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Ne touche pas à ma nationalité

Boko-Haram-Police-Cameroun-Commissaire-Paul Biya

Des individus en possession des cartes nationales d’identité falsifiées sont très souvent interpellées par les éléments de maintien de l’ordre et de la sécurité. Dans la guerre contre les terroristes de la secte islamiste Boko Haram, un vaste réseau de fabrication de fausses Cni a été démantelé.

Le pot aux-roses a été découvert à Mora, dans l’Extrême-nord du pays. Selon des informations relayées par nos confrères du journal L’œil du Sahel, un certain Alamine Chachimi a été interpellé le 12 août 2015, alors qu’il s’apprêtait à faire délivrer à un certain Modou Valna, refugié nigérian installé à Mora, une attestation de perte de la carte nationale d’identité. Lors de la perquisition de son domicile au quartier Mora Massif, les enquêteurs ont découvert une impressionnante quantité de photocopies de cartes nationales d’identité. Pis. A lui seul, il est détenteur de trois Cni. Les faussaires peuvent compter sur la complicité de certains éléments des forces de l’ordre véreux.

Toujours à l’Extrême nord un policier avait été interpellé pour avoir délivré près de 2600 Cni aux membres du groupe salafiste contre qui l’armée camerounaise se bat sur le front de guerre. Les joutes électorales sont aussi le moment pour les élites en vue de constituer du bétail électoral font établir des milliers de Cni aux nationaux et étrangers. La sécurisation de la Cni est confrontée selon certains observateurs à l’ingéniosité des faussaires à travers la création des applications inédites exportées vers d’autres coins du pays. Aujourd’hui. Autant de clichés qui attestent du problème de la sécurisation qui entoure la fabrication de la Cni au Cameroun. Une pièce ô combien importante, en cette période de guerre. Avocat au Barreau du Cameroun, Me Laurent Mbonjé analyse le problème.

B.B (Stg)

Laurent Bondje:« Il faut sécuriser l’acte de naissance »

Qu’est-ce que la nationalité ?

La nationalité comme son nom l’indique vient de nation. C’est la qualité de tous ceux qui se trouvent dans cet espace qui est construit, qui forme une nation. Où il y a un territoire, un gouvernement et toute une population. Et cette nation a, comme on l’indiquait une population des individus, qui estiment donc être des propriétaires de ce territoire. Et à partir de cet instant ces individus par leur identification doivent être de cette nationalité. C’est la patrie de chacun. On a la nationalité française, tchadienne, congolaise, camerounaise… C’est ce droit d’appartenir à ce pays qui vous confère la nationalité. Qui a un certain nombre de conditions qu’il faut remplir pour estimer faire partie de cet ensemble. Notamment être né des parents, être né sur le sol de ce pays. Et parfois par naturalisation, on peut devenir Camerounais. Il y a des conditionnalités en fonction de chaque pays. Le notre par exemple n’admet pas la double nationalité. Si vous êtes Camerounais, vous acquérez une autre nationalité vous perdez d’office la nationalité camerounaise.

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On se rend compte que l’Etat fait toujours recours aux pays étrangers pour la sécurisation de la Cni. Est-ce à dire que le Cameroun ne dispose pas des ressources capables de le faire ?

Si l’on s’en tient aux arguments qui sont évoqués, sur le plan technique, ce sont des opérations de hautes technologies qui demandent une expertise bien assise et qui sollicitent des équipements de haut niveau. Toutefois, c’est à déplorer. Chaque pays doit avoir un certain nombre de choses faites par les nationaux, parce qu’il y a des secrets qui doivent être sauvegardés. Quand on implique des étrangers, bien qu’ils soient sous le sceau du secret. La tendance à l’avenir est que les nationaux s’approprient ces technologies. Mais ce ne sera certainement pas pour demain. Cela demande beaucoup d’expertise et beaucoup de moyens. Nous avons peut-être des ressources, mais est-ce que nous avons les moyens et la capacité technique. Ce qu’on peut déplorer est que ces étrangers qui arrivent chez nous, doivent pouvoir procéder à un transfert de technologies. C’est-à-dire les étrangers s’installent et on prépare les nationaux.

Que faut-il pour sécuriser la Cni et protéger la nationalité camerounaise ?

Vous êtes sans ignorer que le pays est gangrené par la corruption et tous les travers que nous connaissons. C’est vraiment difficile. Mais je pense que nous devons commencer par sécuriser l’acte de naissance. Tant qu’il y aura des faux actes de naissance, tant qu’on se fera établir l’acte de naissance n’importe où et chez n’importe qui et n’importe comment… on arrivera toujours à de fausses cartes nationales d’identités. Bon ! restons optimiste, le gouvernement nous a promis un nouvel opérateur qui va nous produire des cartes d’identité infalsifiables. Mais il faut indiquer que ce sont toujours des hommes qui sont au cœur de ce système. Et qui peuvent eux-mêmes trouver des moyens de contournement. Je pense qu’il faut sensibiliser l’ensemble des Camerounais de s’approprier cet instrument qui est le leur. Vous vous souvenez qu’il y a plein d’étrangers qui possèdent la carte nationale d’identité camerounaise. Imaginons un seul instant qu’un étranger brigue la présidence de la République parce qu’il prétend être camerounais. Est-ce qu’on a le même sentiment, est-ce que nos cœurs battent au même rythme. En sus, il y a un certain nombre de concours et examens qui sont réservés aux Camerounais. Et si tout le monde possède la Cni, ils pourront concourir et on va retrouver des étrangers dans ces fonctions.

Entretien avec Blanchard BIHEL

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