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N’est pas Biya qui veut, mais qui peut

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L’autre jour à Etoudi, devant un François Hollande ébahi et des journalistes ébaubis, Paul Biya-président de la république du Cameroun a fait cette déclaration, qui depuis, fait le tour des chaumières, bars et gargotes : « Ne dure pas au pouvoir qui veut, mais qui peut ». Cette rodomontade puérile est désormais détournée de toutes les manières possibles par les Camerounais. Certains pour en rire, d’autres pour en pleurer, d’autres encore pour le faire tout simplement, parce que c’est facile, de le faire.

Le « qui veut mais qui peut », est en fait une facilité langagière bien Camerounaise, que l’on entendra au marché chez les Bayamselam, chez les garnements qui jouent au foot dans la rue ; c’est une formule usitée par les petits caïds pour imposer leur loi, celle du plus fort, et en mettre plein la vue. La platitude de cette formule lui permet donc d’être utilisée à toutes les sauces : « Ne boit pas telle bière qui veut mais qui peut », « ne porte pas telle robe qui veut mais qui peut » « Ne met pas les mèches brésiliennes qui veut mais qui peut »…

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On peut ainsi cloner à l’infini la « trouvaille » présidentielle de vendredi dernier. Avouons que l’ancien potache du Lycée Louis Legrand nous avait habitués à plus de soin dans ses choix lexicaux, depuis le temps… Seulement, l’Histoire des républiques équatoriales est cruelle, elle qui est emplie « d’hommes forts » qui la veille encore étaient imbus de leur force, et qui le lendemain constataient que tout s’était écroulé. Nous ne convoquerons point ici la fin de quelques autres, pour n’effrayer personne…

Pour le reste, nous n’allons pas nous priver de nous livrer, nous aussi à cette facilité : n’est pas Paul Biya qui veut, mais qui peut.

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