sont devenus mes détracteurs. Si je me retrouve aujourd’hui en prison, ce n’est pas pour avoir commis un crime; Je n’ai pas tué quelqu’un, c’est juste mon bon sens et ma bonne foi et je me suis rendu au procès pour le prouver.

Je remercie une fois de plus tous les camerounais qui continuent de me soutenir dans la prière, j’en ai besoin tous les jours, compte tenu de mes conditions de vie ici qui se détériorent chaque jour. Je garde espoir que mon transfert au Cameroun sera fait dans les brefs délais, afin de m’éviter le pire ici.

En vous remerciant d’avance de l’attention que vous voudriez bien porter et accorder à mes écrits, et en espérant une réponse positive des autorités du Cameroun, Veuillez agréer Monsieur le Journaliste, l’expression de mes salutations les plus distinguées.

Longkana Agno Simon (Longuè Longuè)

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