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Nos frères aussi se débrouillent à Mbeng…

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Les Camerounaises se débrouillent. Le système « D », çà les connaît. La dernière des dernières au Cameroun sait quitter le quartier miteux qui l’a vue ramer comme une dingue pour se sortir d’une opaque destinée de galère courue d’avance. Un beau jour, le Blanc arrive. Malgré les hordes de concurrentes qui sont là, tout en atouts et en atours, et qui n’ont nullement l’intention de se laisser clouer au poteau par une débutante.

Non, dans ce milieu-là, personne ne sort le soir de sa maison pour aller rigoler. La chasse au Blanc, c’est plus dur que la chasse à la courre : c’est carrément la chasse à la cour ! Très souvent, la femme prend l’initiative de la drague. Le Blanc, comme un pastis dans l’eau, se laisse faire volontiers. Son égo de gibier rarissime s’en trouve du coup surdimensionné. Tel un coq monté sur ses ergots, il savoure intensément cet instant de gloire, comme on boit du petit lait : « draguez-moi, draguez-moi, montrez-moi ce que vous savez faire, les filles ! Draguez-moi, draguez-moi, j’ai toujours laissé me laisser faire ! » La suprématie du règne de l’oiseau dans la basse cour.

Et quand les poules et les poulettes se trouvent entre cocottes, que pensez – vous qu’elles font, nos petites négresses ? On se fonce sans ménagement dans les pattes, parole ! Résultat, certaines y laissent parfois des plumes ! Mais, c’est le résultat final qui compte… Voyager. Ça devient l’objectif majeur. Foutre le camp à Paris, aux States, et pourquoi pas, en Suisse ! Loin, très loin, au pays des Blancs. Aucune formation scolaire ou professionnelle?

On s’en fout ! Le plus vieux métier du monde se fiche de l’université et des diplômes ! La formation, les formes s’en sont chargé toutes seules. Eh oui ! Même ici, au royaume de l’anorexie, l’anatomie des filles Black constitue un argument de poids très prisé. Un argument considérable, vu qu’il sidère tous ces Blancs… Un argument qui fait recette. Certaines filles ont ainsi bâti châteaux, édifié villas, ramené voitures dernier cri, avec en prime, un compte en banque avec des chiffres longs comme çà, à vous donner le tournis.

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Quand le Blanc aime, il ne compte pas…

Quand elles débarquent au pays, ce sont donc des stars, des Vip. Car on croit que si on croît là-bas, ici, on a d’office droit au respect. Bref, c’est la diaspora ! Un vieux mot, mais que nos frères et soeurs semblent découvrir seulement maintenant. Comme si appartenir à la diaspora concède le droit d’être moins minable dans la tête, ou de se sentir soudain mieux loti dans sa peau de chagrin… Bref, il faut partir ! Mais il n’en va pas toujours de même pour les frères qui, une fois à Paris ou ailleurs, devaient se contenter de devenir éboueurs ou laveurs de cadavres dans des morgues sordides, quand ces boulots n’étaient pas encore convoités, comme c’est le cas aujourd’hui, par les Blancs.

La vie est devenue dure, très dure même. Qu’on ait fait des études ou appris un métier, on risque de se soumettre aux règles dangereuses et compliquées de la prostitution masculine pour assurer sa survie. Ou alors, il faut assurer. Que faire ? On épouse ! N’importe qui ! Exactement comme les soeurs font avec le Blanc! Elle est vieille ? Tant pis, malchance, mais mieux que rien ! Jeune ? Tant mieux, pourvu qu’elle ne devienne pas collante et baveuse à la longue… Maigre ou grosse, qu’importe? L’important, c’est la survie ! On n’est pas parti du pays jusqu’ici pour rigoler.

Sans Papiers = Sans Espoir ! Se marier. Si les filles le font, pas les hommes ? L’argent, c’est du papier. Et les papiers ici, c’est de l’argent. On peut travailler. Se naturaliser. Envoyer des sous au pays. Etre enfin reconnu comme membre de la diaspora ! Qui va encore ouvrir la bouche ? On peut même se prendre un 02ème bureau tranquille au pays, sans que personne n’y trouve à redire, comme le font parfois certaines filles … C’est le système « D » ! Aucun doute, les frères ont compris qu’ils peuvent eux aussi se débrouiller à Mbeng…

© Le Jour : Pauline Poinsier-Manyinga

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